mercredi 25 mars 2009

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12 1998-2008 : Une Décennie Manquée


Par Paristocrate:
De nombreuses hypothèses ont été soulevées pour justifier la surliquidité des banques Camerounaises. Notre démarche consiste donc à débattre chacune d’elles et à retenir celles qui nous semblent valables. Je voudrais continuer ici avec la question des dépôts à vue.

La semaine dernière, nous avons abordé deux des hypothèses relatives à la surliquidité des banques, notamment la prépondérance des dépôts à vue et la « bancabilite » des projets. A lire les réactions, il est clair que nous sommes tous en accord sur le fait que, la « bancabilite » des projets n’est pas une cause première de la surliquidité. Par contre, certains continuent de penser que, les dépôts à vue en sont une.

Comment peut-on prêter à long terme si la plupart des dépôts sont à court terme ? Ceux qui se posent cette question, veulent en d’autres termes dire que pour eux, il est presque impossible de prêter à long terme si les dépôts sont à court terme. Une telle affirmation remet en cause le métier des banques qui est : d’emprunter à court-terme, et de prêter à long-terme

Prenons un exemple pour être concret. Si nous avons un client qui dépose 100 FCFA et un autre qui retire 90FCFA, à cet instant précis, la banque dispose de 10FCFA qu’elle peut investir. Si on suppose que la situation se répète le lendemain, la banque pourra encore investir 10FCFA. Qu’est-ce-que ca veut dire ? Ca veut dire que, si on sait que les dépôts seront supérieurs aux retraits pendant dix ans, alors on peut investir l’excédent sur un terme de dix ans.

Sur la base de cet exemple certains peuvent se demander : que se passera-t-il si les retraits sont supérieurs aux dépôts ? La réponse à cette question peut se faire en deux volets :
1. Si les retraits sont TEMPORAIREMENT supérieurs aux dépôts, la banque à de nombreuses options pour pallier à cette situation (voir Schéma)
2. Si cette situation est PERMANENTE, alors la banque n’est pas viable, les autorités de surveillance doivent s’assurer en tout temps, que son passif permet de couvrir son actif (au moins en ce qui concerne les dépôts des clients).

Vu que nous sommes en situation de surliquidité permanente, aucun des deux volets ci-dessus n’est donc à craindre : les banques peuvent donc prêter l’excédent de liquidité aussi longtemps que cette situation de surliquidité durera.

On remarque une chose, tant que la situation où les dépôts sont supérieurs aux retraits dure, le non remboursement des prêts que la banque a octroyés, ne peut pas causer un risque d’illiquidité à court terme: puisqu’on sait que les dépôts permettent de couvrir les retraits. On remarque aussi que les dépôts sont une variable de Bernoulli, on peut donc estimer plus ou moins exactement le nombre de fois où les dépôts seront supérieurs aux retraits sur une période donnée, et constituer des stocks de sécurité optimum.

Le véritable challenge consistera : Pour les banques, a estimer avec précision le nombre de période que durera la surliquidité. Et pour les autorités de régulation, à créer un marché financier fluide et efficace, pour atténuer les chocs d’illiquidité temporaires.
Pour ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi les dépôts à vue ne sont pas la cause de la surliquidité des banques, je vous propose le schéma ci-après:


1. Situation actuelle : Les dépôts sont supérieurs aux retraits (Vert>Rouge)

 Tant que les dépôts à vue sont supérieurs aux retraits, la surliquidité va continuer de croître et le risque d’illiquidité à court-terme va tendre vers « zéro »: Dans ce contexte, les banques n’ont pas de problèmes de liquidités, elles peuvent investir l’excédent pour aussi longtemps que cette situation durera.


