lundi 16 mars 2009

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12 Surliquidité et dépôts à vue : Un faux problème

La plupart des banques camerounaises sont en surliquidité. Malgré cette surliquidité elles n’arrivent pas à financer le développement de notre économie et à assumer pleinement leur rôle d’intermédiaire financier. Si vous demandez pourquoi cette surliquidité, beaucoup vous diront que c’est parce que les dépôts sont à vue. Dans le contexte actuel, je pense que les dépôts à vue ne sont qu’une cause accessoire de la surliquidité.

Liquidité et retraits
L’argument le plus tenu pour justifier l’incapacité des banques à financer l’économie est celui selon lequel, les dépôts sont pour la plupart à vue c'est-à-dire ils sont exigibles a tout moment. Par conséquent, les banques ne peuvent pas financer les projets à long-terme, et difficilement des projets à court terme.

Vous vous demandez, n’est-ce pas le rôle des banques d’emprunter à court-terme et de prêter à long terme ? De plus, ceux qui disent que la plupart des dépôts sont à vue n’ont pas tout à fait raison car en 2007 ils représentaient seulement un peu plus de 42% (1) des avoirs bancaires.

Et même si les dépôts étaient pour la plupart à vue, les clients ne se présenteront pas tous, le même jour, pour vider leurs comptes - enfin, les probabilités sont infimes. En outre, pendant que certains font des retraits, d’autres font des dépôts.

Ca veut simplement dire que les flux de fonds ne sont pas parfaitement corrélés. Quand le solde des flux est positif, il traduit l’agressivité à collecter, et la capacité à retenir les fonds, c’est le signe d’une banque viable. Quand le solde est négatif, il révèle dans la majorité des cas l’incompétence de l’institution concernée et par conséquent sa non-viabilité.

Heureusement, la plupart des banques ont un solde de flux positif. Pour preuve, le taux de réserves obligatoires auprès de la BEAC est largement dépassé. Toutefois, les banques continuent d’être en situation de surliquidité.

On voit donc que les banques n’ont pas de problème de liquidités pour faire face aux retraits. Les dépôts à vue ne sont donc pas la cause de leur inertie.

Le marché Interbancaire
Le marché interbancaire est un marché d’emprunt entre les banques. Elles l’utilisent pour faire face aux besoins temporaires de liquidités. Donc, si une banque solvable arrivait à faire face à des problèmes de liquidités temporaires, elle pourrait toujours avoir recours à ce marché. Sachant que les banques sont en surliquidité, obtenir un prêt ne serait pas le plus difficile.

Une fois de plus, l’argument des dépôts à vue est ramolli. Toutefois, il convient de noter que le marche interbancaire, la clé de voûte du système bancaire, reste très archaïque et mal organisé. En effet, les prêts entre les banques continuent de se faire à blanc, générant un risque non couvert et causant l’hésitation de certaines banques à prêter.

Prêteur de dernier ressort

Au pire des cas, imaginons qu’une banque solvable soit en face d’un problème de liquidité temporaire. Imaginons ensuite que le marché interbancaire soit bloqué. Dans le contexte actuel de surliquidité bancaire, ce scenario est déjà très peu probable. Mais s’il devait arriver, cette banque pourrait avoir recours au prêteur de denier ressort : La BEAC.

Si vous doutez du fait que la BEAC puisse mener de telles opérations, sachez que les réserves pour l’année 2008 sont estimées à 7482 milliards de FCFA. Et au courant des trois dernières années, la moyenne des réserves a été d’environ 5844,6 milliards de FCFA(2).

Une partie de ses réserves sont détenues dans notre le compte d’opérations auprès du trésor français. Le gouvernement français y emprunte souvent des fonds pour un taux d’intérêt modique. Pourquoi nos banques solvables, en situation d’illiquidité temporaire, ne feraient pas pareil ?

Les dépôts à vue sont le bouc-et-misère des banques. Ils sont loin d’être la cause de la surliquidité du système bancaire. Alors, pourquoi ne pas arrêter de tirer dessus, et orienter nos efforts vers les causes réelles du problème :
1. La fluidité du marché interbancaire,
2. La gestion des risques dans notre contexte,
3. L’accompagnement des entrepreneurs dans la réalisation de leur projet,
4. L’innovation bancaire.
5. La gestion des réserves par la BEAC
6. Le système juridique
7. La formation académique

Voila à mon avis quelques causes réelles et directes de la surliquidité des banques.

