mercredi 14 août 2013

7 La BEAC, le Taux Directeur et le Paradoxe de la Surliquidité

Par Paristocrate:
Pour essayer de faciliter l’accès aux crédits, la BEAC a décidé de  baisser son taux directeur de 50bps. Seulement, la question qui taraude les opérateurs économiques, est celle de savoir si cette décision aura une incidence sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.

Pour ma part, cette décision n’aura pratiquement aucun n’effet sur la quantité de crédits. Mais avant toute chose, il convient de faire la distinction entre taux directeur et taux interbancaire.  Ensuite, il est important d’établir la relation entre les deux.

Le taux directeur de la BEAC, c’est le taux d’intérêt auquel les banques qualifiées peuvent emprunter directement auprès de la BEAC. Par contre, le taux interbancaire c’est le taux auquel une banque peut emprunter directement d’une autre banque.

En général, le taux directeur de la BEAC est supérieur au taux interbancaire de la CEMAC. De ce fait, une banque empruntera directement de la BEAC que quand elle n’aura pas été capable d’obtenir un prêt auprès d’une autre banque ou alors, quand le taux interbancaire devient supérieur au taux directeur de la BEAC.

En bref, le taux directeur de la BEAC représente en général la valeur plafond que devraient prendre les taux sur le marché interbancaire, Il est  la limite supérieure de l’intervalle dans lequel peuvent varier les taux sur ce marché.

Une banque va sur le marché interbancaire pour deux principales raisons : Soit parce que ses réserves obligatoires à la BEAC sont en dessous du niveau requis, soit parce qu’elle manque de liquidité immédiate pour faire face aux exigences de retraits ou pour financer des projets qu’elle estime bancables.

Maintenant et c’est ici que je voudrais attirer l’attention : dans la CEMAC, les banques sont en surliquidité permanente. En d’autres termes, les banques non seulement remplissent les conditions de réserves minimums exigées par la BEAC, mais en plus, les disponibilités à vue de moins d’un mois dont elles disposent, permettent de couvrir largement les exigibilités à vue de moins d’un mois (Ratio de liquidité = 100%).

Les banques ayant donc plus fonds disponibles qu’elles n’en ont besoin, la nécessité de refinancement, que ce soit sur le marché interbancaire aussi bien qu’auprès de la BEAC, n’est que marginale.

Il en découle qu’en baissant son taux directeur, la BEAC n’a rien fait d’autre que d’augmenter la surliquidité potentielle des banques. Cependant, les difficultés qu’ont les banques de la CEMAC à financer l’économie n’émanent pas d’un manque de liquidités, mais plutôt d’un manque de projets « bancables ».

Concrètement, pour les clients actuels des banques, l’impact de la baisse du taux directeur n’augmentera pas nécessairement leur capacité d’emprunt, mais elle leur permettra peut-être d’obtenir de meilleurs taux d’intérêts. Mais pour les clients et projets que les banques estiment respectivement trop risqués et non bancables, ce sera le statu quo.

En conclusion, la baisse de son taux directeur par la BEAC aura un impact sur le coût du crédit, mais elle n’aura pratiquement pas d’effet sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.

P.
Lire la suite

StumbleUpon

jeudi 13 septembre 2012

0 Le Mirage du Fonds de Cohésion et du Fonds de Convergence

Dans le processus de création de l’euro, l’une des principales critiques de ce projet fut celle selon laquelle, les économies de nations européennes étaient structurellement différentes et à des niveaux différents du cycle de développement. Mais plus encore, ces pays n’avaient pas le même cycle économique. N’ayant pas le même cycle économique, il serait difficile, voire inefficace d’avoir une politique monétaire commune.

Pour le dire simplement : S’il y’a une récession économique dans les pays périphériques-disons la Grèce- et une expansion dans les pays de base-disons l’Allemagne- quels champs d’actions devraient prendre la Banque Centrale Européenne ? Selon les accords de Maastricht, aucun, en dehors de ceux visant à maintenir la stabilité des prix.

En d’autres termes, si les grecques périssent par l’évaporation de la demande, pendant que les allemands prospèrent grâce à une recrudescence de la demande, la BCE devrait maintenir le statu quo tant que la stabilité des prix n’est pas en danger- confère Trichet interview.

Cependant, pour répondre aux critiques, les euro-européens ont dit qu’ils d’harmoniseraient leurs économies à posteriori. Pour créer cette harmonie, deux fonds d’investissements ont été mis en place: Un Fonds de Cohésion économique et un Fonds de Convergence économique. Ces fonds avaient pour but de combler le gap entre les niveaux développement des pays membres et de permettre aux pays les plus pauvres de se rattraper.

Concrètement, les investissements du fonds de cohésions avaient pour cible, des projets qui permettraient de booster le PIB/Habitant des pays pauvres et de l’amener au niveau de celui des pays les plus riches ; les investissements du fonds de convergence eux, avaient pour cible, des projets visant à maintenir l’inflation dans les pays pauvres, au même niveau que l’inflation dans les pays riches- en boostant le revenu.

Au risque de commettre un sophisme de composition, les figures ci-dessous semblent suggérer que le Fonds de Cohésion et le Fonds de Convergence, n’ont pas eu l’effet escompté : Les taux d’intérêts- en d’autre terme l’inflation- en Grèce, évoluent vers direction opposée aux taux d’intérêts en Allemagne ; l’écart entre le PIB/Habitant en Allemagne et le PIB/Habitant en Grèce, elle restée contant depuis l’adhésion de ce dernier a l’euro.


PIB/Habitant: Allemagne vs Grèce



Obligations Grecques- 2ans
Obligations Allemande- 2ans Obligations Grecques- 10ansObligations Allemande- 10ans Ces figures sont-elles le témoignage de l’échec des Fonds de Cohésion et Fonds de Convergence? Non. Mais, elles sont la preuve qu’ils ont échouée à atteindre leurs objectifs en ce qui concerne la Grèce et l’Allemagne.

Ce constat suscite une question : Quels sont les conditions nécessaires, pour créer une zone monétaire optimale, après l’adoption d’une monnaie commune par des pays ne constituant pas une zone monétaire optimale ?

13/09/11 05:20
Lire la suite

StumbleUpon

mardi 11 septembre 2012

1 L’euro: Un projet sans science

Paristocrate:

Dans un entretien accordé à la chaine de télévision abc, Milton Friedman déclarait ceci à propos de l’Euro : « Je pense que c’est un gros pari et je ne suis pas optimiste. Malheureusement, le marché commun n’a pas les caractéristiques nécessaires pour une zone monétaire commune ». Pour lui, l’Union Europe n’avait pas les outils nécessaires pour s’ajuster aux chocs asymétriques.

Pourquoi est-ce selon la science économique, l’euro dans sa structure actuelle n’a pas de viabilité ?

Economiquement, lorsque des pays se joignent ou décident de former une union monétaire, c’est parce qu’ils souhaitent réduire les coûts du commerce avec leurs partenaires de l’union, et faciliter et accroitre les échanges commerciaux. Le but ultime étant de maximiser les marges bénéficiaires, d’accroitre les exportations, de bénéficier de la spécialisation et de promouvoir la croissance économique. Pour y arriver, ils abandonnent chacun leur monnaie nationale et embrassent une monnaie commune : la monnaie de l’union.

