vendredi 6 novembre 2009

3 Quelle Est La Différence Entre L'Urgence Et Le Développement ?


Pendant que je travaillais sur la différence entre action d'urgence et action de developpement, je suis tombé sur cet article de Alanna Shaikh sur son blog Blood Milk (visiter-le, il est intéressant),
Les programmes d’urgence humanitaire se concentrent sur des projets faciles à démarrer et à impact rapide. Les exécutants des programmes humanitaires ont besoin de s'adapter le plus vite possible, et commencer à fournir l'assistance nécessaire aussi vite que possible. Leur objectif premier n’est pas de construire des facilités locales, durables, ou le suivi et l'évaluation. Ils visent avant tout à fournir de l'aide aux personnes dans le besoin. Ils s'arrêtent lorsque la situation d'urgence se termine. Les actions d’urgences peuvent provenir de l'extérieur, et c'est une réponse à un certain type de désastre ou de catastrophe.

Les programmes de développement sont axés sur les réalisations à long terme concernant le changement de quelque sorte, avec l'intention d'améliorer la vie des gens et la vie de leurs descendants. Ils impliquent une planification rigoureuse et des opérations de recherches continuelles. Ils sont enracinées dans le renforcement des capacités locales, car ils sont axés sur le changement qui se poursuit après la fin du projet. Même si le soutien peut provenir de l'extérieur, le développement à la fin doit venir de l'intérieur.

Dans la pratique, cependant, ce n'est pas si simple. Parfois, l'urgence ne se termine pas. Des situations qui ressemblent à court terme à des situations d'urgence humanitaire peuvent durer des années, voire des décennies. Somalie, par exemple, en Afghanistan ou au Soudan. Les programmes conçus pour fournir une assistance immédiate sont devenus un mode de vie des personnes en crise.
Ce serait bien si ces programmes pourraient être convertis en programmes de développement, mais il est très difficile de transformer un programme de secours en un programme de développement. Par exemples les compétences du personnel sont différentes, d'une part. La construction de latrines et le renforcement des capacités communautaires peuvent être un long chemin à part. Vous pouvez embaucher du nouveau personnel, peut-être, ou recycler le votre. L'autre obstacle –et généralement le plus grand - est que les programmes de secours et les programmes de développement ont des donateurs différents.

Les programmes de secours sont généralement financés par des dons privés et des donateurs gouvernementaux spécifiques. Le gouvernement américain, par exemple, les fonds de secours d'urgence par l'USAID (Office of Foreign Disaster Relief). Les
programmes de développement sont beaucoup moins populaires auprès des donateurs privés, et ils sont financés par une autre série d'organismes gouvernementaux.
Si vous souhaitez modifier l'orientation de votre programme, vous devez choisir des bailleurs de fonds différents. Ce que très souvent vous ne pouvez pas faire. Les donateurs n'aiment pas prendre le relais des uns dansle cadre d'autres programmes, et vous ne serez pas familiers avec les procédures et critères d’évaluations des bailleurs de fonds nouveaux. En plus les donateurs de fonds de développement planifient leurs priorités financières longtemps à l'avance. Souvent, ils n'auront pas d'argent pour aller reprendre votre projet de secours nouvellement transformé

L’idéal parfait pour tout le monde est de donner une aide qui apporte de l’autonomie aux communautés qui les reçoivent. Une aide immédiate, qui construit également les compétences et améliore la qualité de vie pour le long terme…. Alors vous pourriez creuser des puits et les mettre sous la gestion des locaux. Vous pourriez former une association d'ingénieurs locaux ou le ministère de l'eau sur le forage de puits et de gestion de l'irrigation et l'eau potable. …
Cet article renforce l'idée selon laquelle, on ne peut pas faire du développement ou se développer en posant essentiellement des actions d'urgences. Afin que nous puissions sensibiliser le plus grand nombreux de personnes, merci de partager cet article dans vos communautés d'amis.
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mercredi 17 juin 2009

3 L’argent qui ne travaille pas c’est de l’argent perdu

Par Africa
La masse monétaire c’est la quantité de monnaie en circulation dans un pays. Quand les banques sont en surliquidité, voici comment elles pourraient accroitre la masse monétaire.