______________________________________________
Sources :(1) Les Afriques, (2) BEAC, (3)Cacistes, (4)Maroc-hebdo,(5) COBAC, (6)Le Messager


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12 commentaires:

Hiol a dit…

salut l'analyse est pertinente
je vais rebondir sur un aspect, l'innovation bancaire par rapport à notre contexte économique. Quand on reproche aux européens et américains d'avoir été laxiste face aux innovations nous ici on n'en fait pas du tout. Les banques se contentent de gérer les petits acquis.

Landry N. a dit…

Eh oui, les dépôts a vue ne sont qu'un prétexte pour les banques. Parce qu’en réalité elles voudraient s'enrichir sans prendre de risque. Ce qui est quand même paradoxale puisque normalement les banques s'enrichissent en prenant des risque (risques calculés bien sûr)

A mon avis il faut mettre en place des mesures pour contraindre les banques en faire des prêts. C'est à l'Etat la COBAC et la BEAC de le faire. Nous ne pouvons pas espérer le développement économique si on a un système bancaire inerte.

Notre responsabilité en tant que citoyen c'est de dénoncer les banques et arrêter d'y déposer notre argent tant qu'elles ne sont pas prêtes a jouer leur rôle.

Anonyme a dit…

Je pense qu'il y a un probleme de couverture du risque. je ne sais pas si a cote des banques, il y a des assureurs prets a couvrir les risques pris dans l'octrio des credits. AIG par exemple, aux Etats Unis, est en grande difficulte maintenant, a cause de son role dans la couverture des risques pris par les banques dans les subprimes. le gouvernement americain ne cesse d'y injecter de l'argent, de peur que ce geant ne s'ecroule, et n'entraine les autres avec lui.Bien sur, la couverture du risque ne justifie pas entierement le faible octroi des credits, mais je pense que c'est un critere a prendre en compte dans la discussion.

Armand Ngassa a dit…

Je ne suis pas d'accord avec l'évocation de la couverture du risque comme prétexte. La banque se couvre du risque qu'elle prend dans les taux d'intérêts. Plus le prêt est risqué, plus le taux est élevé; ce surplus d'intérêt étant supposé permettre à la banque de se couvrir auprès justement d'institutions d'assurance-crédit telles que AIG.

Or les taux d'intérêts dans la plupart des pays africains crèvent déjà les plafonds; alors que dans le même temps, les dépôts ne sont pas rémunérés; et que le marché interbancaire est presque nul (les banques, surliquides, n'ont aucun besoin de se refinancer).

Je souscris donc complètement à l'avis de Landry N (lequel des N?) pour qui il s'agit tout simplement d'inertie du côté des banques, et de manque de volonté politique du côté de la tutelle (COBAC, BEAC, gouvernements).

Anonyme a dit…

Je ne suis pas sûr que la seule raison employée par les professionnels de la banque - j'insiste sur le mot professionnel, pour écarter tout journaliste - soit l'excès de dépôts à vue. certains parlent aussi de manque de projets et de directeurs de projets (surtout) dignes de confiance à financer. soi disant que l'environnement économique est vicié par des escrocs qu'on retrouve par ci par là ou des mauvais gestionnaires.
Concernant la transformation des dépôts court terme en crédit long terme, je tenais à vous rappeler que les banques sont toutes soumises aux normes prudentielles de la COBAC, et ces normes fixent un montant de crédit plafond en fonction des capitaux propres qu'une banque puisse faire. donc contrairement à ce que tu penses je suis pas sûr que les banques peuvent se refinancer à l'infini. concernant les crédits long terme je tenais aussi à rappeler que dans les pays développés, c'est le marché financier qui est là pour financer les crédits à long terme pour des raisons de risques mieux répartis (nous ne rentrerons pas dans les détails techniques et parfois un peu trop mathématiques)
je tenais aussi à vous rappeler qu'une banque ne gagne absolument rien en ne collectant que des fonds. la banque fait son chiffre d'affaire sur les crédits principalement. donc une banque ne gagne absolument rien en ne collectant que les fonds.
les prèts interbancaires se font à blanc pour des raisons de rapidité administrative (guaranties implique plein de procédures administratives à passer pour les vérifier les mettre de côté etc) et aussi parce que selon les nouvelles normes prudentielles le risque de faillite des banque est devenu très faible. enfin les prèts interbancaires sont le compartiment de gré à gré du marché monétaire cela veut dire un contrat entre deux banques qui informent la BEAC juste après donc ces banques peuvent s'arranger comme elles veulent demander des guaranties l'une à l'autre ou pas donc le problème de prèt à blanc que tu soulèves n'en est pas un.
la BEAC ne devient prèteur de dernier ressort que si la banque à refinancer à rempli un certains nombre de conditions préalable. ce sont les conditions de refinancement. en fait c'est pour dire que la BEAC ne refinance pas aussi facilement que tu le penses.
Je tiens à signaler avant de conclure que je ne suis employé d'aucune banque et je ne suis non plus lié à aucune. Je me suis juste renseigné comme je pouvais.
je veux conclure que le problème de liquidités des banques c'est un problème de fonds. ne guérissons pas une maladie à ne nous attaquant qu'à ses symptômes, car là il s'agit de symptômes. je suis d'accord que pour avoir un crédit les banque nous font chier mais c'est pas ça le problème à mon avis. notre problème est structurel. c'est un problème de fond. c'est l'organisation de notre économie qui est à repenser.penser de bons projets. redonner des bourses de recherche spécifique aux université parce que quoi qu'on dise c'est le R&D qui fait avancer un pays. penser à une collaboration franche université entreprise....plein de choses sont à repenser

