mercredi 14 août 2013

7 La BEAC, le Taux Directeur et le Paradoxe de la Surliquidité

Par Paristocrate:
Pour essayer de faciliter l’accès aux crédits, la BEAC a décidé de  baisser son taux directeur de 50bps. Seulement, la question qui taraude les opérateurs économiques, est celle de savoir si cette décision aura une incidence sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.

Pour ma part, cette décision n’aura pratiquement aucun n’effet sur la quantité de crédits. Mais avant toute chose, il convient de faire la distinction entre taux directeur et taux interbancaire.  Ensuite, il est important d’établir la relation entre les deux.

Le taux directeur de la BEAC, c’est le taux d’intérêt auquel les banques qualifiées peuvent emprunter directement auprès de la BEAC. Par contre, le taux interbancaire c’est le taux auquel une banque peut emprunter directement d’une autre banque.

En général, le taux directeur de la BEAC est supérieur au taux interbancaire de la CEMAC. De ce fait, une banque empruntera directement de la BEAC que quand elle n’aura pas été capable d’obtenir un prêt auprès d’une autre banque ou alors, quand le taux interbancaire devient supérieur au taux directeur de la BEAC.

En bref, le taux directeur de la BEAC représente en général la valeur plafond que devraient prendre les taux sur le marché interbancaire, Il est  la limite supérieure de l’intervalle dans lequel peuvent varier les taux sur ce marché.

Une banque va sur le marché interbancaire pour deux principales raisons : Soit parce que ses réserves obligatoires à la BEAC sont en dessous du niveau requis, soit parce qu’elle manque de liquidité immédiate pour faire face aux exigences de retraits ou pour financer des projets qu’elle estime bancables.

Maintenant et c’est ici que je voudrais attirer l’attention : dans la CEMAC, les banques sont en surliquidité permanente. En d’autres termes, les banques non seulement remplissent les conditions de réserves minimums exigées par la BEAC, mais en plus, les disponibilités à vue de moins d’un mois dont elles disposent, permettent de couvrir largement les exigibilités à vue de moins d’un mois (Ratio de liquidité = 100%).

Les banques ayant donc plus fonds disponibles qu’elles n’en ont besoin, la nécessité de refinancement, que ce soit sur le marché interbancaire aussi bien qu’auprès de la BEAC, n’est que marginale.

Il en découle qu’en baissant son taux directeur, la BEAC n’a rien fait d’autre que d’augmenter la surliquidité potentielle des banques. Cependant, les difficultés qu’ont les banques de la CEMAC à financer l’économie n’émanent pas d’un manque de liquidités, mais plutôt d’un manque de projets « bancables ».

Concrètement, pour les clients actuels des banques, l’impact de la baisse du taux directeur n’augmentera pas nécessairement leur capacité d’emprunt, mais elle leur permettra peut-être d’obtenir de meilleurs taux d’intérêts. Mais pour les clients et projets que les banques estiment respectivement trop risqués et non bancables, ce sera le statu quo.

En conclusion, la baisse de son taux directeur par la BEAC aura un impact sur le coût du crédit, mais elle n’aura pratiquement pas d’effet sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.

P.
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mardi 28 juillet 2009

2 Les Banques Se Positionnent Dans Le Crédit Au Cameroun…Est-ce Que Ça Marche ? (suite et fin)

Par Gaétan TeJe:


Dans la première partie de l’article Les Banques Se Positionnent Dans Le Crédit Au Cameroun…Est-ce Que Ça Marche ? Que vous pour retrouver en cliquant ici, nous avons tout abord analysé comment est-ce que les banques au Cameroun se positionnent par rapport au crédit, ensuite nous avons observé et essayé de comprendre la réaction des clients. Apres cette série d’analyses, il est maintenant question de se demander : est-ce que ça marche ?