Cependant, pour qu’une union monétaire soit stable et pérenne, elle doit être capable de s’ajuster aux chocs systémiques et surtout aux chocs asymétriques. Et selon les travaux de Mundell (1960), pour qu’une union puisse s’ajuster aux chocs asymétriques, les pays membres doivent constituer une Zone Monétaire Optimale (ZMO).

A ce niveau, il ressort que pour mettre en place une monnaie commune stable et pérenne, deux conditions sine qua non doivent être remplis : La monnaie unique doit permettre de booster les échanges commerciaux (1) et il doit exister dans cette union monétaire des mécanismes pour s’ajuster aux chocs systémiques et asymétriques (2). Lorsque ces conditions sont remplies, on parlera de zone monétaire optimale pour les pays concernés.

Sur la base de ces conditions, pour montrer que l’euro n’a pas de justification selon la science économique, il faudrait montrer: (1) Que depuis son avènement, les échanges commerciaux entre les différents pays membres n’ont pas considérablement augmentés ;(2) Qu’il n’existe pas de mécanismes pour s’ajuster aux chocs.

1. L’effet de Rose
Si un pays se joint à une union monétaire et toute chose étant égale par ailleurs, de combien est-ce que ses échanges commerciaux avec les partenaires de l’union augmenteraient, si on les comparait à ceux d’un pays similaire qui n’est pas membre de l’union ?

La réponse à cette question constitue ce que l’on appelle « l’effet de rose ».

Quelques temps avant la mise en vigueur de l’euro, l’économiste Andrew K Rose a publié en 2000 un article très influent intitulé : Une monnaie, un marché : Estimation des effets d’une monnaie commune sur le commerce. Dans cette article, il conclu que lorsqu’un pays se joint a une union monétaire, ses échanges commerciaux deviennent au moins trois fois autant que ceux d’un pays comparable n’étant pas membre de l’union. En d’autres termes, selon Andy Rose, adhérer à une union monétaire augmenterait les échanges commerciaux d’au moins 200%.

Dans le sillage de cette article, depuis le 1er Janvier 2002 date de sa mise en circulation sous sa forme fiduciaire, l’euro qui est une expérimentation in vivo de la création d’une union monétaire, a permis de tester les conclusions d’Andy Rose et d’éprouver la solidité de son effet de rose.

Avec en tête de proue des chercheurs comme Richard Baldwin, un armée de chercheurs se sont engagés dans ce qui est communément appelé la « réduction de l’effet de Rose ». Les plus cités de ces travaux sont ceux des économistes comme Mico, Stein et Ordonez (2003), Flam et Nordstrom (2003, 2006, 2007), Bun and Klaaseen (2007), de Nardis, De Santis and Vicarelli (2007) et enfin Baldwin et Taglioni (2007).

Le consensus qui émerge de ces études est celui selon lequel l’adoption de l’euro a permis de booster les échanges entre les pays de la zone euro. Mais au lieu d’un effet de rose de 200%, ces études confirment plutôt une réduction de l’effet de rose de 10% à environ 5%.

Il est cependant important de noter que lorsqu’on parle de 5%, il s’agit de l’effet de rose pour l’ensemble de la zone euro et non pour chaque pays de cette union monétaire. En d’autres termes, l’effet de rose pour certains pays pourrait se situer en deçà de 5% voir être négatif, pendant que d’autre pays pourrait avoir un effet de rose largement supérieur à 5%.

Sur la base de ce consensus, la question devient la suivante : Pour 5% d’augmentation du volume des échanges commerciaux, l’euro vaut-il son coût ? Au regard de ce qui se passe en ce moment, la réponse est non : L’euro ne vaut pas coût.

2. Divergences et Mécanisme d’Ajustement aux chocs asymétriques
Pour qu’une union monétaire soit pérenne, elle doit pouvoir s’ajuster aux chocs asymétriques. Et pour qu’une union puisse s’ajuster aux chocs asymétriques, elle doit disposer des outils et posséder les caractéristiques d’une zone monétaire optimale.

Prenons un exemple pour mieux comprendre : Supposons que tous les pays de la zone euro sont confrontés à une baisse de leurs exportations par le reste du monde. Puisque la baisse des exportations en générale et affecte l’ensemble des pays de l’union, elle est considérée comme un choc systémique.

En attendant la relance de la demande, les entreprises confrontées à une baisse d’exportations vont mettre leurs projets d’investissement en veilleuse. La mise en attente des projets d’investissement entrainera une diminution de la demande des capitaux financiers, et une diminution de la demande des capitaux financiers entrainera un abaissement des taux d’intérêts. L’abaissement des taux d’intérêts dans la zone euro va conduire les investisseurs à vendre leurs euros pour se diriger vers des monnaies offrant de meilleurs taux d’intérêts. La vente massive des euros par les investisseurs suscitera une situation où l’offre sera supérieure à la demande d’euro ; l’offre étant supérieur à la demande, l’euro sera dévalué et la dévaluation rendra de nouveau les exportations de la zone attractive. L’attractivité nouvelle des exportations de la zone euro relancera la demande et permettra à l’union de retourner vers la croissance.

Maintenant, supposons ceci : au lieu que toute la zone euro soit affectée de la même façon, elle est plutôt affectée différemment et par groupe de pays. Par exemple, supposons que les pays de base (Allemagne, France et Belgique) sont en pleine croissance d’exportations, pendant que les pays périphériques (Portugal, Espagne, Italie, Grèce) sont confrontés à une baisse de leurs exportations.

Puisque la baisse des exportations n’est pas générale et qu’elle affecte seulement certains pays pendant que d’autres sont en pleine croissance, la zone euro est considérée comme étant sous l’effet d’un choc asymétrique.

Que se passera-t-il sous l’effet d’un choc asymétrique comme celui de notre exemple ?

Dans les pays périphériques, la chute des exportations va entrainer la baisse des taux d’intérêts selon le scenario décrit plus haut. Et dans les pays de base, la croissance des exportations va entrainer une augmentation des taux d’intérêts selon un scenario inverse à celui décrit plus haut.

Considérons que la zone euro était un seul pays appelé Euro et que les pays qui la composent étaient des provinces. On serait donc en face d’une situation où, dans le même pays, les taux d’intérêts sont élevés au nord, et ils sont bas dans le sud. Que se passerait-il dans un tel contexte ? Il se passera que les investisseurs du nord irait emprunter au sud pour investir dans le nord. En d’autres termes, il y’aura un flow de capital du sud vers le nord.

Pour revenir à la réalité, supposons que le nord c’est l’Allemagne et le sud c’est la Grèce.

La fuite des capitaux de la Grèce vers l’Allemagne va susciter une réduction de la masse monétaire. Or, la Grèce déjà en difficulté suite à un ralentissement des exportations, va voir sa demande interne s’écrouler à cause de la réduction de la masse monétaire. Si la baisse des exportations avait créé une récession en Grèce, la baisse de la demande interne pourrait la conduire vers une dépression économique.

Dans ces conditions, que doit faire la banque centrale européenne? Difficile à dire, car quelle que soit l’action qu’elle prendra, elle devra soi favoriser l’Allemagne et pénaliser la Grèce, soit favoriser la Grèce et pénaliser l’Allemagne. La BCE se retrouvera dans une situation ou sauver un signifie sacrifier l’autre.