Landry Mendj N.

Winnie Honol a dit…

Je pense également que l'une des raisons de la surliquidité des banques serait due au fait qu'elles sont assises sur des rentes permanentes et assurées (frais de tenue de compte coe composante principale des agios), ce qui ne les obligent pas à prendre de risque pour financer les projets des particuliers et même l'expansion de certaines entreprises.
Le débat sur la supression de ces agios serait une des mesures efficaces prise par les autorités monétaires pour raméner les banques à jouer effectivement leur rôle de distributeur de crédit et partant de bousteur de l'économie nationale.

Africa a dit…

Landry Medj N

J’au lu avec beaucoup d’intérêt votre réaction. Je voudrais tout abord convenir avec vous que nous devons faire attentions aux propos tenus par des journalistes en général, je voudrais aussi nuancer ce propos en attirant votre attention sur le fait que tout les journalistes ne sont pas des profanes.

Il y’en a qui ont fait de hautes études dans la finance, travailler dans le secteur bancaire… bref qui savent de quoi ils parlent jusqu’aux détails. Je proposerai donc qu’on évite les « stéréotyper », et qu’on fasse plutôt la distinction entre journalistes professionnels et journalistes tout court.

Pour être concret, des gens comme Jacques Attali, Paul Krugman, Martin Wolf, Célestin Monga et bien autres, sont des journalistes. Pourtant, ils sont parmi les meilleurs dans leur domaine professionnel.

Pensez-vous que nous devons prendre en compte les propos de l’un des meilleurs économistes Français, du prix Nobel d’économie, de l’économiste le plus lu du Financial Times ou encore du meilleur économiste Camerounais, tout simplement parce qu’ils sont journalistes ?

Je reviendrai sur la suite de votre argumenttion.

Merci,

Anonyme a dit…

pas si faux probleme que ca
les placements court ne peuvent financer que des investissements court au risque de provoquer des desequilibres a l'echeance.
comment peut on raisonablement preter a deux ans un depot a un an?


lorsqu'on analyse la tresorerie de certaines entreprises on constate qu'elles recourent tres souvent aux decouverts et autres facilites de tresoreries et souvent sans trop grandes difficultes tout simplement parceque les fonds disponibles le permettent(depot a court terme)

y'a eu beaucoup d'ecrits scientifiques sur la surliquidite bancaire au cameroun et la pluspart des conclusions sont convergentes sur le fait que cette surliquidite est court termiste.

la vrai question devrait etre de savoir comment augmenter la capacite de financements des etablissements de credit?
et la reponse viendrait alors certainement des excedents de cette fameuse BEAC qui pourraient y puiser pour allouer des credits aux banques specialement destines au financement des investissements long

Arsene Tatieu

Africa a dit…

Arsen,

Je travaille sur un schéma pour essayer de répondre à ta question. Je le publierai bientôt.