III. Est-ce que ça marche vraiment alors de ce positionner par le crédit ainsi ?

Il est sûr que des avancées concrètes sont à relever. Mais le marché reste encore tellement ouvert et plein de potentiel qu’on est stupéfait du trivial de ce qui manque encore à faire. Il est évident que les crédits se développent, et ils touchent par les actions diversifiées de chacune des banques presque tous les segments de ce marché. Malheureusement pas encore avec la même intensité.

- Un travail d’originalité : Il reste encore beaucoup à faire pour rattraper ne ce reste que la vision du crédit des maisons mères des banques représentées en local. Les exemples font légion à un point aigu. Mais nous avons voulu relever l’expérience du Crédit Agricole (France) qui a lancé toute une vision et un ciblage spécifique sur les jeunes actifs. Vous pouvez apprécier la stratégie et le positionnement de vous-même en suivant le lien : http://www.credit-agricole.fr/jeunes-actifs/.

Tout un espace Internet juste pour une cible spécifique de son marché du crédit ! Ceci montre aussi l’originalité d’un suivi des jeunes actifs sur tous les aspects de leurs finances. Les rubriques présentées (chaque rubrique intervenant à un moment du développement personnel du jeune actif, avec toute une gamme de services) : Votre argent (fonctionnement au quotidien), votre voiture, votre location, votre achat immobilier, votre épargne, vous et votre famille. Un travail d’originalité qui justifie avant tout un soucis mature d’avancer réellement avec son client et de partager le risque de le financer pour partager les profits de sa réussite personnelle et professionnelle ;


- Un travail de maturité : le crédit resterait encore jeune et immature au Cameroun. Non me diriez vous ? Et pourtant si. Dans la nouvelle vision que veulent suivrent les entreprises à travers une ‘offre révolutionnée du crédit’, un travail de fond sur les clients, mais aussi l’ensemble du marché potentiel et global des crédits possibles doit être fait.

La multiplication des ciblages, la pérennité des ciblages, l’accessibilité de l’offre, tels sont les chantiers vers lesquels devront se construire les positionnements pour être plus pratiques pour le commun des camerounais capables d’avoir un compte bancaire et de s’octroyer un crédit. Bien que même le marché bancaire soit encore embryonnaire en fait, avec une banque pour environ 100 000 camerounais actifs, et que la relance économique ne soit pas encore réellement établie, il est déjà possible de réaliser des offres intéressantes progressivement alignées à la concurrence internationale.

- Les véritables champs de bataille et de positionnement
: Pour voir les offreurs avancer dans leur garde, il faudra leurs donner un background analytique fort sur le plan financier, tenant compte des contraintes culturelles et des stupeurs locales en matière de crédits.

Mais la plus grande bataille sera celle marketing et commerciale pour donner à l’offre de crédit cette dimension d’accompagnement et de confiance mutuelle, à l’exemple de ces programmes ‘jeunes diplômés’ aux USA et des ceux ‘jeunes actifs’ en France. Les banques construiront alors une image forte dans le domaine d’une part, et peut être une réelle histoire de toute une vie avec leurs clients, ou de génération en génération tels que les banques nippones. Les pistes de réflexions sont ouvertes dans tous les sens. L’objectif s’il s’oriente vers l’écoute réelle des consommateurs et du marché potentiel, plutôt que la seule conception de crédits les moins risqués, le marché bancaire s’ouvrira certainement plus rapidement, et les places dans le crédit sont bel et bien là…il ne reste plus qu’à les prendre.

En définitive, il faudra bientôt arrêter la course vers la baisse des coûts et l’allongement des délais de remboursement pour s’orienter vers des programmes réels, concrets et pérennes d’octroi de crédit par les banques au Cameroun. Car, d’une part, le consommateur camerounais en matière de services bancaires est loin d’être autant ‘athée’ que par le passé. D’autre part, bientôt il se lassera de cet effet de nouveauté et des jeux du mieux disant.

Après nos entretiens avec un grand nombreux de clients dans quelques agences de banques localement installées, nous relevons surtout qu’ils croient de plus en plus aux solutions qu’ils s’imaginent pour résoudre leurs problèmes financiers. Et mondialisation faisant, mais surtout au regard des solutions bancaires qu’ils observent au quotidien à la porte de leurs frontières audiovisuelles et numériques, l’attente se fera moins longue que prévue… S’ils sont écoutés !

