vendredi 27 février 2009

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5 Que êtes-vous ?



















À la suite de notre article sur le conditionnement, un de nos lecteurs, Sabin BETEBE, a fait un commentaire par rapport à l’empirisme dans les sciences: Lire!.

De prime à bord, cela peut sembler pertinent, mais une analyse profonde d’une telle déclaration montre qu’il ne s’agit que d’un sophisme ou encore un argument à logique fallacieuse. Pour le comprendre, je voudrais commencer par définir empirisme et hypothèse.

L’empirisme est un courant de pensée philosophique qui soutient que la connaissance ne peut s’acquérir qu’au travers de l’observation et de l’expérimentation. En d’autres termes on ne connait que ce que l’on a vu ou expérimenté. Une hypothèse est une proposition que l’on a énoncée, mais à laquelle on n’a attribué aucun jugement de valeur.

Sur cette base, faire la déclaration selon laquelle : « En effet, il est difficile en marketing en particulier et en science en général, d'émettre des conclusions sans toutefois avoir vérifié la véracité de ses hypothèses » peut sembler juste. Le seul problème, c’est qu’une hypothèse en est une parce qu’elle n’est pas vérifiée, et du moment ou elle le deviendra, elle cessera d’être une hypothèse, mais un principe scientifique ou encore une « vérité contextuelle ».

Pour ce qui est de l’empirisme, dire qu’une déclaration « ne relève pas de l’empirique mais de la théorie », c’est faire une claire séparation entre empirisme et théorie. Seulement, il faudrait savoir qu’il n’y a pas d’empirisme sans théorie. En d’autres termes, les théories d’aujourd’hui sont les empirismes de demain. Et plus encore, la théorie est bien plus importante que l’empirisme. D’ailleurs, Einstein le plus grand scientifique de tous les temps l'a dit si bien : « L’imagination est plus importante que le savoir »(1).

Quant à l’unicité de l’empirisme comme méthode scientifique, l’empirisme n’est qu’une source de connaissance à posteriori, car on ne connait qu’après expérimentation. Toutefois, la connaissance peut aussi s’obtenir à priori et dans ce cas de figure, cela ne requiert pas d’expérimentation et ne peut donc constituer une méthode empirique. Par exemple, le rationalisme et la méthode cartésienne s’appuient essentiellement sur le raisonnement pour arriver à la vérité. En outre, c’est la méthode privilégiée par les sciences mathématiques.
Donc, il serait assez dogmatique de prôner l’empirisme comme unique méthode scientifique, car même John Locke son instigateur ne l’a pas reconnue comme telle.
Plus encore, l’empirisme nous parle du présent au regard du passé, mais ne peut pas nous parler de l’avenir ni au regard du passé, ni au regard du présent. L’empirisme n’est donc pas la méthode scientifique pour les sciences prospectives.

Ce que je constate au final, c’est qu’il est empiriquement vrai que beaucoup de gens parlent éloquemment de ce qu’ils ne savent pas, mais il est aussi rationnellement vrai qu’ils ne parlent que de ce qu’ils savent. Le résultat est que, les sophistes se sont faits maîtres des sciences, et les aveugles conduisent désormais les voyants. Toutefois, la question demeure: Que êtes-vous ? un empiriste ou un rationaliste?

___________________________________________________
(1) Einstein, A., Comment je vois le monde
Descartes, R., Le discours de la méthode Aristote, L’art de la rhétorique
Kant, E., Critique de la raison pure


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5 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est vrai les aveugles conduisent des voyants. Combien de professeurs sont capables de parler de la méthode scientifique? Combien en parlent ou en font prévenance dans l'évaluation du travail des étudiants? Autant de questions dont les réponses ne sont pas les plus satisfaisantes.

Voila un problème qu'il faudrait placer au cœur du débat dans les universités et écoles Africaines, car il faut le dire, il n'y a pas de science sans méthode. La science n'est pas un jeu de tâtonnements, mais de certitudes.

Les étudiants ont aussi leur rôle à jouer, ce n'est pas parce qu'on a un maitres incompétent qu'on doit être incompétent. La curiosité est une qualité sine qua none à la réussite dans le domaine scientifique.

Pour répondre a la question Que êtes-vous, moi je suis un rationaliste quant il s'agit des sciences mathématiques, et un empiriste quant il s'agit des sciences sociales.

Martin IROUME

Anonyme a dit…

Africa, juste souligner qu'il faut restituer les ecrits de Sabin dans leur contexte.
Lorsqu'on parle de theorie je crois que cela renvoie a ce que les auteurs ont dit dans les livres de reference(Dubois et Cie)
en effet la pluspart de auteurs ont dit par le passe que le "conditionnement servait a facilite l'acces au produit par les conmateurs"
mais la realite empirique(l'empirisme relavant de la sommes des experiences constatees sur le terrain) c'est laquelle?
on se rend bien compte que le conditionnment est bel et bien utilise comme appat pour attirer le consomateur vers le produit.
je crois donc que c'est dans ce contexte que son propos se situe.

concernant le rationalisme, l'empirisme et consort ce sont juste des methodes de validation d'hypothese/proposition. chacun ainsi dans ces travaux de recherche(Maitrise,DEA,Doctorat) choisi celle qui lui semble la meilleur pour la validation ou non de ses hypotheses de travail

je comprend qu'il ait ete un peu rude avec toi mais bon il n'a fait que dire ce qu'il pensait sur l'approche methodologique de l'article qui somme toute est tres bien ficele.