Anonyme a dit…

Excusez du peu pour la longueur de ma réaction, mais il y’a des vérités à rétablir dans ce procès des banques.

• Le métier de banquier repose sur la confiance et en fait derrière les dépôts bancaires sont esquissés la confiance que les épargnants font au système bancaire. A mon humble avis si les dépôts bancaires augmentent au fil des années, mais demeurent des dépôts à vue, c‘est la preuve que les épargnants ne font pas confiance au système bancaire dans sa capacité à placer et à optimiser les fonds reçus. Oui les banques ne font pas confiance aux projets qui leurs sont proposés, mais les épargnants eux aussi ne font pas confiance aux banques dans la capacité à bien effectuer leur travail. Par ricochet les épargnants à travers ce comportement ne sont pas optimistes quant à l’avenir dans leur environnement économique immédiat et perpétue ainsi le faible niveau de financement de l’économie camerounaise

• Oui avec des dépôts à vue on ne pourra jamais financer notre économie. Il faut arrêter de prendre les banques pour des boites noires magiques. Des entreprises opaques dont on ne connaît pas le fonctionnement, mais dont on attend qu’elles assument le rôle qui est le leur. Certes elles ont toujours eu pour mission historique de transformer les dépôts courts en des crédits à long terme. Mais cette opération se fait dans des conditions précises et réglementées par les autorités de tutelle. Qu’est ce que la transformation à long terme ? Sans avoir réactualisé mes connaissances, il existe un coefficient de transformation à long terme institué par la COBAC et que doit respecté toutes les banques. Ce coefficient de transformation à long terme comprend au

Numérateur : les fonds propres de la banque + tous les dépôts à plus de cinq ans obtenus par la banque
Dénominateur : les immobilisations corporelles et l’ensemble des emplois (crédits octroyés) à plus de cinq ans

Ce ratio doit être au minimum égal à 50%, ce qui veut dire que le montant maximum de crédit à plus de cinq ans que les banques peuvent accorder est égal au double des fonds disponibles à cinq ans minimum.
Voila donc cette magie là. Alors avec ça allez vous renseignez combien d’opérateurs économique (y compris l’Etat) confie des dépôts à plus de cinq ans à la banque.

• Certes c’est le rôle des banque de financer l’économie, mais il y’a des conditions préalables à réunir. Voyez vous dans un pays ou il n’existe même pas un moyen fiable d’identifier les individus ainsi qu’obtenir leur adresse. Au Cameroun dès qu’un client sort du bureau de son banquier, ce dernier n’a plus aucun moyen de le joindre à part le numéro de téléphone mobile. comment peut on prêter de l’argent à long terme avec confiance dans ces conditions? On a vu dans ce pays des chefs d’entreprise abandonner leurs boites pour s’exiler à l’étranger, laissant le banquier et les salariés dans le doute absolu.

Combien de salariés ont pris des crédits avec la caution de leur employeur et sont par la suite partis sans crier garde laissant les banques face à des employeurs refusant d’assumer leurs responsabilités ?

Pire, lorsque ces affaires sont transmises à l’administration judiciaire, il faut encore allez corrompre les juges pour voir ces dossiers de contentieux aboutir. Comment une banque pourrait prêter à long terme de l’argent qui ne lui appartient quand prévaut ce niveau d’incertitude dans un pays ? est ce qus même vous pourrez accepter que votre chargé d’affaire vous dise que votre épargne a été donné à un entrepreneur de ce genre ? Voila la réponse à la question du financement du développement par les banques au Cameroun.

• « Et même si les dépôts étaient pour la plupart à vue, les clients ne se présenteront pas tous, le même jour, pour vider leurs comptes - enfin, les probabilités sont infimes. En outre, pendant que certains font des retraits, d’autres font des dépôts. »

Excusez du peu c’est être un peu ignorant que d’avancer de telles affirmations sans arguments statistique. L’économétrie est là pour nous donner des réponses à ce type de question : Quelle est la probabilité qu’un dépôt effectué hier par un citoyen de telle catégorie socio-professionnelle soit retirée dans la semaine, dans le mois, dans l’année ? Là encore au Cameroun on ne dispose d’aucunes études précises en la matière. Mais on est prêt à affirmer que les clients ne se présenteront jamais tous à la banque pour retirer leur argent. Est-ce que avant d’avancer de tel affirmations on a pris la peine de voir ce qui est arriver à Northern rock en Angleterre en 2008 ?