Que faut-il pour qu’une union monétaire puisse s’ajuster aux chocs asymétriques ?
08/09/11 23:38
Lire la suite

StumbleUpon

dimanche 9 septembre 2012

L’euro, son histoire, son mal

Par Paristocrate:

Depuis l’explosion de la crise en Grèce, la zone euro et l’Euro sa monnaie unique sont pris dans un vortex qui pour beaucoup, pourrait entrainer la fin de l’euro. Pour certains, le problème de l’Euro c’est la dette et l’inflation des Etats membres ; pour d’autres, le problème de l’euro c’est l’euro et son histoire.

J’appartiens au camp de ceux qui pensent que le problème de l’euro c’est l’euro et son histoire. Pour argumenter ma position, j’aimerai procéder de la manière suivante :
(1) Montrer qu’historiquement, l’UE et L’euro ne sont pas des projets économiques, mais des projets politiques ;
(2) démontrer que selon la science économique, l’euro n’as pas de justification théorique ;

Ensuite, je reviendrais sur cas de la Grèce:
(3) En montrant que l’adhésion de la Grèce à l’euro a été motivée non pas par le désir d’améliorer les échanges commerciaux, mais par le désir de profiter des avantages financiers qui en découlent.
(4) En mettant en évidence comment l’adhésion à l’euro est la cause de la crise qui tourmente la Grèce aujourd’hui

Enfin, j’essayerai de répondre à quelques questions de l’heure :
(5) Que se passera-t-il si la Grèce est en défaut ?
(6) Pourquoi l’Union Européenne n’arrive pas à sortir la Grèce de ce vortex ?
(7) Que se passerait-il si la Grèce décidait de quitter l’euro ?
(8) Quel futur pour l’euro et quelles implications pour le franc CFA et le Cameroun ?

Pour comprendre la situation actuelle, il serait judicieux de remonter vers l’origine afin de saisir les motivations, les intentions et les ambitions qui sous-tendent l’idée et l’importance d’avoir une monnaie unique pour les pays de l’Union Européenne.

I- L’Union Européenne et l’euro on toujours été des projets politiques et non économiques
Le Traité de Paris (1951)Le 9 Mai 1950, Robert Schuman le ministre des affaires étrangères de la France tient un discours au cours duquel il suggère la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Selon lui, en fusionnant leurs marchés et en devenant des « alliés objectifs», les pays de l’Europe se mettaient dans des conditions où la guerre serait non seulement impensable, mais aussi, matériellement difficile.

C’est ainsi que le 18 avril 1951, la République Fédérale d'Allemagne (RFA), la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signent pour une durée de 50 ans le traité de Paris. Ensuite, en 1957 lors du traité de Rome, la Haute Autorité et l’Assemblée qui sont les institutions dirigeantes de la CECA à cette époque, allaient se muer respectivement en ce qui est aujourd’hui la Commission Européenne et le Parlement Européen. Au courant de la même année, la Communauté Economique Européenne (CEE) que deviendra plus tard l’Union Européenne est créée.

Historiquement et comme le montre la déclaration de Robert Schuman, l’ambition première derrière ce qui est aujourd’hui l’Union Européen est : la création d’une communauté d’alliés(1) et l’intention est de maintenir des relations de paix et d’interdépendances entre les différents Etats membres(2).

Fondamentalement, l’Union Européenne n’est pas un projet économique dans son essence, mais un projet politique.

Du SERPENT Monétaire Européen au SYSTEME Monétaire Européen(SME).En 1971, le projet d’une Union Européenne qui initialement avait était conçu pour des raisons politiques, était au cœur de la tourmente pour des raisons économiques.

Cette année-là, l’Amérique mais fin aux accords de Bretton Woods en renonçant de manière unilatérale à la convertibilité du dollar par rapport l’or et en adoptant un système de change flottant. En vu de satisfaire la demande de dollars, la Fédéral Reserve va augmenter sa base monétaire et par conséquent entrainer une dépréciation du dollar ; les devises des pays exportateurs comme l’Allemagne vont connaitre une appréciation ; l’appréciation des monnaies de ces pays exportateurs va endommager leur compétitivité. Tous ces changements, vont entrainer dans la fouler, des fluctuations extrêmes et imprévisibles des taux de change entre les différents pays de la Communauté Européenne.

Or, pour réaliser un marché commun, les taux de change entre les monnaies des différents Etats membres doivent être fixent- Ceci est une condition sine qua non pour l’établissement d’un marché commun.

Afin de retrouver la stabilité et de sauvegarder la viabilité du marché commun, les pays de la Communauté Européenne, vont signer le 10 Avril 1972 l’accord de Bale, accord qui donnera naissance au Serpent Monétaire Européen. Le but du Serpent Monétaire Européen, était de s’assurer que la l’intervalle de fluctuation entre les différentes monnaies, ne dépasse pas plus ou moins 2,25%. Cette intervalle était communément appelé le « tunnel ».

Pour comprendre l’idée du tunnel, il faudrait remonter aux accords monétaires signés à Washington le 18 décembre 1971 : après la fin du système de change basé sur une parité fixe entre le dollar et l’or, toutes les monnaies s’évaluaient désormais par rapport au dollar. Pour maintenir la stabilité du système monétaire international, les accords de Washington établissent la fixation d’une parité par rapport au dollar, en fixant la marge de variation d’une monnaie par rapport au dollar a plus ou moins 2.25%.

Or, si toutes les monnaies peuvent varier de 2,25% par rapport au dollar, alors l’écart entre deux monnaies des pays prenant part à ces accords devrait avoir un plafond maximal de 4.5%.

Le Serpent Monétaire Européen avait donc pour rôle de s’assurer que le taux de change entre deux pays de la Communauté Européenne ne sorte pas du tunnel de 4.5%.

Seulement, le dollar ayant connu une forte dépréciation après la fin de son arrimage à l’or et le prix du baril de pétrole étant fixé en dollar, les pays exportateurs de pétrole étaient confrontés à une baisse abrupte de leurs revenus pétroliers. C’est ainsi que lorsque l’Amérique décide d’apporter son soutient à l’Israël pendant la guerre du Yom Kippour, les pays arabes décident de riposter en faisant d’une pierre deux coups : d’une part ils apportent leur soutien à l’Egypte et à la Syrie, et d’autre part, ils décident de réduire leur production de pétrole et déclarent l’embargo pétrolier contre tous les pays qui soutiennent Israël : Le résultat fut la flambée des prix du pétrole et l’infléchissement de la politique étrangère américaine dans le Moyen Orient.

(Kathylien)
La flambée des prix causée par premier choc pétrolier va entrainer des fluctuations monétaires extrêmes. Dans ces conditions, il devient impossible voir néfaste pour les pays ayant pris part aux accords de Washington, de continuer de rester dans le tunnel de 4.5%.

Dévastée par l’inflation, de nombreux pays de l’union et particulièrement la France, se rapprocher de l’Allemagne pour requérir son aide pour l’établissement d’une coopération monétaire. Le but de cette coopération monétaire serait de stabiliser leurs monnaies et faire face à la dominance du dollar américain.

En 1978, les négociations entre Helmut Schmidt le chancelier allemand et Valery Giscard d’Estain le président de la république française, aboutissent la signature d’un accord de coopération monétaire. Cet accord donne naissance au Système Monétaire Européen qui va remplacer le Serpent Monétaire Européen.