Big up a toi Africa et continue
de nous servir des articles aussi interressant

Arsen T.

Sabin BETEBE a dit…

« … il est empiriquement vrai que beaucoup de gens parlent éloquemment de ce qu’ils ne savent pas, mais il est aussi rationnellement vrai qu’ils ne parlent que de ce qu’ils savent…»

Ce qui est grave dans la recherche scientifique, c’est de ne pas admettre les réalités suivantes :

1. Les déclarations faites sont relatives à leur contexte. Dans cette logique, ce qui est vérifié en Turquie ne l’est forcément pas au Botswana… Ce qui a été démontré en mathématiques (science exacte) ne l’est pas tacitement en marketing (science humaine, sociale et de gestion)… Sachons donc resituer les choses dans leur contexte (Arsène T. l'a d'ailleurs si bien rappelé). Il n'ya donc ni d'éloquence ni de rationnalité dans l'ignorance, sauf si cela s'appliquerait à l'auteur lui-même...

2. La quête du savoir ne doit en aucun cas s’éloigner de l’humilité de reconnaître que ce qui est grave, ce n’est pas de tomber, mais de ne pas se relever après une chute. Et le rôle de la critique dans ce cas, est de construire, d’où son rôle constructif. Si cela n’est pas admis ainsi, elle nous met sur la défensive et nuit gravement à notre humilité.

Cher Africa, je loue l’imagination et la soif de recherche qui règnent en vous, mais je ne saurais laisser vos articles être publiés sans toutefois y porter une touche de critique constructive.
A bientôt !

Sabin BETEBE
Ingénieur Commercial
Promotion Protais AYANGMA (2001 – 2006)
UCAC - ICY

Anonyme a dit…

Sabin,

Je crois que l’humilité aurais du commencer par vous, car en lisant vos échanges, je pense ce qui a pu choquer ce n’est pas ce que vous dites, mais le ton avec lequel du vous le faite. En plus, je me suis rendu compte que tous les articles sur ce blog sont bel et bien signés (Africa) et la plupart du temps les sources sont indiquées au bas (ce qui est RARE sur les blogs). Vous comprenez donc qu’Africa peut être choqué que vous fassiez des critiques sans avoir pris la peine de chercher.

Ensuite un blog, n’est pas un journal scientifique, c’est déjà une bonne chose que l’auteur partage gratuitement ses idées avec nous, mais lui demander de présenter chacune de ses sources, ce serait comme on dit : vouloir le beurre, l’argent du beurre, le lait de la fermier, et la fermier elle-même. Il a dit ce qu’il dit, a vous d’aller vérifier.

Arsene T a dit qu’il faut remettre les choses dans leur contexte, mais il a aussi dit que vous aviez été rude (Ce que je pense également). Puisque vous vous appuyer sur les propos d’Arsène pou rebondir, je me serais attendu à ce que vous commenciez par vous excusez de votre attitude, et faire ainsi preuve d’humilité que vous semble attendre des autres.

Enfin, j’apprécie votre analyse critique (qui a suscite ce beau débat sur la méthode science), mais comme on dit toujours, soyez doublement prudent lorsque vous faites de la critique. Je voudrais vous suggérer de relire l’article sur la méthode Scientifique, car il me semble que vous n’avez cerné sa subtilité. J’en veux pour preuve la déclaration que vous faites dans votre dernier commentaire : « Dans cette logique, ce qui est vérifié en Turquie ne l’est forcément pas au Botswana… Ce qui a été démontré en mathématiques (science exacte) ne l’est pas tacitement en marketing (science humaine, sociale et de gestion) » cette déclaration doit être réexaminée, car la particularité de la science c’est sont caractères universel et reproductif, sa capacité à reproduire les mêmes effets dans les même conditions. En plus vous qui prônez l’empirisme, vous détruisez votre argumentation en séparant mathématique et marketing (un peu comme vous l’avez fait avec théorie et empirisme), car empiriquement, le marketing (et autres sciences sociales) n’aurait pas existe s’il n’y avait pas les mathématiques (plus précisément les sciences statistiques) : c’est un peu comme si vous disiez que la fondation ne fait pas partie de la maison.

Tout de même, merci à toi et Africa de mener le débat, sur un sujet aussi capital.

Landry N

Anonyme a dit…

Landry N
juste dire qu'en science la replication voudrait qu'une etude reprise dans les memes conditions produisent les memes resultats
cela apporte une petite limite au caractere universel de la science
une meme etude effectue en turquie et au botswana
pourrait donc souffrir d'ambiguite a causes des conditions differrentes qui affecteront l'etude.
Aussi vrai que l'aiguille elle meme n'est pas droite evitons de penser que tout est carre et pretons nous simplement au jeu du debat auquel Africa nous invite si amicalement
bien de choses a toi
Arsen T

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