• Il faut cesser de se baser sur des théories et affirmer que le fait que les banques soient surliquides, minimise le risque d’assèchement du marché interbancaire. C’est faux et je le dit à haute voix, c’est faux. Qu’est ce qui se passe aujourd’hui au niveau mondial ? les banques centrales de la planète pour faire face à la faillite du système bancaire ont baissé drastiquement leurs taux d’intérêts. Aujourd’hui en Angleterre le taux principal de la banque centrale est égale à 0,5%, en Europe il est de 1,5% et au USA il est en dessous de 1%. Cette baisse des taux n’a pas pour autant relancer le marché inter bancaire. Les banques disposent de grandes disponibilités auprès des banques centrales (donc de liquidité), mais aucune banque n’est prête à faire du crédit à une autre banque parce qu’elle n’arrive pas à mesurer ce type de risque et fait très peu confiance à une contrepartie bancaire.
En réalité pour moi tout est question de confiance dans le système bancaire et économique en général. Tant que les épargnant ne feront pas confiance à leur environnement économique en confiant des dépôts à long terme aux banque, je vois mal les établissements bancaires actuelles au Cameroun (tous des institutions privées) faire du crédit à long terme. Elles sont largement bénéfiques en se contentant des commissions et autres frais multiples sur les comptes des clients.

Merci, je m’arrête là pour l’instant.

Anonyme a dit…

J’apprécie beaucoup ton commentaire Landry Mendj. N. car il met en exergue justement les points qu’Africa a souhaité mettre en discussion. En outre, Africa n’a pas dit que la que la seule raison employée par les professionnels de la banque était l'excès de dépôts à vue. Ce qu’il a dit est que l’argument le plus récurrent dans l’incapacité des banques à financer l’économie est l’exigibilité des dépôts à vue qui constituent la majorité de leur fonds.
Ce qui dans un premier peut sembler vrai du fait que nous ne voyons pas les agents camerounais tel que les ménages et nos petites entreprises investir dans d’autres produits bancaires autres que les comptes bancaires courants. De ce fait, nos banques commerciales deviennent bcp plus des banques strictement « de dépôts » car elles ne collectent que des ressources à court terme.
Cependant, cela devient un faux problème car comme tu l’as fait remarquer c’est un problème structurel, d’organisation, de gestion des opérations et de risques, de moyens financiers, de gestion de rentabilité et de gestion de compétences.
Parce que finalement si on accepte cet argument pour moi c’est considérer que les banques camerounaises sont essentiellement des banques de dépôts. Ce qui je pense n’est pas le cas en tout cas pas de manière statutaire.

Concernant la transformation des dépôts court terme en crédit moyen et long terme, comme nous le savons engendre le risque de transformation : de ne pourvoir faire face à ses engagements à cout terme car les ressources servent à financer les crédits d’échéance plus longue. C’est justement à cause de ce risque que les normes prudentielles et autres réglementations structurelles ont vu le jour.
Pour être plus précis mais sans être exhaustif, il y a en général les règles prudentielles souhaitent limiter trois types de risques.
-Le risque d’illiquidité : risque de ne pouvoir faire face aux engagements à court terme. C’est justement celui-ci qui est pointé par Africa.
-Le risque de contrepartie : le défaut des emprunteurs de la banque. D’où le problème de bancabilité des projets c’est– à-dire le projet doit respecter des conditions bancaires (rentabilité etc…) pour pouvoir être financé.
- le risque de marché : il est relatif aux opérations de marché effectuées par les banques.

Pour gérer ses différents risques, les normes prudentielles exigent le respect de ratios liés aux différents risques : Le coefficient de liquidité, le coefficient de fonds propres, ratio de MCdonoucgh etc….
Ces coefficients diffèrent selon les pays, cependant il me semble que la COBAC soit déjà passé aux normes internationales.
Les normes prudentielles ne fixent pas le montant de crédit plafond. Elles exigent un certain montant de fonds propres pour une opération donnée pour maintenir la sécurité et diminuer le risque sur les pertes de créances etc... Donc, c’est par rapport à la capacité de la banque de réunir d’important fonds propres qu’elle peut gérer un certain montant de crédit ou accéder à la profession.