2. Situation souhaitée : les banques prêtent sur le long terme les fonds détenus en surliquidité. (Vert>Rouge)

 Jusqu'à ce niveau la banque n’a toujours pas de problèmes car comme on sait les dépôts à vue (en vert) sont suffisants pour faire face aux retraits (en rouge)


3. Situation indésirable 1 : Les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts (Vert+Blanc=Rouge)




 On voit que les dépôts ont diminué et les retraits ont augmenté, mais la banque s’est servie de son stock de sécurité pour faire face à cette situation.


4. Situation indésirable 2 : Les dépôts son supérieurs aux retraits et la banque à épuisées son stock de sécurité (Vert+Blanc=Rouge)



 Quand les dépôts sont supérieurs aux retraits, et que la banque a épuisé son stock de sécurité, elle peut toujours faire recours au marché interbancaire pour faire face à ce problème de liquidité temporaire.
5. Situation indésirable 3 : Les retraits sont supérieurs aux dépôts, le stock de sécurité est épuisé, le marché interbancaire est incapable de fournir la liquidité :


 Dans ce cas de figure, la banque peut faire recours à la BEAC (Vert+Blanc=Rouge)

6. Situation 4 : Les dépôts sont à nouveau supérieurs aux retraits



 La banque se sert des excédents pour rembourser les emprunts faits auprès de la BEAC ou sur le marché interbancaire. Ainsi de suite, le cycle continu.

A ce niveau, vous devez certainement vous poser la question magique : où est passée la case jaune que nous avions au départ ? La réponse c’est qu’elle est en train de développer notre économie à travers des prêts à long terme.

Que pouvons-nous conclure?
1.
Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, on peut utiliser les dépôts à vue pour faire des prêts à long terme.
2. Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, le non remboursement des prêts, ne pose pas de risque d’illiquidité à court terme.
3. Si les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts, la banque peut faire successivement appel à trois ressources : son stock de sécurité, le marche interbancaire, la BEAC.
4. Une banque où les retraits sont permanemment supérieurs aux dépôts, est une banque qui n’existe pas, ou qui n’existera plus.

Au Cameroun, la surliquidité des banques dure depuis plus de dix ans. Malgré que les dépôts soient à vue, les banques depuis dix ans ont eu la capacité de financer notre économie. Ca n’a pas été le cas et nous avons manqué l’opportunité de la décennie 1998-2008. Au regard de l’avenir, je ne peux que me poser une question, allons nous manquer l’opportunité que nous offre la décennie à venir ?
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12 commentaires:

Bertrand DEPANYOU a dit…

Les dépôts à vue mis à nue ! Merci pour la clarté de votre article.
Comment les banques ont elles réussi à nous faire croire pendant plus de dix ans que les dépôts à vue étaient un problème. Le gouvernement et la BEAC n’ont-ils pas été capables d’élaborer un tel raisonnement ? L’article le démontre clairement et simplement, les dépôts à vue ne sont pas le problème, ce qui veut dire que pendant des années on a passé le temps à essayer de traiter les symptômes de la surliquidité et non les causes.
Moi je me pose plutôt la question de savoir quel avenir pour notre système financier, si nos dirigeants ne sont déjà pas capables de faire un diagnostic précis de la situation?
Merci !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Landry N a dit…

Bon Travail Arica,
Vous avez mis en exergue le problème non existent des dépôts a vue. La question maintenant est de savoir, est-ce que nos dirigeants vous écouterons ? Est-ce les banques sont prêtes à essayer ?est-ce la BEAC va enfin jouer sont rôle ? Vu que vous êtes en train d’aborder les hypothèses de la surliquidité, ce serait intéressant est de savoir ce que vous pensez de la question des Risques.

A bientôt et au plaisir de vous lire.

Anonyme a dit…

Bel article Africa
seulement les 10 f que tu mentiones obtenu par application d'un coefficient de reserve permettent de faire face a un eventuel remboursement et non a etre prete si je puis m'exprimer ainsi.
pose toi la question de savoir puisque qu'on parle depot a vue ce qui ce passerait si le client qui a depose 100f revient le lendemain retirer son argent(il en a le droit)
c'est la somme des fonds obtenu par application de notre coefficient de reserve collectees sur d'autres depots qui permetront de le satisfaire.