La différence fondamentale entre le Serpent Monétaire Européen et le Système Monétaire Européen est l’établissement d’une monnaie intermédiaire autre que le dollar américain. L’ECU qui n’est pas une monnaie réelle, va remplacer le dollar comme monnaie de référence pour ajuster les fluctuations des taux de change entre les pays de l’union. Il est constitué d’un panier de monnaie des pays de l’union et sa valeur est ajustée quotidiennement et pondéré au prorata des échanges entre les pays de la communauté Européenne.

Du Système Monétaire Européen à l’EuroDès son entrée en vigueur en 1979, le Système Monétaire Européen doit faire face au deuxième choc pétrolier. La révolution Iranienne et la guerre Iran-Irak vont propulser les prix du baril de pétrole vers des sommets. Cette situation va causer le retour à grand galop de l’inflation.

(Kathylien)
Le non alignement de l’inflation et les déficits budgétaires excessifs des pays de la Communauté Européenne, vont prendre d’assaut la pertinence de l’ECU. Pour répondre a cette nouvelle crise, les pays de l’union vont signer le 7 février 1992 le traité de Maastricht. Ce traité débouche sur la création de l’Euro et adopte les résolutions suivantes :
- le rapport entre déficit public et produit intérieur brut doit être inférieur à 3 %;
- le rapport entre dette publique et produit intérieur brut doit être inférieur à 60 %;
- le taux d'inflation ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % celui des 3 pays ayant la plus faible inflation ;
- le taux d'intérêt à long terme ne doit pas dépasser de plus de 2 % celui des 3 pays les plus stables en matière de prix ;

Voila de manière sommaire, comment la Communauté Economique du Charbon et l’Acier (CECA) devient l’union Européenne, et voila aussi de manière sommaire, comment le Serpent Monétaire Européen devient l’Euro.

Historiquement, on constate Ceci :
(1) La principale raison de la mise en place de l’Union Européenne était de créer des « objectifs alliés » entre les anciens belligérants -principalement la France et l’Allemagne- et non pas de booster les échanges commerciaux.
(2) Tous les différents systèmes monétaires mis en place par l’Union Européenne avec pour objectif premier de répondre à une crise internationale et non pas de booster les échanges commerciaux entre les différents pays de l’union.
(3) L’Euro la monnaie unique n’émane pas de la convergence économique des différents pays membres de la zone euro, mais du désir de faire converger les différents pays de la zone euro.

La création de l’euro ne s’est pas faite dans le silence et l’harmonie : outre atlantiques, les économiques et théoriciens de la monnaie unique se sont fait entendre. Le consensus qui émergeait de leur critique était celui selon lequel l’Euro n’échapperait pas à sa première crise.

Qu'est-ce que justifiait ce pessimisme?

08/09/11 22:16
Lire la suite

StumbleUpon

mercredi 23 novembre 2011

0 Cette Fois C’Est Différent

Par Paristocrate:

« Cette fois c’est différent » c’est le titre du livre publié par l’économiste Kenneth Rogoff professeur à l’université de Harvard et Carmen Reinhart de l’université de Maryland ; « Cette fois c’est différent » c’est encore les quatre mots les plus redoutés en finance et économie ; cette fois, c’est différent c’est aussi le constat que je fais de la situation actuelle de la zone franc.

En 1980 lorsque la crise économique s’abattait sur le Cameroun, le gouvernement camerounais par la voix de son président, pointait du doigt la chute du cours des commodités comme cause. En 1994 lorsque le franc CFA fut dévalué, le sentiment dans la zone franc était qu’il s’agissait d’un complot français pour piller les richesses des anciennes colonies.

Mais aujourd’hui on le sait, la dévaluation du franc CFA avait pour cause principale une échappe de l’inflation (cf:figure ci-dessous). Celle-ci avait atteint une moyenne de 35% dans la CEMAC et la CEDEAO, et dans certains pays elle se situait au-delà de 40%.
(cliquez sur l'image pour un meilleur apercu).

Ce qu’on remarque, c’est qu’en 1994, bien que l’inflation avait franchit la barre des 35%, la demande pour les matières premières était restée élevée ; les accords de réciprocité de l’OMC n’étaient pas encore en vigueur et les produits agricoles d’Afrique avait la priorité en Europe ; l’Afrique embrassait à peine le concept de mondialisation et la demande pour les produits locaux était forte. Dans l’ensemble, cette conjoncture avait permis aux Etats de la zone franc de maintenir des balances commerciales équilibrées malgré une hyperinflation.

Seulement, cette fois c’est différent : la production des matières premières est en constant déclin, la vétusté des équipements et l’archaïsme des méthodes de production ne permettent pas de faire face à la compétition ; la mise en place des accords de réciprocité par l’OMC et l’ouverture progressive des marchés Européens aux agriculteurs d’Amérique, affectent sérieusement la capacité d’exportation des pays de la zone franc ; les exigences du pacte de stabilité de la commission européenne et le fait que la France soit sur procédure de budget excessif, limite la marge de manœuvre de celle-ci par rapport au franc CFA.


Cette fois c’est différent, parce que la crise de 2009 et la montée des groupes qui s’opposent aux aides accordées aux gouvernements africains-Dambissa Moyo et Bill Easterly)- ont pour conséquence la réduction des dons et fonds d’aides reçus par les Etats concernés ; cette fois c’est différent parce que le déficit commerciale des Etats aussi bien de la CEMAC que de la CEDEAO, n’a cessé de croitre depuis 2005 (cf:figure ci-dess0us). Les crises précédentes avaient pour cause principale l’inflation, mais si rien n’est fait, la crise à venir et une possible dévaluation seront suscitée par les déficits publics et commerciaux des Etats.


Mises a jours: Les données de 2010 à 2014 sont des estimations du FMI, estimations faites avant le début de la crise grecque.


*Republié-2009

Lire la suite

StumbleUpon

0 Dévaluation du Franc CFA un Scénario Possible

Par Paristocrate:
L’Equateur et le Cameroun ont tous deux été colonisés, l’un par l’Espagne l’autre par la France, l’Allemagne et l’Angleterre. Les deux pays sont extrêmement dépendent de leurs exportations de pétrole, de bananes et de café ; l’équateur est dollarisé et le Cameroun à sa monnaie arrimée à l’Euro. C’est sur cet ensemble de similitudes que je voudrais m’appuyer pour interpréter les récents événements en Grèce et l’instabilité de l’Euro.


En Janvier 2009 l'Equateur a annoncé une série stricte de restrictions à l'importation sur 630 lignes tarifaires, touchant 8,7 pour cent de son «univers tarifaire» et 23 pour cent du volume des importations. Les droits ont été augmentés sur 369 lignes tarifaires et des restrictions imposées sur 271 autres pour une période d'un an. Ces restrictions couvrent des produits allant des aliments transformés, des chaussures aux voitures, téléphones mobiles et des lunettes de soleil, ainsi que de nombreux autres produits pouvant être fabriqués en Equateur.[Lire en intégralité ici]

De telles mesures avaient été prises pour faire à son déficit commercial que la crise avait propulsé à des sommets. En effet, 45% des exportations de l’équateur sont destinées vers l’Amérique ; au pic de la récession de 2009, la consommation Américaine à son plus bas, l’équateur a du faire face à une chute drastique de ses exportations. Au courant de la même période, le pétrole, une de ses sources de revenus les plus importantes, est passé de 145 dollars le baril à 35 dollars le baril.

Sur la base de ce scenario, prenant en compte que le Cameroun et les pays zone CEMAC exportent environ 65% de leur production vers l’Europe et que l’essentiel des réserves de change à la BEAC proviennent des ventes de pétrole des Etats membres.