Et les crédits, ça marchera vraiment chez nous!



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dimanche 26 juillet 2009

2 Les Banques Se Positionnent Dans Le Crédit Au Cameroun…Est-ce Que Ça Marche ?

Par Gaétan TeJe:
Dans les carrefours, tout aux alentours des ministères et près des grandes surfaces, vous avez certainement du remarquer les affiches vous disant qu’une banque au Cameroun, peut enfin, vous faire du crédit. Si aujourd’hui les banques créent la surprise en proposant de manière aussi intensive des crédits, cela justifie certainement la croissance des enjeux commerciaux de ce secteur.
Ces banques au détail, pour le plus grand nombre, si elles affichent la disponibilité de leurs offres de crédit pour leurs clients, ont en fait défini toute une stratégie d’offre de crédits orientée vers diverses cibles. Elles orientent leur nouvelle bataille concurrentielle sur la meilleure ‘offre de crédit’ pour redéfinir alors souvent leur positionnement stratégique en entier, spécifiquement sur un segment du marché.

Après de nombreuse années d’attente du développement de pareilles offres au Cameroun, sur la faim restante d’une offre plus flexible de crédits commerciaux, maintenant que les banques s’ouvrent vraiment au crédit, est ce que le positionnement de ces offres a un réel impact ? Est-ce que ça marche ? C’est ce à quoi tentent de répondre les analyses, observations et les réflexions suivantes, fortement inspirées d’expériences clients et de la configuration actuelle du marché bancaire au Cameroun.

I. La stratégie des banques

Tout part, après analyse, de la manière avec laquelle la stratégie de l’offre a été pensée. Pour mettre en œuvre leur vision et positionnement sur les crédits les banques au Cameroun, les banques ont fixé trois principales balises :

- Le leurre : Il fallait créer une véritable attractivité ! Alors, bien que ces crédits aient été pratiqués depuis longtemps en interne, quelques changements tels que l’amélioration des taux et l’allongement des délais sont les ‘nouveautés’ qui séduisent plus d’un ici chez nous. Mais encore, ce que l’affiche publicitaire ne vous dit pas c’est qu’à trop vouloir mordre à cette proposition exceptionnelle, vous risquez de vous retrouver ‘péché comme client’ dans plus d’une banque à la fois. Oui ! vous avez en fait à faire là à un programme de fidélité et à un outil de prospection tous deux jumelés. A un point que si votre banque vous apporte un des ces crédits qui vous semble intéressant vous en tirerez profit. Mais son inertie en la matière vous amènera peu être à vous décider à ouvrir un compte chez le concurrent qui semble plus avancé sur la question ;

- Une réponse concurrentielle : Pour s’aligner à la concurrence en matière de crédit, principalement celui scolaire et immobilier au Cameroun, construire et défendre une offre de crédit spécifique est devenu une exigence pour ne pas se faire damer le pion dans ce marché. Il faut alors contrecarrer la concurrence qui arrive, ou tout simplement la suivre sur les pistes qu’elle a ouvertes. L’innovation en la matière présente la nouvelle prairie d’une bataille concurrentielle. Entre autres armes aux choix se trouvent dans les carquois : amélioration des coûts de services, ciblage spécifique, avantages clients, et surtout en première ligne, les offres en packs… ;

- La stratégie de 'packing' : En trame de fond le message qui est passé est le suivant : « Si vous voulez souscrire à chacune de nos offres séparément nous allons vous apporter une plus grande satisfaction. Mais en choisissant notre pack ‘Y’, vous bénéficiez simultanément de ‘W’ et de ‘Z’ service qui vous est offert gratuitement. » Les packs font rage dans le marché ! Bien que les clients s’interrogent de plus en plus sur ce qui leur est utile dans le pack, la curiosité et la découverte de nouveaux services les amène progressivement à souscrire pour le pack qui regroupe le plus grand nombre de leurs besoins ou de ceux de leurs proches en remplacement.