Nos banques commerciales ont deja sur elle de financer les entreprises existantes et parfois pour des montant tres eleves rien qu'en terme de facilite de caisse
pensez-vous sincerement qu'elles aient encore une marge de manoeuvre pour soutenir les projets neufs dont le risque encouru est encore plus eleve?
faudrait plutot developper chez nous des banques dite d'affaire qui sont outille pour ce genre de choses ou alors que les banques existantes sous la pression de l'Etat integre ce metier dans leur activite.

Arsene Tatieu

Africa a dit…

Arsèn,

Les remboursements se font avec les dépôts des autres clients. Que se passera-t-il si le client qui a déposé 100FCFA revient les chercher? Il se passera que pendant qu'un client fait un retrait, un autre fait un dépôt.

Et vu que nous sommes en situation de surliquidité PERMANENTE, nous avons l'assurance qu’à long-terme, les dépôts seront supérieurs aux retraits. En d'autres termes, ca veut dire que en moyenne quand un client retire 100FCFA, un autre dépose 200FCFA (ca c'est en moyenne)

Oui je suis d'accord les banques ont financé déjà certaines entreprises, très souvent en terme de facilite de caisse. Et oui, je pense qu'elles ont une marge de manœuvre pour financer des projets neufs: je tiens pour preuve, le montant des réserves libres auprès de la BEAC qui atteint des plafonds. Et malgré cela, les banques continuent d'être en surliquidité permanente.

Les banques d'investissement c'est une bonne idée, que j’aimerai aborder très prochainement quand nous discuterons de la problématique du risque. Mais, je voudrais avant, dire ceci : une banque commerciale n'est pas vouée à demeurer une banque commerciale, si l'environnement demande un changement il faut CHANGER. C’est ca que j'appelle l'innovation: Récemment aux Etats-Unis, toutes les grandes banques d'investissement ont décidé de jouer également le rôle de banque commerciale pour s'adapter aux conditions de l'environnement. Pourquoi est-ce que, nos banques ne prendraient pas la décision inverse pour s’adapter?

Merci et bonne fin d’après-midi.

Hervé Lado a dit…

Limpides comme développements mais...
Que dire de l'environnement des affaires, et de sa conséquence naturelle qui est que le système de garanties ne fonctionne plus correctement ?

N'oublions pas que le système bancaire camerounais, bien qu'assaini aujourd'hui, ne s'est pas encore remis du désastre des années 90 quand il a fallu que les pauvres épargnants constatent à leurs dépends que leurs économies n'étaient pas si protégées que cela. Les banques avaient pris des risques soutenus par des garanties (hypothèques de titres fonciers p.ex.) que le contexte social, le contexte de crise éco et de corruption avaient rendu inopérantes. Des emprunteurs avaient cessé de rembourser leurs dettes, les banques n'avaient pu recouvrer les prêts, et le système bancaire s'est écroulé comme un chateau de cartes. Il a fallu rebâtir pièce par pièce notre chateau bancaire, COBAC et privatisations aidant, pour qu'il retrouve la bonne mine qu'il présente aujourd'hui.

Aujourd'hui, le contexte social, institutionnel et politique de ce pays n'est pas encore suffisamment solide pour donner lieu à des garanties fiables. Il présente encore de graves failles que les banquiers interpètent comme des risques démesurés.

Pour qu'il y ait des garanties fiables, il faut par exemple sur le plan immobilier un système cadastral organisé de telle sorte qu'un titre foncier délivré par l'autorité publique soit inattaquable (ce qui n'est pas encore le cas); il faut en cas de différends et saisies pouvoir compter sur un système judiciaire qui rend justice à la satisfaction des parties et qui inspire ainsi confiance (ce qui n'est pas encore le cas, d'où le programme de bonne gouvernance du PNUD et d'autres appuis de divers bailleurs de fonds).