Si la crise en Grèce ou dans les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) est mal contenue, l’Euro va entrer dans un vortex qui pourrait bien être son dernier. Ce tourbillon d’instabilité entrainera une forte dépréciation de l’Euro par rapport aux autres devises. Or, une dépréciation de l’Euro signifie de facto une dépréciation du FCFA.

La crise en Europe provoquerait une baisse drastique des prix du pétrole et de la demande pour les produits de la CEMAC. Et, Notre panier d’importations étant majoritairement constitué de produits dont la demande est quasi-inélastique, il diminuerait de très peu.

L’ensemble de ces événements, combiné à une dépréciation du franc CFA entrainerait une vidange rapide des réserves de change, culminant avec un déficit commercial dont la dimension dépendra de la sévérité de la crise en Europe. Dans ces conditions, la France se retrouverait avec plus de francs CFA que le marché n’en demande et la BEAC à cours de réserves serait incapable de les racheter. Face à cette situation, la parité Euro-FCFA serait insoutenable.

Trois avenues s’offriront aux Etats de la CEMAC : suspendre les importations sur certains produits comme l’a fait l’équateur, passer à régime de change variable et laisser le marché décider de la parité, ou alors, dévaluer le franc CFA pour refléter le nouvel équilibre du marché.

Les importations des pays de la CEMAC, étant pour l’essentiel constituées de produits dont la demande est quasi-inélastique, c’est-à dire de produits dont il serait difficile de s’en passer, une suspension des importations, aurait l’effet contraire à celui escompté : les entreprises n’auront pas les inputs nécessaires pour assurer la production, les consommateurs n’auront pas sur le marché les produits qui leurs sont vitaux : le résultat sera probablement une baise de la production, une augmentation du taux de chômage et une crise économique certaine.

Si par contre la CEMAC optait pour un taux de change flottant, alors les risques des Etats particulièrement le risque souverain, entrerait dans l’appréciation du taux de change par les marchés. N’ayant plus la garantie de la France, le franc CFA pourrait dégringoler pour atteindre des niveaux dangereux bas, ou on pourrait voir la valeur des biens économiques des nations de la CEMAC s’évaporer très vite.

Dans ces conditions, la dévaluation du franc CFA par les autorités françaises serait la solution la plus plausible. La chute des prix dans la zone CEMAC susciterait une augmentation de la demande pour les produits de cette zone et par ricochet une augmentation de la demande des francs CFA. Cette situation permettrait à la France de se libérer du Surplus de CFA dont elle dispose, et à la BEAC d’obtenir les devises nécessaires pour maintenir la parité Euro-CFA.

La crise dans les PIIGS et en Europe, l’instabilité de l’Euro et les prix du baril de pétrole, sont les piliers sur lesquels repose la parité Europe-CFA et ils pourraient bien s’effondrer.


Republié-2010

Lire la suite

StumbleUpon

vendredi 28 octobre 2011

0 Crise: Christophe pète les plombs

Par Paristocrate:
Les nerfs commencent à craquer en France. Pourquoi sauver les banques avec l’argent des citoyens, quand ces banques en retour, ne font rien pour aider la France et ces citoyens?

Christophe en a ras-le-bol et il pète un câble au micro avec Jean Jacques Bourdin.

Lire la suite

StumbleUpon

jeudi 27 octobre 2011

0 Danger pour la Notation Financière du Cameroun

Selon l'agence de notation financière Fitch Ratings, certains gouvernements africains de la zone franc, comme le Cameroun, le Bénin et le Gabon, pourraient voir leur note dégradée. Dans un communiqué, l'agence indique que leur accumulation d'arriérés « ne constitue pas un défaut » de paiement, mais « reflète souvent des difficultés pour réaliser les paiements ou des querelles contractuelles plutôt qu'une incapacité ou une volonté du pays de ne pas payer ».

En 2010, ces impayés s’élèvent, selon l’agence, à 1,8% du PIB de l’union monétaire ouest-africaine (UEMOA, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo).

Et dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), ils pèsent en moyenne 3,6% du PIB dans quatre des six pays de la zone (Tchad, Centrafrique, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Congo)

Les dettes en monnaie locale du Cameroun, Bénin et Gabon, tous les trois cités par l’agence de notation, sont respectivement notées "B-", "B", et "BB-".

Gestion des finances publiques

Ftich Ratings précise que dans ce contexte certains États, comme le Cameroun, choisissent d’honorer prioritairement leurs créanciers internationaux, avant leurs créanciers nationaux. Une décision qui n’est pas sans risques prévient l’agence : « les retards de paiement du gouvernement au secteur privé peuvent affaiblir la confiance et l'activité, particulièrement là où les gouvernements jouent un rôle majeur dans l'économie. Un secteur privé faible peut affecter les équilibres des banques et leur capacité à prêter ».

Pour Fitch Ratings, ces arriérés sont avant tout symptomatiques, soit d’une mauvaise gestion des finances publiques, soit d’une « instabilité politique » (la Côte d’Ivoire début 2011) ou encore de dépenses de période pré-électorale. Lire sur Jeune Afrique

No comment!
Lire la suite

StumbleUpon

lundi 10 octobre 2011

0 Thomas Sargent et Christopher Sims Reçoivent le Prix Nobel d’Economie


Par Paristocrate:
Le prix Nobel d’économie pour l’édition 2011 a été décerné aux américains Thomas Sargent et Christopher Sims.
«Comment le PIB et l’inflation sont affectés par une augmentation temporaire des taux d’intérêt ou d’une baisse d’impôts? Que se passe-t-il si une banque centrale modifie de façon permanente son objectif d’inflation ou si un gouvernement modifie son objectif d’équilibre budgétaire?», tel est le type de questions auxquelles les lauréats ont répondu.

Thomas Sargent, né en 1943 à Pasadena (Californie), professeur à l’Université de New York, «nous a d’abord aidé à comprendre les effets de variations systématiques de politiques», précise le comité.

Christopher Sims, né en 1942 à Washington, professeur à l’Université de Princeton, «s’est concentré sur la façon dont les chocs réagissent sur toute l’économie», ajoute le comité. Lire en intégralité sur Libération.
Sims a dit à une conférence à Stockholm qu’il dormait lorsqu’il a reçu l’appel du comité du Prix et qu’il ne s’attendait pas à gagner. « En fait au premier abord, on nous a appelé deux fois et ma femme n’arrivait pas à trouver le bouton pour parler au téléphone, alors nous nous rendormis »

Il a ajoute : « Je n’ai pas de réponse simple, mais je pense que les méthodes que j’ai utilisées et que Tom a développées, sont centrales pour trouver une voie de sorti de cette pagaille ».

Quand on lui a demande comment il investirait sa moitie des 10 millions de couronnes (1,5 millions de dollars), Sims a dit »La première chose que je ferai est de le garder en cash pour un moment ».

L’épouse de Sargent Carolyn Sargent a déclaré à l’Associated Press que son mari était très calme quand il a appris qu’il avait gagné.

« Je pense qu’il est stupefait », dit-elle. « Il se ruait pour enseigner ».

