vendredi 27 février 2009

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7 Le réservoir à sec


Si l’Etat camerounais a des difficultés à tenir ses promesses quand il a les moyens de payer, imaginez ce qu’il en est quand il n’en a pas les moyens…

La source la plus certaine de liquidité pour l’Etat camerounais, c’est le pétrole. Ce sont ces recettes qui sont utilisées comme fonds de roulement par le gouvernement. Le seul problème, c’est que le budget de l’année 2009 prévoit un prix moyen du baril à 68 FCFA. Pourtant, jusqu'à la semaine dernière le baril de pétrole s’est échangé à 35 dollars en moyenne.

Les recettes douanières connaissent actuellement un ralentissement drastique, conséquence de l’ampleur de la crise économique qui sévit actuellement dans le monde. Les exportations des matières premières sont à leur plus bas, suite à la diminution de l’activité industrielle dans le monde. Les IDEs (139 milliards estimes pour 2009) sont en chute libre et les ONG doivent se rétracter car les donneurs se font rares (ce qui rend peu probable la réalisation des 108 milliards de dons estimés pour 2009).

Il est donc évident que les principales sources de revenus de l’Etat sont en train de tarir. Le réservoir du gouvernement tourne à sec. Une chose est certaine, bon gré mal gré, l’Etat ne pourra pas aller loin de cette façon. Pour survivre de nombreuses restructurations doivent être envisagées. Je pense principalement aux dépenses de fonctionnement qui représentent plus de la moitie du budget de l’Etat (59.08%) et au processus de collecte des impôts qui demeure largement inefficace.

Autre mesure temporaire pour faire face aux besoins de liquidités, serait de rapatrier les fonds stockés auprès du trésor français. Environ 4.000 milliards de FCFA sont détenus par le trésor français pour le compte des pays de la CEMAC. C’est une caution qui garantie la stabilité du franc CFA par rapport à l’euro, cependant il serait bien de s’interroger sur des alternatives à cette démarche. Pour l’instant, ces fonds continuent de financer l’économie française, au détriment de la notre.

Il ne s’agit donc pas seulement pour le gouvernement de trouver des moyens pour résoudre ses problèmes de liquidités, mais surtout de trouver les moyens de réaliser les promesses faites au peuple Camerounais.
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Source :(1)Quotidien Mutations ; (2) Loi de finance 2009

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7 commentaires:

Anonyme a dit…

Très intéressant comme article. Nous voyons bien la limite avec laquelle nos dirigeants réagissent face à la crise qui inquiète même les plus grandes nations. A part l’Etat qui est affectée par cette crise, les entreprises Camerounaises commencent à ressentir ses effets. Ce qui reste tout de même surprenant, c’est la léthargie et la complaisance du gouvernement Camerounaise face à ce qui est désormais reconnu comme la crise financière la plus dévastatrice après la grande dépression.
Toutefois, c’est le moment pour tous ces intellectuels et brillants esprits de sortir de l’ombre et prendre les devants. Africa offre déjà des pistes, mais à mon avis elles ne peuvent être mise en place de manière isolées. Par contre elles doivent être implémentées dans le cadre d’une politique économique bien pensée et en privilégiant le long-terme.
Le défi maintenant s’est de faire remonter le messager jusqu'à nos dirigeants qui semblent sourds et aveugles

Flora M.

Anonyme a dit…

"4000 milliards aupres du tresor francais appartenant a la CEMAC" et la part du cameroon dedans c'est combien? je parie meme pas le 1/10 cet argent appartient essentiellement au tchad et a la Guine Equatoriale recent producteur de petrole qui ont la chance de vendre une bonne partie de leur production au cours du jour et non pas a un cours historique determine il ya 20 ans de cela.
reste a savoir si les 4000 milliard sont le montant avant ou apres perte des sommes placees aupres de la Societe Generale a Paris.

concernant le budget de fonctionnement(dont la moitie est detournee malheureusement) c'est pas ca qui developpe un pays.ce budget sert essentiellement a financer la routine administrative. c'est le budget d'investissement qui doit retenir notre attention
Depuis des annees des individus ont soigneusement esquives les fonds d'investissement hautement surveilles par les bailleurs dans lesquels il est pratiquement impossible de piocher sans se faire taper sur les doigts.
Ainsi va le cameroon laisser moisir des fonds qui pourrait contribuer a developper le pays parce que y'a pas moyen de voler un peu
et tout le monde le sait le grand boss en a parler mais personnne ne se sent interpelle
c'est dire la gavite de la pente sur laquelle nous sommes
J'espere que par le grace de Dieu nous sortirons un jour de cette sitaution

NONGAH P a dit…

Arretez-moi si je me trompe, mais bien avant meme que le reste du monde se rende compte qu'il etait en crise financiere, le Cameroun etait deja en crise financiere. Et cette situation n'est pas du tout recente. Quelqu'un peut-il me donner les chiffres du taux de non-emploi au Cameroun sur les dix/vingts dernieres annees? Je n'ai pas les chiffres en tete mais je sais que c'est pas du tout joli a voir.