II. La réaction des clients…

Les clients des banques sont pour le plus grand nombre stupéfaits et heureux de bénéficier depuis trois années déjà des offres attrayantes de crédits scolaires, et des certains crédits plus spécifiques – souvent alors difficiles à défendre devant le chargé de clientèle, ou le chef d’agence. Mais la résultante est que pour les uns et les autres, c’est une réelle opportunité pour mieux gérer ‘ses prévisions et ses obligations’. Ils sont ravis de la place grande que reprend la banque dans leurs habitudes financières. Un réel rappel des gloires des années 1980 de la BIAO et de la BICIC.

Mais loin de s’arrêter au premières réponses de ceux-ci, les tics dans la gestuelle et les regards lointains et pensifs après réponses, nous ont suggéré un ‘mais’ profond alimentant une pléiade de manquements ou de frustrations.

- Une offre attrayante…mais un oubli d’une grande frange de la demande : Un décryptage des campagnes et des stratégies qui les soutiennent nous ont relevé des objectifs de fidélisation, et de prospection. Mais aussi le souci d’améliorer l’offre de service bancaire comme principaux axes poursuivi par les offreurs. Il faut néanmoins noté un fort acharnement sur la cible fonctionnaire dans la communication et l’approche des banques les plus anciennes dans le marché ; et une accentuation des prospections sur celles des commerçants, ‘débrouillards’ de l’informel et aussi hommes d’affaires et leaders d’opinion. Le grand marché des employés du privé principalement et plusieurs autres cibles dans ce marché restent encore ‘officiellement’ en marge des offres spécifiques faites en matière de crédit. C’est comme une invitation tacite à rejoindre ‘le club des fonctionnaires’. Les anglo-saxons derniers arrivant dans le marché, ECOBANK et UBA font la surprise dans le segment des travailleurs du secteurs privés avec leurs offres de crédits spécialement ouverts à ceux là, et naïvement l’offre orientée vers les étudiants avec des packs ‘épargnes’ qui ne présentent pas encore d’offre de crédit direct, mais qui servent souvent de support pour la préparation à des crédit universitaire et scolaires. Mais à ce niveau le client semble n’être pas à l’abri de tout désagrément ;

- L’appréciation client quant au déploiement de l’offre : Les offres apportent des avantages précis et indiscutables. Mais la réputation des camerounais quant à leur manque de « culture du remboursement du crédit », les ayant précédé, un grand nombre de restrictions sélectives, justifie la méfiance permanente des banques. Un souci de maîtrise du risque à presque 100% avant sélection et déploiement du crédit à un client. Ainsi si les fonctionnaires sont ‘en haut’ parce que les banques peuvent facilement ‘diler’ avec l’Etat pour programmer sur leurs revenus des programmes de crédits, et donc tous en profiter potentiellement, il n’en est pas aussi simple pour les employés du privé. Ces derniers semblent ne pas toujours apprécier de ne pouvoir bénéficier de tel ou tel élément du service. Par exemple, on peut mieux comprendre la frustration de monsieur BONA lorsqu’il s’aperçoit qu’il ne peut pas recevoir de crédit scolaire cette année, parce qu’il lui ont dit que : « son entreprise n’est dans la liste des entreprises référencées et prise en compte par la banque. » Le crédit, loin d’être alors un engagement réciproque entre les deux parties, le soucis de maîtriser entièrement le risque client annule chez nous tout une majorité du marché ; tant les critères pour être retenus restent excluant.