Elle dit qu’il est allé pour sa routine habituel and qu’il prenait le train de New York City pour Princeton dans le New Jersey, ou il enseigne ce semestre. Lire en intégralité sur le Huffintonpost.
Update: Explication detailée de leurs travaux.
Lire la suite

StumbleUpon

lundi 26 septembre 2011

24 Récession au Cameroun et Risque de Dévaluation du Franc CFA

Par Paristocrate:
Si vous êtes de ceux qui ont pensé que le Cameroun était à l’abri ou pas concerné par la crise qui secoue l’Europe en ce moment, alors il est peut-être temps de le reconsidérer et certainement de vous réajuster, car une analyse de la position économique du Cameroun ne laisse aucun doute : si l’Europe entre en récession, le Cameroun suivra comme la lumière suit l’ombre : immédiatement, si ce n’est pas simultanément.

Quels ont été les principaux partenaires commerciaux du Cameroun en 2010 ?

Selon l’OCDE, les principaux partenaires à l’import du Cameroun pour l’année 2010 ont été : l’Europe des 27(41.1%), la Chine (14%), le Nigeria (12%), les Etats-Unis (3,4%) et la Thaïlande (3.1%) ; A l’export, nos principaux partenaires pour la même période ont été : l’Europe des 27 (56,9%), la Chine(9,8%), les Etats-Unis (6.9%), l’Inde (2.9%) et le Tchad (2.5%). Comme on peut le constater, l’Europe des 27 est notre principal partenaire économique.

Quels types de produits est-ce que nous exportons vers l’Europe et quels types de produits est-ce que nous importons de l’Europe ? Quelle est leur sensibilité au cycle économique ?

43% de nos échanges avec l’Europe des 27 sont classées dans la catégorie (3) du SITC dans laquelle on retrouve des produits tels que : Le Charbon, le pétrole et les produits pétroliers, le gaz naturel…etc. En d’autres termes, 43% de nos exportations vers l’Union Européenne portent sur des produits énergiques qui, empirement, sont fortement corrélés au cycle économique.

34% de nos exportations sont classées dans la catégorie (0) du SITC. Dans cette catégorie, on retrouve des produits tels que : le café, le cacao, les céréales, les fruits et légumes, les sucres…etc. Les exportations de ces produits pour le Cameroun, fluctuent avec le cycle économique en Europe et par conséquent, seraient affectées négativement si l’Europe entrait en récession.

16% de nos exportations sont classées dans la catégorie (2) du SITC et dans cette catégorie, on retrouve les matières brutes non combustibles : Liège et bois, fibres textiles, caoutchouc brute…etc. Comme pour la catégorie(0) ci-dessus, cette catégorie est positivement liée aux cycles d’affaires en Europe. Une récession en Europe affecterait négativement les exports de cette catégorie.

Somme toute, 93% de nos exportations vers l’Europe sont fortement sensibles aux cycles économiques.

Qu’en est-il de nos importations vers l’Europe ?

Toujours selon l’OCDE, 37% de nos importations de l’Europe sont classés dans la catégorie (7) du STIC. Dans cette catégorie on retrouve des machines production d’énergie, des machines industrielles, des machines de production de métaux. Les produits de cette catégorie sont très peu discrétionnaire et vu les besoins en énergie de notre économie, une récession en Europe n’affecterait que très légèrement les importations de cette catégorie.

16% de nos importations appartiennet à la catégorie (5), catégorie dans laquelle on retrouve : Les produits médicaux et pharmaceutiques, les engrais et d’autres produits chimiques. Cette catégorie est presqu’insensible au cycle économique car elle adresse des besoins fondamentaux et de survie. 28% de nos exportations appartiennet à la catégorie (0) et (6), catégorie qui elles aussi, pour le Cameroun, ne sont que légèrement affecté par le cycle économique.

Il ressort que nous importations comparées à nos exportations, sont moins sensibles aux cycles économiques en Europe.

Comment est-ce le dollar empirerait la situation ?

L’essentiel des produits que nous exportons vers l’Europe se vendent en dollars. Or, si l’Europe entre en récession et que la monnaie unique continue de suffoquer, les investisseurs vont se ruées pour acheter des dollars. Cette recrudescence de la demande va pousser les dollars vers le haut. La montée du dollar combinée à une baisse de la demande mondiale, va entrainer une plongée des cours du pétrole et celle de ses dérivés.

93% de nos exportations seront donc affecté non seulement en quantité, mais aussi en valeurs.

Qu’est-ce qu’on constate ?
Si l’Europe entre en récession, nos exportations seront relativement et négativement plus affectées que nos importations. Si L’Europe entre en récession, les excédents commerciaux que nous dégageons avec cette région depuis 2006, se transformeront rapidement en de gros déficits commerciaux. Si la récession en Europe est aigue, il est possible que nous épuisions nos réserves de change et que le franc CFA soit dévalué, car la quasi-totalité des pays de la zone franc sont dans pratiquement dans la même situation que le Cameroun.

Que devons-nous faire ?

Prendre part aux discussions sur le sauvetage de l’euro, car toute décision sur l’euro affecte le franc CFA. Par exemple, s’il y’a une injection de capitaux en dans la région euro, alors on devrait s’attendre à une monte de l’inflation, peut-être pas à court terme, mais à moyen terme. Or s’il y’a inflation, il y’aura dépréciation de l’euro et par conséquent du franc CFA, quelles seraient les implications ? Nous y préparons-nous ? Par ailleurs, si l’euro s’effondre, la France déjà en difficultés pourrait se retrouver incapable de garantir le franc CFA. Si la France n’est plus en mesure de garantir le franc CFA, que ferons les pays de la zone ? Trouver une solution commune, accepter une forte dévaluation, ou alors, chacun pour soi, dieux le protège diront-ils comme d’habitude ?

Nous pouvons attendre d’être frappé de plein fouet par cette crise avant de réagir, ou nous pouvons décider d’anticiper et de s’y préparer, afin d’être paré le moment le venu.
Lire la suite

StumbleUpon

vendredi 23 septembre 2011

1 L’Euro Meurt D’une Grippe

Par Paristocrate:
Dans une publication dans le Financial Times, Mohamed El-Erian le directeur général et co-directeur des investissements de PIMCO, fait un portait effrayant de la situation tragique en Europe et dans la zone euro en particulier. Voici ce qu’il pense :
1. L’Europe a besoin de prendre des mesures exceptionnelles pour résoudre la crise ;

2. L’Europe doit agir vite pour stabiliser les banques ;

3. L’essentielle de la discussion sur la crise était basée sur l’hypothèse selon laquelle la dette souveraine est à la fois le problème et la solution. Initialement ceci était correct ;

4. Le risque de contagion a été enflammé par les réactions politiques timides ;

5. La crise en Europe est désormais beaucoup plus compliquée ;

6. Malgré les actions de la BCE pour maintenir les taux bas, les PIIGS continuent d’emprunter à des taux nettement supérieurs à ceux de l’Allemagne ;

7. Les institutions publiques et privées à travers le monde, ont considérablement réduit leurs prêts à court-terme aux banques françaises ;

8. Si l’assaut sur les banques françaises continue, elles n’auront pas d’autre choix que de se désendetter de manière drastique et désordonnée ;

9. L’Europe pourrait se retrouver dans une véritable crise bancaire qui aggraverait la trappe de la dette souveraine, rendrait certain une autre récession économique et empirerait significativement les perspectives pour l’économie mondiale ;

10. L’Europe est sur le point de perdre le contrôle d’une solution ordonnée à sa crise de la dette

11. Pour résoudre ce problème, les autorités fiscales et les banques, devraient travailler avec la BCE sur trois solutions immédiates et simultanées : Injection de capitaux à travers un partenariat public-privé, faire une évaluation réaliste de l’actif du bilan et renforcer la protection des déposants. Lire sur FT
Dans son ensemble, je partage l’analyse de Mohamed El-Erian, excepté pour ce qui est de son troisième point : « L’essentielle de la discussion sur la crise est base sur l’hypothèse selon laquelle la dette souveraine est à la fois le problème et la solution. Initialement ceci était correct. Une combinaison de trop de dettes et une trop petite croissance a poussé les pays les plus vulnérables dans une trappe de la dette… ».