Soit l’équation MV=PQ, où M est la masse monétaire, V la vélocité de la monnaie, P le prix moyen des produits vendus chaque année et Q la quantité de produits vendus chaque année.

Selon cette équation, si la masse monétaire devrait augmenter, il faudrait également que Q la quantité de produits vendus chaque année augmente, sinon l’inflation progresserait (en supposant que V et P sont des constantes).

En ce moment notre système bancaire est en surliquidité, ce qui veut dire que la BEAC et les pays de la CEMAC on le choix entre : Prudence et développement :

1. La voie de la prudence : Pour empêcher la masse monétaire M d’augmenté, elles peuvent imposer des taux de réserves élevés, des coefficients de transformation supérieurs à la normale, et des conditions bancaires draconiennes. C’est assez le cas actuellement dans la CEMAC. Le corollaire de la prudence, c’est une faible et dans certains cas un ralentissement de la croissance économique.

2. La voie du développement : Elles peuvent par contre, instaurer des conditions qui incitent les banques à octroyer plus de crédits, et de ce faire augmenterai la masse monétaire. De manière simultanée, elles devront orienter les prêts accordés par les banques, vers des activités de production. Le but étant d’augmenter les quantités produites(Q) et maintenir la stabilité des prix. Le corollaire de cette option c’est une réduction des ratios de couvertures (un risque), et un accroissement de la monnaie fiduciaire.

En réalité, il ne s’agit pas seulement de choisir entre prudence et développement, mais aussi de choisir entre chuter parce qu’on aura pris de risques ou alors chuter parce qu’on n’en aura pas pris.

Une chose est certaine, aucun développement économique ne peut se faire à risque zéro. Jusqu'à présent, nous avons choisir de ne pas prendre de risques, le résultat c’est notre économie qui est en chute libre dans un abysse.

Parce qu’on ne peut pas utiliser les mêmes tactiques et espérer des résultats différents, il est peut être temps d’envisager une plus grande prise de risque. Cela peut se faire en diminuant les ratios de couvertures, en augmentant les taux de transformations, en encourageant les banques à faire des prêts d’investissements. On pourrait grâce à de telles actions, réussir en compenser les risques inhérents et développer notre économie.

Parce que notre argent ne travailler pas assez, imaginez ce nous perdons chaque jours : de l’argent évidement, des vies humaines (pas d’hôpitaux), du temps, et notre dignité (à force d’emprunter sans rembourser). Vu que la vieillesse ne comprends pas ca, L’espoir réside désormais avec la jeunesse Espérons juste qu’il ne sera pas vain.
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mercredi 27 mai 2009

8 Les entreprises locales du secteur du BTP se structurent…

La privatisation en 1995 de l’exécution des travaux routiers, initialement réalisée par Matgenie et le génie militaire, a entraîné une floraison d’opérateurs privés de travaux publics. Aujourd’hui, le secteur compte une dizaine d’intervenants étrangers et une trentaine de nationaux relativement structurés qui répondent régulièrement aux appels d’offres nationaux et internationaux, bien que plus de 200 opérateurs soient enregistrés dans diverses associations professionnelles.

Les entreprises étrangères, mieux organisées et mieux équipées, soumissionnent aux marchés les plus importants. La valeur minimale des marchés de travaux auxquels une entreprise internationale soumissionne est d’environ 20 M EUR si elle n’est pas encore installée, et d’environ 1,5 M EUR si elle dispose déjà d’une base au Cameroun. Le marché, traditionnellement dominé par les majors français (Sogea Satom, DTP Terrassement, Razel), a connu au cours de ces cinq dernières années une modification notable de sa structure, avec l’arrivée de nouveaux concurrents de Chine (CRBC, CWE, CGC), Grèce (Pantechniki SA) et Egypte (Arab Contractors) face à une offre locale qui se professionnalise.