Donc notre problème pour pouvoir financer l’économie, reste entre autres l’innovation bancaire et l’organisation de notre système bancaire (tout en respectant une certaine qualité de risque pris, une bonne gestion des risques du contrôle interne etc..)
Juste en passant, Je viens de me rendre compte (grâce a toi Landry, merci) . Que CitiBank Cameroun a un capital inferieur à celui d’Afriland First Bank ou Amity Bank ).Donc quelque part, nos petites banques africaines ne sont pas si petites que ça dans le spectre bancaire camerounais.

Si les AUTRES y sont arrivés nous aussi ON PEUT LE FAIRE (YES WE CAN)


Concernant les crédits à long terme, Je suis d’accord avec toi que le marché financier aide beaucoup dans le financement de ces crédits et limite justement la transformation, donc de fait le risque de transformation.
Il faut toutefois souligner, que dans les pays développés, il n’ya pas que le marché financier qui finance les crédits long terme nous avons encore nos banques commerciales, banque mutualiste et coopératives, institutions financières étatiques etc…
Elles ne sont pas toutes transformées en établissement financiers ou en fonds de placement... donc notre marché interbancaire fonctionne encore et font encore des opérations de finance directe. Mais la n’est la problématique
La problématique c’est comment ne pas accepter le prétexte que les pas développés eux ils y arrivent car le système financier finance les crédits à long terme, pour ne pas vois nos banques financer les crédits à long terme.

Mais n’oublions pas qu’avant le marché financier, les banques des pays développés finançaient les crédits à long terme. Bien que, la masse monétaire n’avait pas une aussi grande envergure, le système de crédit était orienté etc.. et surtout le plus grand handicap était l’épargne. Mais au mois il ya avait financement de projets. La déspécialisation c’était bien pour donner aux banques la capacité de mieux gérer la transformation bancaire pour mieux financer l’économie. .Et c’est la que vient l’innovation bancaire justement pour nous aider. L’innovation bancaire agissant pour financer l’investissement par de l’épargne stable plutôt que de création monétaire (transformation).

Par contre, je suis sure d’une chose Africa, nous n’apprenons pas à nos banques les moyens de financement car elles connaissent ou trouver les ressources (enfin j’espère). Mais je pense ce que nous faisons remarquer à nos banques c’est comment de petites entreprise tel que celle de Jacques Attali gèrent le risque pour pouvoir financer des projets dit « impossible à financer ».
En passant, la BEAC est championne pour les projets micro finance (quand on connaît ca, on se demande où est le piège)

Concernant les prêts interbancaires, Africa n’a pas dit que c’était un problème. Il dit justement qu’il est souhaitable que ce marché interbancaire soit plus dynamique. Et on se doute bien qu’il ya des conditions, mais les banques devraient mieux gérer leurs opérations pour pouvoir se faire octroyer des fonds.
De plus, penses tu vraiment qu’on peut laisser une banque tomber en faillite aussi facilement ?

Je suis d’accord avec toi, le problème des banques est structurel c’est d’ailleurs ce que pointe Africa car sinon comment ferait des petites entreprises comme celle de Jacques Attali pour financer des projets qui soit disant ne sont pas de « bons projets ».
Si nous ne nous attaquons pas aux raisons avancées pour ne pas financer notre économie, nous n’arriverons pas à nous DEVELOPPER.
Il n’y a pas de bons projets ? Il serait tant que l’innovation bancaire, la réglementation, s’adaptent à son environnement et changent les mauvais projets en BON projets.

Sinon, Grand OUI aux bourses, aux collaborations!

Becky , T.

Anonyme a dit…

y'a un intervenant qui nous a fait un tres bel expose en mettant en exergue la crise de confiance
nous avons pour la pluspart oublie la faillite du systeme bancaire camerounais entre la fin des annees 80 et le debut des annees 90. cet evenement est encore present dans beaucoup d'esprit qui ne ferons pas de si tot reconfiance a notre systeme bancaire
il faut donc recreer la confiance, developper des produits financiers attractifs pour inciter les individus a faire des placements
favoriser l'emergence de compagnie d'assurances garantissant les risques specifiques lies au placements etc.. tout ceci encadre par un marche financier bien regule qui permettra au banques de trouver des debouches pour leurs depots
c'est vrai que l'on va la deja au dela du marche bancaire pour atterir dans la finance mais cela est necessaire pour permettre aux banques d'innover

Arsene Tatieu

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