Par Paristocrate:
Pour essayer de
faciliter l’accès aux crédits, la BEAC a décidé de baisser son taux directeur de 50bps.
Seulement, la question qui taraude les opérateurs économiques, est celle de
savoir si cette décision aura une incidence sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.
Pour ma part,
cette décision n’aura pratiquement aucun n’effet sur la quantité de crédits. Mais
avant toute chose, il convient de faire la distinction entre taux directeur et
taux interbancaire. Ensuite, il est
important d’établir la relation entre les deux.
Le taux directeur
de la BEAC, c’est le taux d’intérêt auquel les banques qualifiées peuvent
emprunter directement auprès de la BEAC. Par contre, le taux interbancaire
c’est le taux auquel une banque peut emprunter directement d’une autre banque.
En général, le
taux directeur de la BEAC est supérieur au taux interbancaire de la CEMAC. De
ce fait, une banque empruntera directement de la BEAC que quand elle n’aura pas
été capable d’obtenir un prêt auprès d’une autre banque ou alors, quand le taux
interbancaire devient supérieur au taux directeur de la BEAC.
En bref, le taux
directeur de la BEAC représente en général la valeur plafond que devraient
prendre les taux sur le marché interbancaire, Il est la limite supérieure de l’intervalle dans
lequel peuvent varier les taux sur ce marché.
Une banque va sur
le marché interbancaire pour deux principales raisons : Soit parce que ses
réserves obligatoires à la BEAC sont en dessous du niveau requis, soit parce
qu’elle manque de liquidité immédiate pour faire face aux exigences de retraits
ou pour financer des projets qu’elle estime bancables.
Maintenant et
c’est ici que je voudrais attirer l’attention : dans la CEMAC, les banques
sont en surliquidité permanente. En d’autres termes, les banques non seulement
remplissent les conditions de réserves minimums exigées par la BEAC, mais en
plus, les disponibilités à vue de moins d’un mois dont elles disposent,
permettent de couvrir largement les exigibilités à vue de moins d’un mois
(Ratio de liquidité = 100%).
Les banques ayant
donc plus fonds disponibles qu’elles n’en ont besoin, la nécessité de refinancement,
que ce soit sur le marché interbancaire aussi bien qu’auprès de la BEAC, n’est
que marginale.
Il en découle qu’en
baissant son taux directeur, la BEAC n’a rien fait d’autre que d’augmenter la
surliquidité potentielle des banques. Cependant, les difficultés qu’ont les
banques de la CEMAC à financer l’économie n’émanent pas d’un manque de
liquidités, mais plutôt d’un manque de projets « bancables ».
Concrètement, pour
les clients actuels des banques, l’impact de la baisse du taux directeur
n’augmentera pas nécessairement leur capacité d’emprunt, mais elle leur
permettra peut-être d’obtenir de meilleurs taux d’intérêts. Mais pour les
clients et projets que les banques estiment respectivement trop risqués et non
bancables, ce sera le statu quo.
En conclusion, la
baisse de son taux directeur par la BEAC aura un impact sur le coût du crédit,
mais elle n’aura pratiquement pas d’effet sur la quantité de crédits octroyée par les banques de la CEMAC.
P.
P.
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