Non, initialement, ce diagnostic n’était pas correct : il pointe les symptômes de la maladie-trop de dette, trop petite croissance- comme étant la cause ; il manque de poser la question comment en est-on arrivé là, qu’est-ce qui a rendu le capital moins cher et qu’est-ce qui a éroder la croissance ; il manque de constater qu’il n y a pas eu convergence et cohésion, mais divergence et incohésion, il manque de noter que la croissance des pays périphériques a été sucée par l’Allemagne.

Lorsqu’on se pose ces questions, la cause de la maladie apparait comment étant l’utilisation d’une monnaie commune par des pays qui ne forment pas une zone monétaire optimale.

Toutefois, depuis le début de la crise, les européens refusent d’accepter ce diagnostic, ils refusent d’en parler publiquement : ils prennent des pilules d’initiatives, ils font des interventions sporadiques sur le marché, tout ceci, pour essayer d’atténuer les symptômes au lieu de soigner la maladie.

Cependant, tant que la zone euro n’implémente pas des changements structurels drastiques, elle aggravera le problème, développera d’autres maladies et mourra de quelque chose aussi simple qu’une grippe.
Lire la suite

StumbleUpon

jeudi 22 septembre 2011

3 Comment la Crise Grecque Affecte le Cameroun *

Par Paristocrate:

Depuis le 6 octobre 2009, date de la prise de fonction par le premier ministre Georges Papandreou en Grèce, l’Euro n’a cessé de chuter par rapport au dollar. La panique est survenue à la découverte du niveau d’endettement de l’Etat grecque.

Toute dépréciation de l’Euro par rapport aux autres monnaies, signifie une dépréciation du franc CFA par rapport aux autres monnaies.

La chute de l’Euro par rapport au dollar, dans des conditions normales, devrait booster nos exportations. Seulement, en dehors de la chine, la demande globale est au plus bas et chaque nation essaye d’exporter plus et importer moins.

Parallèlement, la crise en Grèce et dans les PIGS, parce qu’elle désoriente les efforts de relance économiques, est en train d’amoindrir la confiance des consommateurs et les prévisions de croissances pour certains membres de l’UE. Bien que la parité Euro-CFA reste fixe, la faiblesse de la demande en Europe réduira considérablement notre capacité d’exportation et aussi, les prévisions de croissances dans la CEMAC.

Si cette situation persiste, la zone CEMAC et le Cameroun en particulier, pourrait faire face a une légère inflation et une détérioration de sa balance commerciale déjà largement déficitaire. Il convient également de noter que tant que cette situation perdure, le prix du baril de pétrole qui jusqu’ici est resté dans la fourchette 70-80 dollars, pourrait replonger.



Si la crise grecque est mal contenue, et finit par rattraper le Portugal, l’Espagne et l’Italie, L’Europe succombera à une double récession. Celle-ci pourrait être dévastatrice, vu que les gouvernements ont épuise leurs ressources pour atténuer la crise de précédente. Cette crise ne se limiterait pas seulement à l’Europe, elle envahirait et affecterait sévèrement les grands exportateurs de la zone CEMAC tels que le Cameroun.

Pour l’instant, la chute de l’Euro ne nous ait pas favorable ; tout comme nous avons dansé au rythme du « soul makossa », nous seront peut être obligés de consommer notre banane en mode local.


Lire la suite

StumbleUpon

0 Christine Lagarde Parle de la Crise

Retranscripton par Paristocrate:

Jean Michel Aphatie : Bonjour Christine Lagarde, les bourses continuent à deviser ce matin, Tokyo est à moins 9%, sommes-nous proche de la débâcle Christine Lagarde ?

Christine Lagarde : Ça demande quand on est dans une situation de crise profonde et de crise généralisée à l’ensemble des grands marchés financiers … je crois que pour arriver à juguler cette situation, il faut absolument arriver à rétablir la confiance parce que c’est en ce moment la démonstration d’une méfiance généralisée entre tous les établissements financiers en particuliers.

Vous savez qu’actuellement, les banques notamment n’arrivent pas à faire leur travail parce qu’elles n’arrivent pas à se prêter entre elle. Ce que nous essayons de faire c’est de rétablir la confiance entre les établissements financiers, tout simplement pour que la tuyauterie fonctionne, pour que les banques se prêtent entre elles.

Jean Michel Aphatie : Ça fait des jours que vous le tenez le même message.

Christine Lagarde : Non, ça ne fait pas dix jours que je tiens ce message, ce qui est important c’est qu’on arrive à le démontrer de manière coordonnées. Ce sont tous les efforts du président de la république depuis samedi dernier à l’ occasion du G4 avec l’Allemagne, avec l’Italie, avec l’Angleterre, pour ensemble délivrer le même message c’est-à-dire : Nous ne laisserons pas tomber les établissements financiers.

Jean Michel Aphatie : Qu’est-ce qui manque pour que la confiance s’installe ?

Christine Lagarde : Il faut que tout le monde le dise, c’est ça qui est important. Vous savez ce qui a été dramatique d’une certaine manière c’est la décision d’Henry Paulson aux Etats-Unis de laisser tomber Lehman Brothers. Il y’avait certainement eu des mauvaises gestions et de mauvaises décisions prises par cette banque, pour autant et sans soutenir les banquiers, mais en soutenant cette banque ça aurait été un message bien plus important. Tout simplement parce que les banques qu’est-ce qu’elles font, elles travaillent entre elles et en contrepartie les unes des autres.

Quand on en laisse tomber une, le risque c’est que d’autres à ce moment-là, ne sachent plus qui est la contrepartie et se trouvent exposées. C’est un peu compliqué, mais à partir du moment où on fait tomber un domino, le reste risque de s’écrouler.

Jean Michel Aphatie : Le 15 septembre (2008,ndlr) il y’a eu la une erreur américaine d’après-vous Christine Largade ?

Christine Lagarde : De mon point de vu, pour l’équilibre du système financier mondiale, oui, ça été une véritables erreur. Il faut absolument qu’on arrive à rétablir vis-à-vis de tous les partenaires dans le monde financier, le principe qu’aucune institution financière qui présente un rôle systémique dans le système financier, ne sera ne faillite.

Et ça signifie et ça a été répété clairement par le président de la république, ça a été repris par les 27 pays de l’Union Européenne, j’étais hier à Luxembourg, c’est ce sur quoi nous avons travaillé : nous avons établi une doctrine, ensemble, pour le faire selon nos modalités respectives, mais en respectant les mêmes principes, et il faut absolument que les établissements financiers le comprennent, elles-les établissements financiers systématique- ne tomberont pas en faillite, les Etats, les Etats européens prendront les mesures nécessaires pour l’éviter et pour que les épargnants, pour que les déposants soient à l’abri des conséquences de tels situations.

Jean Michel Aphatie : Faut-il instaurer un fonds de garantie européen pour que ce message passe bien Christine Lagarde ?