A défaut d'un de ces élements et d'autres, on pourra toujours saliver devant les excédents de liquidités bancaires, aucun banquier rationnel qui tient à sa place et à sa banque ne prêtera, si c'est juste pour se "déliquidifier".

La banque vit de la rémunération des prêts qu'elle accorde à l'économie. Ne pas prêter constitue pour elle un coût important qu'elle ne saurait se permettre de supporter durablement si elle a le choix. Si elle considère qu'elle n'a pas le choix du fait par exemple du contexte décrit plus haut, elle préfèrera entreposer ses liquidités à la banque centrale quitte à payer des intérêts à la BC.

Cet argumentaire n'est en rien idéologique. Le métier de la banque est un métier par essence basé sur la confiance. Quand la confiance fait défaut, cela se traduit par des dysfonctionnements et des absurdités que tout le monde regrette.

HL

Anonyme a dit…

Ton analyse est très logique mais pas forcément vraie. Quelle est la preuve que si les banques sont en surliquidités c'est forcément à cause de la prépondérance des dépôts à vue. je dis pas que tu as tort ou raison je dis juste qu'on a pas assez d'élément pour critiquer. On a pas les états financiers de ses banques, les détails sur leurs stratégies et autres. Tu vas me dire sûrement que les bilans que les banques publient sont suffisants moi je te dirai pas forcément. Y'a pas assez de chiffre selon moi. C'est un peu comme une entreprise qui fait des bénéfices mais qui est en cessation de paiement (pour cause de trésorerie zéro). Avec le compte de résultat uniquement tu ne pourras pas aisément déceler la cessation de paiement mais avec tous les détails tu le pourras. C'est la même chose pour les banques il n'ya pas assez de chiffres pour analyser.

Landry Mendj

Anonyme a dit…

Je voudrais ajouter ceci, prenons un peu de recul. Les banques font leurs chiffres à partir de quoi : le crédit. Donc c'est le crédit qui leur donne de l'argent. Et en plus sur le marché de change il est interdit aux banques de la zone CEMAC de prendre des positions de change à partir de rien. c'est à dire qu'il leur est interdit de parier sur le marché des devises. Donc il reste aux banques le crédit et quelques maigres taux d'agios pour faire leur chiffre. Franchement sachant cela pourquoi est ce que toutes les banques s'obstinent à ne pas faire de crédit? Allons jusqu'au fond du problème d'abord avant de critiquer. On peut accuser une personne d'être folle mais pas tout un peuple d'être fou. Comment est ce que des agents censés être rationels "s'obstinent" presque à ne pas faire de chiffres. Les dépôts à vue c'est de l'argent qu'on garde comme ça et qui ne produit rien. Ne venez pas me parlez des agios. Moi je vous répondrai qu'il faut de l'argent pour payer tous les gros salaires des "gros cadres". Qu'est ce qui cloche donc posons nous cette question?? comment tout un peuple peut t'il être atteint de folie??
la réponse à cela se trouve justement dans des chiffres qu'on a pas. Je ne défend aucune banque mais je trouve juste bizzare que plus de 20 grands gestionnaires (les DG) se "trompent" de chemin. il y'a anguille sous roche

Landry Mendj

Africa a dit…

Landry,

Vous trouverez la réponse à vos questions en visitant le lien suivant:
http://www.beac.int/index.html

Ensuite à votre gauche, suivez le chemin suivant : FCFA-Statiques- Statistiques du Marché Monétaires et du crédit- Agrégats de monnaie et de refinancement.

Bonne lecture et à bientôt.