On voit ainsi émerger une quinzaine d’entreprises locales dont l’expertise se confirme dans des travaux de construction neuve, de réhabilitation ou d’entretien de routes bitumées. Le trio de tête est mené par KETCH Sarl, créée dans les années 80. Elle est suivie de BUNS et de MAG qui ont connu une croissance accélérée ces dernières années, ayant entre autres su tirer partie des travaux de sous-traitance confiés par Razel et Sogea Satom et se doter de parcs d’équipements adéquats. Ces trois entreprises travaillent désormais essentiellement sur routes bitumées et peuvent réaliser des marchés de l’ordre de 10 à 20 Mds FCFA, avec des équipes essentiellement locales. Elles soumissionnent à des appels d’offres nationaux, et se constituent en groupement sur des appels d’offres internationaux.

Ce trio est suivi de CMC et d’une dizaine d’autres entreprises locales susceptibles de réaliser des travaux d’entretien de routes bitumées, qui nécessitent d’être équipé dans un premier temps au moins d’un camion-bouille, puis d’une épandeuse, et plus tard d’une centrale d'enrobage. Cette catégorie d’entreprises réalise des marchés d’une valeur unitaire de l’ordre de 400 M FCFA sur routes bitumées, et jusqu’à 800 M FCFA si elles sont en groupement, voire 1,5 Md FCFA pour des marchés triennaux d’aménagement de routes en terre. Il existe une autre population d’une dizaine de PME de taille significative, qui ne réalisent que des travaux sur routes en terre. C’est le cas par exemple de FOKOU FOBERD et de COMAR, qui développent par ailleurs d’importantes activités de construction de bâtiments.

En ce qui concerne les prestations d’ingénierie c’est-à-dire études techniques, contrôle et surveillance des travaux, les marchés les plus importants (de 300 M FCFA jusqu’à 3 Mds FCFA) sont confiés à des bureaux d’études techniques internationaux comme EGIS Cameroun (France), Louis Berger (France-USA), SNC Lavalin (Canada), AIC (Italie), Frisa Engineering (Suisse), Gauff (Allemagne), Tecsult (Canada), Scet Tunisie, qui interviennent souvent en association avec la dizaine de cabinets locaux (Beta Consult, Ecta BTP, Bec la Routière, Sadeg, Setec Ingénierie, Bambuiy Engineering, etc.) dont l’offre se professionnalise également.

Les entreprises locales restent en général limitées par des contraintes structurelles. Alors que les ressources humaines locales sont plutôt nombreuses et qualifiées, le principal frein au développement des PME du secteur est l’insuffisance d’équipements : il n’existe pas de structure d’appui aux PME et l’accès au crédit bancaire demeure très sélectif. L’exigence de constitution de cautions bancaires liées à la participation aux appels d’offres prive largement les entreprises d’une trésorerie déjà tendue en permanence du fait de l’irrégularité des paiements de l’Etat, principal client et donneur d’ordres du secteur. De plus, l’offre de matériels de travaux publics en location, plus coûteuse que l’achat, bien que pratique, couvre moins de la moitié des besoins.

Compte tenu des perspectives porteuses dans le secteur BTP, la plupart des PME du secteur recherchent activement des partenaires étrangers susceptibles de les soutenir financièrement (constitution de groupements dans le cadre d’appels d’offres) mais surtout techniquement (formation des équipes locales et assistance technique dans l’exécution des travaux sur les chantiers). Elles participent de plus en plus à des salons internationaux type BATIMAT ou INTERMAT où elles s’équipent en outillages et petits équipements, et cherchent à attirer des partenaires potentiels étrangers. Ces derniers se montrent en général circonspects en première approche et réticents à s’engager sur des marchés aussi lointains, et surtout jugés risqués au regard de l’intensité des capitaux à investir pour un environnement des affaires encore largement en chantier. Il leur faut chaque fois des gages à la fois sur le risque Cameroun, et sur la pérennité de l’entreprise locale.