La crise economique mondiale n'a pour effet que d'etouffer davantage notre pays et je pense que le gouvernement ne fait pas du tout son boulot. Il est temps qu'ils commencent a etre plus realiste et ouvrent les yeux pour les problemes de base au Cameroun. A savoir l'education, la sante(surtout le cout de la sante), et l'entreprenariat .

Notre systeme educatif est encore archaique. Je sais que beaucoup de petites ecoles naissent ici et la mais beaucoup reste a faire et le gouvernement devrait etre plus implique afin de facilite l'accessibilite a tous. Quand je considere par exemple le cas du Nigeria, ils sont vraiment motives par le projet "One Laptop Per Child", une initiative qui introduirait l'outil informatif beaucoup plus tot dans le systeme educatif et apportera plein d'opportunites aux generations futures dans le cadre du domaine des technologies de l'information. Le Cameroun n'a meme pas lever le petit doigt en ce qui concerne ce projet jusqu'a present.

En ce qui concerne la sante, le systeme de sante est l'un des pires au monde. Plein de gens meurent parce qu'ils n'ont pas les moyens pour se soigner. Combien de personnes font des visites annuelles chez un docteur/dentiste? Les gens ne voient l'hopital en general lorsqu'il est trop tard.

Le gouvernement devrait addresser ces problemes important et orienter l'argent la ou c'est vraiment necessaire. Bouster l'economie en favorisant les investisseurs dans un environment favorable (paradis fiscale?) et surtour combattre la corruption qui mine notre societe depuis trop longtemps...

Anonyme a dit…

Je ne pense pas que rapatrier les sous stocké au trésor français soit la solution au problème.
D’ailleurs, depuis fort longtemps nous tournons dans le même cercle vicieux. Cet argent est déposé – intérêt nul – au trésor français comme garantie de « stabilité » (mon œil) du FCFA. Il nous est ensuite re-prêté sous d’autre forme (C2D, Coopération, Aide au développement, etc) ; et encore retourner – cette fois sous une autre forme : le détournement – dans les banques françaises et non plus au trésor… passons l’histoire.
Nos Etats depuis des décennies ont adopté un système digne de petit Etat ou encore de commerçant à savoir compter sur les rentrées douanières. D’ailleurs les accords ACP nous ont montrés qu’il fallait changer le système car l’Etat se retrouve privé d’un gros morceau de sont gâteau. Peu importe le nombre de journée portes ouvertes qu’organisera la douane ne résoudra pas le problème ; car ça les permettra de gratter combien ? 10 ou 20 milliards ? C’est ridicule.
N’ayant pas fait fiscalité ou quoi encore, je suis sur d’une chose. Demandez à une entreprise de choisir entre être exonéré de douane ou de TVA ce qu’il préfère : la TVA répondra-t-elle sans réfléchir. Un petit exemple simple pour comprendre.
J’achète un produit à 100 FCFA en Europe. Rendu ici à, la sortie du port de, Douala, il me reviendra à 135 FCFA maxi reparti comme suit (produit : 100 FCFA, frais centrale d’achat : 10 FCFA, douanes : maxi 10 FCFA et le reste pour le transporteur et le transitaire). Lorsque je vends ce produit (supposons) que je ne prends pas de marge, j’ajoute 19,25% (soit 26 FCFA) de TVA soit plus de deux fois la valeur de la douane. Imaginons alors à combien sera la TVA si je prends une marque sur mon produit ? Dans le cas d’une entreprise de la place, ayant un taux de marque de 1,45 (taux de marque=coefficient multiplicateur par lequel il faudra multiplier le prix de revient pour avoir le prix de vent) ; le même produit acheter sera alors vendu à 195,75 FCFA d’où une TVA de 37,68 FCFA (presque 4 fois la douane)…en gros la douane c’est maxi 5% sur le prix de vente.
Pour améliorer ses recettes, l’Etat devra :
1. Favoriser la création de la valeur (c'est-à-dire l’esprit d’entreprenariat) ou lieu de passer son temps à « élargir l’assiette fiscale » ;
2. Formaliser le secteur informel afin qu’il paye les taxes ;
3. Combattre la corruption au sein du gouvernement (qui nous a couté 400 milliards FCFA en 2008 soit 13% du budget 2009) ;
4. Penser à réduire son budget de fonctionnement et augmenter celui de l’investissement public.
PS : je tiens à rappeler que le montant de la bourse du cacao en 2007 était de 70 milliards de dollars. Moins de 5 milliards sont retournés en Afrique alors qu’il produit plus des 2/3 du cacao mondial ! Pourquoi ? Simplement parce que c’est logique : le gramme de chocolat coûte 1FCFA alors pour le même montant on a 2 gramme de cacao brut…

Alain S. a dit…

J'aimerai bien savoir qui a rédige le commentaire ci-dessus.

Alain S.

Gisèle, M a dit…

Moi aussi, je voudrais bien savoir qui l'a redigé!Il est intéressant

Fabien N. a dit…

C'est moi. Je suis à votre écoute !!!

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