Martial a dit…

Bonjour, et merci pour cette riche analyse..
j'aimerais tout de même rebondir sur quelques principaux points, à savoir les raisons de la surliquidité des banques, et l'estimation de l'évolution des dépôts, notamment.
Je pense pour ma part que les raisons de la surliquidité des banque ne sont pas à chercher dans la nature des dépôts (à vue ou à terme), mais surtout dans la capacité des banques à distribués des bons crédits (primes et non subprimes) et à la capacités des entreprises de notre environnement à mériter ce crédit.. en réalité, on ne finance pas pour financer, sinon ce serait simple, la banque n'aurait qu'à distribuer toute ces liquidités excédentaires à ttes ces entreprises qui sombrent dans la pauvreté! mais seulement, avant d'octroyer un crédit, il ya tout un calcul d'évaluation du risque crédit, une analyse financière approfondie de la situation financière et non financière de l'entreprise au moment où elle sollicite le crédit, une évaluation puis une notation de l'entreprise dans une grille de scoring ou de rating, pour s'assurer entre guillemets que l'entreprise présente des capacités à rembourser le crédit à échéance..
c'est ce qui explique le fait que, le tissu économique camerounais étant constitué en majorité par les PME, (qui n'ont pas d'organisation permettant de contenir une structure financière viable à long terme), ne comporte pas assez d'entreprises elligibles pour accéder au crédit proposé par les banques, et les banques elles meme ne font aucun effort (de conseil et d'assistance)pour encourager les entreprises à se battre pour mieux se présenter au banquier: elles se contentent, vu que le marché est peu concurrentiel pour l'instant, à octroyer des crédits sur aux entreprises de grande taille comme mtn, ou bien aux particuliers dont le schéma d'analyse crédit est classique et factice (trois mois de bulletin, avis de virement irrévocable, etc.) pour ne pas trop se casser la tête. pour conclure cette première partie, je dirais que la surliquidité est due à la frilosité des banques, et aux carences de l'environnement en termes d'effectif d'entreprises elligibles au crédit, entre autres.
quant à l'évolution des dépôts dans un contexte, je pense qu'il serait un peu hâtif de déclarer qu'ils suivent une loi de bernoulli, parce qu'en réalité lorsqu'on veut faire de prévisions il ya non seulement la base du passé, des projections faites en fonction des facteurs d'actualité et de la tendance conjoncturelle, mais aussi de la situation prévisionnelle des clients que l'on connait, vu que c'est pas en général de nouveaux clients qui font ces dépôts; si c'etait le cas, on pourrait tenir compte des prévisions d'ouverture de compte, etc.
bref, il faut aller beaucoup plus loin que ça dans les analyses du comportement des banquiers..
Très bonne fin de soirée à tous et à toutes

Martial, MBF2

Thierry a dit…

Très bonne tentative d'analyse de la problématique de la surliquidité des banques au cameroun. Je pense que cette surliquidité devrait plus être analysé comme problème d'outils de modélisation économique que coe un refus de la part des banques de financer l'économie.

D'une part les banques ont des limites dans leur création monétaire, cette limite est fixé par le coefficient de transformation bancaire, qui fait le lien entre le volume des dépôts à terme (et par ricochet des dépôts à vue) et celui du montant des crédit qu'une banque peut octroyer. Donc de ce point de vue un excès de dépôt à vue conduira donc à une limite en terme de crédit octroyé et donc à une surliquidité apparente.

Ensuite il est facile de faire un exemple en disant que si 100 f sont déposés aujourd'hui, les épargnants ne viendront retirer que 90f le lendemain. Ils peuvent venir retirer moins comme ils peuvent retirer la totalité des 100 f. Dans les pays développés des tests statistiques sont effectués pour savoir quelle proportion des dépôts fera l'objet d'un retrait en cas de crise sévère. Il s'agit déja là de fonction économétrique. semblable à la fonction de consommation que les économistes classiques ont introduit dans l'économie. Il s'agit ici d'avoir une fonction pouvant prédire le niveau de retrait dans les banques. Alors au cameroun, comment le régulateur pourrait t'il autoriser les banques à faire du crédit avec des fonds qui n'ont été confiés que pour des durées très courtes. Bien sûr les banques transforment les dépôts court terme en financement à long terme. Mais il y'a des limites,sinon l'économie va en souffrir durablement.