- La perception qu’ont les cibles de offres et des campagnes : Hé oui ! Présenté ainsi, il est pertinent que les campagnes d’affichage 3mx4m en panneau urbains apparaissent comme étant du gaspillage pour toucher en réalité ses propres clients. Une campagne d’image, certes, mais pour positionner son crédit pour ses clients, il serait possible d’utiliser meilleur combinaison de moyens d’action. Et si la réponse en fait était un défaut de positionnement ? parce qu’en fait avec la même vision et un réel positionnement sur le marché en entier l’action aurait été d’un impact sensationnel. Vous me demanderez alors s’il est possible de donner un crédit à tous les camerounais ? Je vous demanderais juste avant de répondre, s’il faut toute une campagne d’affichage urbain pour une ville d’un millions d’habitants actifs qui a moins de 50 000 fonctionnaires éligibles aux crédits spécifiés ? Sachant que devenir fonctionnaire est en soit une équation des plus complexes chez nous, le résultat est donc évident quand 80% des passants interrogés près des affiches des campagnes répondent en chœur « qu’il ne sont pas concerné par cela ». A-t-on alors au moins un résultat ‘positif’ sur l’image de ces entreprises ? Le positionnement voulu sera-t-il celui perçu pas seulement par les clients, mais aussi par tout ceux qui ont été touchés par les messages ?

Est-ce que cette façon de se positionner par le crédit marche? A suivre...

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lundi 15 juin 2009

4 Mobilisation des ressources et financement de l’économie

Par Arsène Tatieu
Cet article s’inscrit comme suite à la question de l’incapacité du marché bancaire à satisfaire de la demande de crédit. Nous avons voulu proposer des produits financiers permettant de pallier aux handicaps du secteur bancaire, et donc, les entreprises camerounaises pourraient s’en servir pour lever efficacement des fonds et financer leurs activités.

Dans un premier temps, nous présenterons sans nous y attarder les principaux produits du marché financière et une brève description de ceux qui ont retenu notre attention. Et dans un second temps, nous justifierons notre choix et éluciderons les préalables nécessaires à une réaction positive des épargnants face à ces produits.

BREVE DESCRIPTION DE PRODUITS FIANCIERS CLASSIQUES
Les produits courants sur un marché financier classique sont les actions et les obligations. L’action est un titre de propriété qui confère à son détenteur un droit aux dividendes et un droit de vote, et l’obligation est un titre de créance qui donne droit un intérêt annuel et au remboursement de la créance à échéance.


La complexification du système financier a permis l’apparition de nombreux types d’actions et d’obligations nous les citerons sans nous y attarder de manière spécifique

Quelques types d’actions
1.
Les actions à dividendes prioritaires(ADP) : permettent à son détenteur de percevoir un dividende supérieur à celui des actions ordinaires tout en l’amputant de son droit de vote;

2.Les actions à bon de souscription d’action (ABSA) : permettent d’acheter les actions d’une société à cours prédéterminé à l’avance. Par exemple acheter dans un (1) an des actions SABC à un cours légèrement supérieur au cours du jour;

3.Les actions accumulantes ou dividendes titres-rémunérées en actions nouvelles

Quelques types d’obligations
1.Les obligations convertibles en actions: les détenteurs ont la possibilité de convertir ce type d’obligation en action au cours d’un intervalle de temps précis: 2 à 5 ans par exemple;

2.Les obligations à bon de souscription d’action ou d’obligations : permettent de souscrire à de nouvelles obligations ou actions à un cours prédéterminé;

3.Les obligations indexent.

ESSAIE DE JUSTIFICATION ET NECESSAIRE PREALABLE

De la justification du choix
Nous avons retenu l’action à dividende prioritaire et les différents types d’obligations. Notre choix se fonde principalement sur la mentalité de l’entrepreneur Camerounais. Nous avons, dans notre paysage économique, de nombreuses PME à caractère familial, réticentes à l’idée d’ouvrir leur capital à des “étrangers” qui, par le fait de détenir des droits de vote pourraient influencer la philosophie dominante.