Ainsi, la meilleure école qui assure un véritable transfert de technologies sur le long terme reste celle des filiales étrangères installées, dans le cadre de la réalisation des nombreux travaux qu’ils sous-traitent aux PME locales rigoureusement sélectionnées.
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jeudi 23 avril 2009

5 De réelles opportunités pour les entreprises du secteur du BTP au Cameroun


Au cours de ces cinq dernières années, le BTP (Bâtiments et Travaux Publics) a été un secteur dynamique au Cameroun. Avec une croissance moyenne de l’ordre de +4% par an, il a régulièrement contribué à hauteur de 0,1 point à la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut).

Restées pendant longtemps relativement modestes, les dépenses publiques consacrées à ce secteur ont connu une soudaine inflation avec l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) en avril 2006. De nombreux projets publics de construction ou de réhabilitation de routes ou d’ouvrages de génie civil et de bâtiments ont alors pu être programmés sur les quinze prochaines années, auxquels il faut ajouter des initiatives privés d’entreprises et de particuliers. Ces perspectives inédites offrent sur le marché camerounais d’immenses opportunités aux entreprises de BTP.

Jusqu’à présent considéré comme un pôle de stabilité politique en Afrique centrale, le Cameroun regorge d’importantes ressources naturelles, tant minières (pétrole 50% des recettes d’exportation, gaz naturel, bauxite, fer, cobalt, nickel) qu'agricoles (banane, cacao, café, coton et bois). Cette diversité de ressources lui a permis, à partir de 1995, de récolter les fruits de la dévaluation du Franc CFA en reprenant le chemin de la croissance économique (+3% en moyenne par an depuis 12 ans). La Loi de Finances 2009 a défini un budget de 2 301 Mds FCFA (3,5 Mds EUR), dont 10% alloué aux travaux publics et au développement urbain, quote-part en hausse significative par rapport à 2008.

Le Cameroun a franchi le point de décision de l'initiative PPTE en octobre 2000 et le point d’achèvement en avril 2006. Sa dette extérieure qui s'élevait en 1999 à 7,8 Mds USD soit près de 85% du PIB n’en représente plus que 10% en 2009. Le service de la dette extérieure (principal+intérêts sur l’année) qui était de l’ordre de 20% du budget représente aujourd’hui moins de 5%, permettant d’affecter plus de ressources budgétaires aux secteurs sociaux de la santé, de l’éducation et des infrastructures sur les quinze prochaines années. Le volet bilatéral additionnel France-Cameroun d’allègement de la dette dénommé C2D, Contrat de désendettement et de développement, est, quant à lui, doté de plus d’1 Md EUR sur la décennie 2006-2015 dont plus de la moitié consacrée au seul BTP.

Ainsi, avec l’appui des partenaires au développement, Agence Française de Développement, Union Européenne/FED, Banque Mondiale/IDA, Banque Africaine de Développement/FAD, BADEA, Fonds koweitien, Banque Islamique de Développement, Fonds saoudien, le Cameroun mène en ce moment une politique d’investissements publics expansive : 600 Mds FCFA programmés en 2009, +11% par rapport au budget initial 2008. Dans le secteur du BTP, cette politique donne lieu à d’importants projets d’infrastructures routières urbaines et interurbaines, de l’ordre de 200 Mds FCFA en 2009 (40% entretien courant, 60% réhabilitation et constructions neuves), qui nourrissent les carnets de commandes des entreprises du secteur et de leurs fournisseurs.