Christine Lagarde : Vous savez on l’a évoqué ici ou là, on en a parlé encore entre nous hier lors de la réunion des ministres de l’économie et des finances : La réalité, c’est que le marché européen de la finance est très segmenté. Prenez le Danemark par exemple, aujourd’hui c’est un pays qui a 140 banques ; prenez l’Espagne ou la grande Bretagne, les banques sont extrêmement investies dans l’immobilier ; prenez la France, les banques qui ont un modèle qui permet de repartir les risques, 75% dans une activité de banque traditionnelle solide, 25% dans une activité de marché, dont une secteur français qui est beaucoup mieux repartie, beaucoup plus solide.

Quand vous avez un marché qui est aussi différent, on peut difficilement mettre en place un formule qui, mathématique qui conviendra a tout le monde. C’est pour ça que ceux dont on a convenu hier c’est :
1. Le même objectif : ne pas laisser tomber ;
2. Les mêmes principes : Par ordre d’importance on protège les épargnants, deuxièmement les contribuables, et ensuite les actionnaires, et ensuite les dirigeants. C’est-à-dire que les deux dernières catégories devront faire les frais de leur mauvaise gestion, ou payer les pots cassés des établissements qui n’ont pas été maintenus.

C’est pour ça que vous regarde ce qui se passait en Espagne aujourd’hui, ce qui se passe en Grande Bretagne aujourd’hui, ou il y’a une espace de mouvement de nationalisation des établissements bancaires, c’est tout à fait différent d’un pays à l’autre, et c’est normal parce que nos pays sont différents.

Jean Michel Aphatie:Donc si on vous attend bien se matin sur RTL Christine Lagarde, l’idée d’un fonds de garantie européen est définitivement écartée ?

Christine Lagarde : Il ne faut jamais dire définitivement en la matière, c’est une des enseignements que l’on tirait hier, on est dans une situation qui n’a pas de précédents compte tenu de son ampleur, compte tenu sans profondeur les établissements financiers, je ne parle pas de l’économie réelle. Donc il ne faut pas s’interdire des propositions, il ne faut pas s’interdire d’envisager de nouveaux outils.

Le fonds de garantie européen n’est pas à l’ordre de jour ?

Christine Lagarde : Pas aujourd’hui. Non.


Christine Lagarde invitée de RTL (08/10/07) by rtl-fr

Si on devait faire une synthèse de cet entretien et l’interpréter dans le cas de la crise de l'euro, qu'est-ce que ça donnerait? Cliquez ici pour le savoir.
Lire la suite

StumbleUpon

mercredi 21 septembre 2011

0 Christine Lagarde, l'Euro, Un Indice, Lehman

Par Paristocrate:


Depuis le début de la crise en Europe, tout le monde voudrait savoir quel est le plan d’action de la zone euro. Cependant, une lecture des propos de l’ancienne ministre de l’économie et des finances françaises Christine Lagarde, dans un entretien avec Jean-Michel Apathie au sujet de la crise de 2008, donne des indices.

Une extrapolation de ces propos au cas de la Grèce et de la crise dans zone Euro donnerait ceci :

1. S’accorder sur le même objectif et le même principe ;

2. Rétablir la confiance en affirmant que nous ne laisserons pas tomber les institutions qui posent un risque systémique ;

3. Le dire tous ensemble, de manière coordonnée et essayer de le démontrer ;

4. Si nous laissons tomber un domino, alors nous devons sortir nos plans de contingence et nous préparer à un éventuel effondrement de l’euro ;

5. Nos marchés étant différents, il sera difficile de trouver une solution commune. En d’autres termes, si on chute, ce sera chacun pour soi, dieu le soutient;

6. Un fonds de garantie européen, ne ferait le bonheur de tous. Autrement dit, il est peu probable qu’un fonds de garantie européen soit mis en place ;

7. Nous sommes dans une situation sans précédent, alors nous devons envisager l’impossible et l’impensable. Même si cela implique l’amendement des accords de Maastricht pour faciliter l’exit/ expulsion d’un pays en difficultés.

Si ce plan est celui qui est en train d’être implémenté, alors, les pays de la zone euro sont à la troisième étape, celle qui consiste à dire tous, en chœur et de manière coordonné, qu’ils ne laisseront pas tomber les pays en difficultés.

Mais comme vous avez dû le remarquer, les deux premières étapes n’ont pas été un succès : chaque fois que la zone euro a pris une initiative, le marché s’est calmé quelques temps, puis est revenu à l’assaut, exigeant toujours plus.

La troisième étape qui consiste à le dire tous ensemble, semble ne pas avoir eu l’effet escomptée, comme l’atteste l’écart entre les obligations grecques et allemandes en continuant sa course vers le haut.

Il serait donc possible qu’à l’ instant où nous écrivons, que les pays de la zone euro se soient déjà résolus de laisser tomber un domino, et qu’ils soient en train d’implémenter leur plan de contingence ; il est possible que les discours sur la solidarité que nous attendons ces derniers jours, ne soient que de la rhétorique, une façon stratégique de gagner du temps.

Aux derniers nouvelles, le marché monétaire américain a fermé ses portes à l’Europe, on dirait Lehman Brothers chapitre 2 et ça parle de la crise la dette souveraine, devenue la crise du crédit.
Lire la suite

StumbleUpon

mardi 20 septembre 2011

0 Grèce, le scénario du pire par Jacques Attali

Par Paristocrate:

(…) personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer , de ne pas y penser.
Voici ce que serait son déroulement, en dix étapes :

1. La Grèce, n’ayant plus les moyens de financer ses déficits, arrête de rembourser ses créanciers, de servir une partie de ses retraites, de payer une partie de ses fonctionnaires. Toutes les banques lui ayant prêtées et toutes les entreprises qui lui vendent des armes et autres produits de première nécessité subissent des pertes. La Grèce ne sort pas alors pour autant de la zone euro : aucun traité ne l’y contraint, ni même ne le rend possible ; de plus, nul ne peut forcer les Grecs à convertir les euros qu’ils détiennent en une drachme de moindre valeur.
2. Pour renflouer ce pays, l’eurozone refuse alors d’utiliser les maigres ressources du Fonds de stabilisation Européen, et de créer des eurobonds, (qui n’ont de sens qu’avec une fiscalité européenne, pour les rembourser, et un contrôle européen des déficits des budgets nationaux , pour éviter d’en faire un mauvais usage) .

3 . Faute d’instruments financiers européens suffisants, les autres pays de l’Union abandonnent la Grèce à son sort.

4. Les marchés, c’est-à-dire pour l’essentiel les préteurs d’Asie et du Moyen-Orient, s’inquiètent de cet abandon et font payer de plus en plus cher leurs capitaux au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie.

5. La crise s’étend à la France, quand on réalise que sa situation financière n’est même pas aussi bonne que celle de l’Italie, (dont le budget, hors service de la dette, est en excédent, à la différence de celui de la France) , et quand on mesure que ses banques et compagnies d’assurances portent une large part de la dette publique des pays périphériques et détiennent encore massivement des actifs toxiques, sans valeur aujourd’hui.

6. Pour éviter l’effondrement de ces banques, on cherche des actionnaires, privés ou publics. En vain : il faut trouver, pour les seules banques françaises, l’équivalent de 7% du PIB.Lire en integralité sur son Blog.
Lire la suite

StumbleUpon