L’action à dividende prioritaire permet donc de s’associer avec des individus qui ne siégeront pas au conseil d’administration sous réserve que le dividende à eux attribuer soit plus élève que celui des actions ordinaires, et en cas de liquidations ils sont prioritaire devant les détenteurs d’actions ordinaires. Certaines législations prévoient une ouverture maximum de 25% du capital en ADP, ce qui peut permettre une levée de fonds considérable.
L’ADP peut aussi être une porte ouverte vers l’actionnariat salarie qui pourrait permettre aux employés d’accompagner l’entreprise dans sa prise de risque. Cette méthode est notamment utilise par la famille Mulliez propriétaire de la chaine de magasin AUCHAN.

Les obligations étant des titres de créances, les entreprises qui ne veulent pas s’embarrasser d’actionnaires à “coûts élevés” peuvent y recourir sachant qu’elles ont en plus la possibilité de rembourser “in fine” i.e. payer le principal et les intérêts à l’échéance. Un différé de 5 ans par exemple, peut être une excellente source d’économie pour l’entreprise.

En émettant des obligations convertibles en actions, les entreprises s’entourent d’une marge de manœuvre supplémentaire en cas de défaillance à l’échéance. L’emprunteur peut se voir attribuer des actions qui peuvent être à dividende prioritaire, permettant ainsi à l’entrepreneur de garder le control de son entreprise

Du nécessaire préalable.
Nous venons de présenter brièvement quelques produits qui nous ont semble intéressant dans notre contexte économique. Cependant tout cela a un cout : La transparence et la confiance. Il faudrait que les épargnants qui souhaitent investir aient la certitude qu’ils ne se feront pas flouer.

La transparence exige que nos entreprises publient leurs comptes et que des mesures de control strictes soient mises sur pied.

Dans un environnent ou l’information financière est entourée du plus grand mythe dans les entreprises faudrait que l’Etat et les partenaires sensibilisent les agents à besoin de financement sur l’utilité et la nécessité de s’ouvrir pour le plus grand bien de notre économie et de leurs entreprises.
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mercredi 25 mars 2009

11 1998-2008 : Une Décennie Manquée


Par Paristocrate:
De nombreuses hypothèses ont été soulevées pour justifier la surliquidité des banques Camerounaises. Notre démarche consiste donc à débattre chacune d’elles et à retenir celles qui nous semblent valables. Je voudrais continuer ici avec la question des dépôts à vue.

La semaine dernière, nous avons abordé deux des hypothèses relatives à la surliquidité des banques, notamment la prépondérance des dépôts à vue et la « bancabilite » des projets. A lire les réactions, il est clair que nous sommes tous en accord sur le fait que, la « bancabilite » des projets n’est pas une cause première de la surliquidité. Par contre, certains continuent de penser que, les dépôts à vue en sont une.

Comment peut-on prêter à long terme si la plupart des dépôts sont à court terme ? Ceux qui se posent cette question, veulent en d’autres termes dire que pour eux, il est presque impossible de prêter à long terme si les dépôts sont à court terme. Une telle affirmation remet en cause le métier des banques qui est : d’emprunter à court-terme, et de prêter à long-terme

Prenons un exemple pour être concret. Si nous avons un client qui dépose 100 FCFA et un autre qui retire 90FCFA, à cet instant précis, la banque dispose de 10FCFA qu’elle peut investir. Si on suppose que la situation se répète le lendemain, la banque pourra encore investir 10FCFA. Qu’est-ce-que ca veut dire ? Ca veut dire que, si on sait que les dépôts seront supérieurs aux retraits pendant dix ans, alors on peut investir l’excédent sur un terme de dix ans.

Sur la base de cet exemple certains peuvent se demander : que se passera-t-il si les retraits sont supérieurs aux dépôts ? La réponse à cette question peut se faire en deux volets :
1. Si les retraits sont TEMPORAIREMENT supérieurs aux dépôts, la banque à de nombreuses options pour pallier à cette situation (voir Schéma)
2. Si cette situation est PERMANENTE, alors la banque n’est pas viable, les autorités de surveillance doivent s’assurer en tout temps, que son passif permet de couvrir son actif (au moins en ce qui concerne les dépôts des clients).