Pour mieux comprendre la situation au niveau des banques, il faudrait savoir que les dépôts à vue sont rémunérés et que les banques ne tirent pas toujours avantages à être en surliquidité. Tout au contraire vous êtes vous déja posé la question de savoir pourquoi les grandes banques n'autorisent plus l'ouverture d'un compte d'épargne seul? Un compte d'épargne ne peut être ouvert que si vous ouvrez un compte de chèque (qui lui est non rémunéré et soumis à des frais mensuels). Donc arrêtons de croire que les banques tirent toujours profit de cet excès de dépôts à vue dans l'économie.
Une solution consisterait à voir le problème dans le long terme, en se demandant plutôt comment redonner confiance à notre système bancaire? si les dépôts sont aujourd'hui en majorité à court terme, c'est parce que les opérateurs économiques ne font pas confiances à ces institutions qui 15 ans plutôt ont complètement engloutis leurs épargnes. L'Etat pourrait par exemple garantir à tous les détenteurs de compte bancaires qu'un montant maximum de 1 000 000 F CFA leur sera remboursé en cas de défaillance d'une banque. Les épargnants seraient déja rassurés de confier 1 million à long terme à leurs banques.

Thierry TABEKO

Georges MANI a dit…

Messieurs de la finance,

l'article d'AFRICA est simple, clair et précis sur la comprehension du mécanisme du dépôt à vue et sur son incidence dans le phénomène de surliquidité des banques au Cameroun. Je crois qu'il y'a très peu de contestation sur la démonstration faite par Africa :le mécanisme de dépôt à vue n'empêche pas les banques camerounaises surliquides d'effectuer des prêts à long terme. ça, en tant que non spécialiste, c'est ce que j'ai retenu.

Par ailleurs, j'ai lu avec beaucoup d'attention le commentaire de Hervé Lado. J'ai trouvé son approche très édiffiante et un début d'explication à ma préoccupation : " si les banques sont surliquides, que font elle donc du plus que liquide?" Hervé a utilisé un langage très diplomatique que moi je comprends comme ceci : au Cameroun, pour l'instant, rien n'est formel! Même l'Etat dans ses pratiques quotidiennes, évolue dans l'informel le plus absolu! dès lors, il devient très risqué d'engager des prêts, sans "certitude de garantie". beaucoup de grandes microfinances sont en redressement cobac aujourd'hui (Cofinest, first trust...) d'autres ont évité la faillite par le rachat (Amity bank par banque atlentique) tout ca, faut se demander pourquoi. Heureusement que l'assainissement du secteur bancaire porte ses fruits aujourd'hui et permet même à d'autres de croire en des chances de succès et venir investir (cas de UBA et Banque atlentique). Ne les faisons pas fuir avec nos mauvaises habitudes de cacher la vérité, la véracité des infos comptables et financières... Le challenge est grand mes chers amis, notre credibilité en tant qu'intellectuels est remise en cause, surtout quand la lumière ne vient pas forcément de ceux qui nous gouverne.

Georges MANI.

Anonyme a dit…

Africa ce que tu dit en ce qui concerne les 200 est valable pour les transactions courantes.
lorsqu'on parle de credit c'est une logique qui s'applique
je peux avoir des sous en banque et demander en meme temps un credit cela ne m'empechera pas de revenir le lendemain puiser dans mon compte courant. j'espere que tu saisi ce que je veux dire
lorsque parle de credit la banque doit puiser dans des ressources durable et je precise qu'un compte a terme peut avoir une duree de 6 mois. ainsi la banque est sure qu'elle dispose de cet argent a 6 mois et peut ainsi prendre le risque de le preter a 1 an sachant qu'elle a une marge de manoeuvre pour reconstituer les fonds a 6 mois
c'est comme ca que je comprend transformer les ressources a court terme (et non a vue) a credit a long terme

Arsene Tatieu

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