Vu que nous sommes en situation de surliquidité permanente, aucun des deux volets ci-dessus n’est donc à craindre : les banques peuvent donc prêter l’excédent de liquidité aussi longtemps que cette situation de surliquidité durera.

On remarque une chose, tant que la situation où les dépôts sont supérieurs aux retraits dure, le non remboursement des prêts que la banque a octroyés, ne peut pas causer un risque d’illiquidité à court terme: puisqu’on sait que les dépôts permettent de couvrir les retraits. On remarque aussi que les dépôts sont une variable de Bernoulli, on peut donc estimer plus ou moins exactement le nombre de fois où les dépôts seront supérieurs aux retraits sur une période donnée, et constituer des stocks de sécurité optimum.

Le véritable challenge consistera : Pour les banques, a estimer avec précision le nombre de période que durera la surliquidité. Et pour les autorités de régulation, à créer un marché financier fluide et efficace, pour atténuer les chocs d’illiquidité temporaires.
Pour ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi les dépôts à vue ne sont pas la cause de la surliquidité des banques, je vous propose le schéma ci-après:


1. Situation actuelle : Les dépôts sont supérieurs aux retraits (Vert>Rouge)

 Tant que les dépôts à vue sont supérieurs aux retraits, la surliquidité va continuer de croître et le risque d’illiquidité à court-terme va tendre vers « zéro »: Dans ce contexte, les banques n’ont pas de problèmes de liquidités, elles peuvent investir l’excédent pour aussi longtemps que cette situation durera.


2. Situation souhaitée : les banques prêtent sur le long terme les fonds détenus en surliquidité. (Vert>Rouge)

 Jusqu'à ce niveau la banque n’a toujours pas de problèmes car comme on sait les dépôts à vue (en vert) sont suffisants pour faire face aux retraits (en rouge)


3. Situation indésirable 1 : Les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts (Vert+Blanc=Rouge)




 On voit que les dépôts ont diminué et les retraits ont augmenté, mais la banque s’est servie de son stock de sécurité pour faire face à cette situation.


4. Situation indésirable 2 : Les dépôts son supérieurs aux retraits et la banque à épuisées son stock de sécurité (Vert+Blanc=Rouge)



 Quand les dépôts sont supérieurs aux retraits, et que la banque a épuisé son stock de sécurité, elle peut toujours faire recours au marché interbancaire pour faire face à ce problème de liquidité temporaire.
5. Situation indésirable 3 : Les retraits sont supérieurs aux dépôts, le stock de sécurité est épuisé, le marché interbancaire est incapable de fournir la liquidité :


 Dans ce cas de figure, la banque peut faire recours à la BEAC (Vert+Blanc=Rouge)

6. Situation 4 : Les dépôts sont à nouveau supérieurs aux retraits



 La banque se sert des excédents pour rembourser les emprunts faits auprès de la BEAC ou sur le marché interbancaire. Ainsi de suite, le cycle continu.

A ce niveau, vous devez certainement vous poser la question magique : où est passée la case jaune que nous avions au départ ? La réponse c’est qu’elle est en train de développer notre économie à travers des prêts à long terme.

Que pouvons-nous conclure?
1.
Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, on peut utiliser les dépôts à vue pour faire des prêts à long terme.
2. Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, le non remboursement des prêts, ne pose pas de risque d’illiquidité à court terme.
3. Si les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts, la banque peut faire successivement appel à trois ressources : son stock de sécurité, le marche interbancaire, la BEAC.
4. Une banque où les retraits sont permanemment supérieurs aux dépôts, est une banque qui n’existe pas, ou qui n’existera plus.

Au Cameroun, la surliquidité des banques dure depuis plus de dix ans. Malgré que les dépôts soient à vue, les banques depuis dix ans ont eu la capacité de financer notre économie. Ca n’a pas été le cas et nous avons manqué l’opportunité de la décennie 1998-2008. Au regard de l’avenir, je ne peux que me poser une question, allons nous manquer l’opportunité que nous offre la décennie à venir ?
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