A titre d’illustration, la stratégie sectorielle du Ministère des travaux publics horizon 2015 élaborée en 2005 prévoit en effet de remettre le réseau routier global (50 000 km) en état d’usage normal tout en l’augmentant de +20%, ce qui pour les 5 000 km de réseau bitumé actuel correspond à une augmentation de +30% à l’échéance. Ainsi, par exemple, plus de 500 km de routes sont actuellement en cours de bitumage aussi bien en urbain (Yaoundé et Douala principalement) qu’en interurbain (routes Yaoundé-Kribi par Arab Contractors sur fonds arabes, Mutengene-Mouea par Sogea Satom sur fonds européens FED, Garoua-Figuil par DTP Terrassement sur fonds FED, Ayos-Bertoua par Pantechniki sur fonds arabes, Obala-Batchenga-Bouam par Buns/GMB sur fonds PPTE, etc.). A noter aussi des projets d’assainissement comme celui de la ville de Yaoundé qui consiste en l’aménagement du Mfoundi avec construction d’un canal de calibrage de 5 km et d’espaces verts le long de la rivière, travaux confiés à l’entreprise chinoise CWE sur fonds FAD de la Banque Africaine de Développement.

A noter par ailleurs l’aménagement en 2x2 des pénétrantes des grandes villes avec construction de rocades et voies de contournement dont la première phase a démarré à la sortie nord de Yaoundé (Etoudi-Olembe, 4km) et se poursuivra en 2010 par la sortie ouest de Douala. Envisagés également la construction du 2nd pont sur le Wouri dont les études de faisabilité ont été livrées en décembre 2008 par Egis Cameroun ; la construction de voies autoroutières pour relier Yaoundé à l’aéroport de Nsimalen dont les études techniques ont été confiées au groupement Sadeg Cameroun/Scet Tunisie en 2008 ; la transformation de la boucle Yaoundé-Douala-Bafoussam-Yaoundé (800 km) en voie autoroutière, la construction de ports en eaux profondes à Kribi et Limbé pour désengorger Douala et surtout gérer le trafic des produits miniers que le Cameroun produira à partir de 2013. Ces derniers projets seront financés en BOT (build operate transfer), les lois sur les contrats de partenariat public privé ayant été expressément votées en 2008.

L'ampleur des crédits alloués ou à allouer, tant par l’Etat, le Fonds Routier, les fonds PPTE, le C2D et les autres partenaires au développement, que par le secteur privé, appelle de la part des entreprises installées, et surtout des entreprises à capitaux locaux, la mise en œuvre des stratégies qui les préparent à tirer profit de la manne. Pour cela, elles doivent progressivement adapter leurs outils de production, renforcer leur savoir-faire, professionnaliser leurs équipes et moderniser les méthodes de management.

Le prochain article s’attaquera à la structure du secteur, en présentant les principaux acteurs privés, leurs positionnements respectifs et la manière dont ils pourraient se préparer à saisir ces opportunités.

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mercredi 25 mars 2009

11 1998-2008 : Une Décennie Manquée


Par Paristocrate:
De nombreuses hypothèses ont été soulevées pour justifier la surliquidité des banques Camerounaises. Notre démarche consiste donc à débattre chacune d’elles et à retenir celles qui nous semblent valables. Je voudrais continuer ici avec la question des dépôts à vue.

La semaine dernière, nous avons abordé deux des hypothèses relatives à la surliquidité des banques, notamment la prépondérance des dépôts à vue et la « bancabilite » des projets. A lire les réactions, il est clair que nous sommes tous en accord sur le fait que, la « bancabilite » des projets n’est pas une cause première de la surliquidité. Par contre, certains continuent de penser que, les dépôts à vue en sont une.

Comment peut-on prêter à long terme si la plupart des dépôts sont à court terme ? Ceux qui se posent cette question, veulent en d’autres termes dire que pour eux, il est presque impossible de prêter à long terme si les dépôts sont à court terme. Une telle affirmation remet en cause le métier des banques qui est : d’emprunter à court-terme, et de prêter à long-terme

Prenons un exemple pour être concret. Si nous avons un client qui dépose 100 FCFA et un autre qui retire 90FCFA, à cet instant précis, la banque dispose de 10FCFA qu’elle peut investir. Si on suppose que la situation se répète le lendemain, la banque pourra encore investir 10FCFA. Qu’est-ce-que ca veut dire ? Ca veut dire que, si on sait que les dépôts seront supérieurs aux retraits pendant dix ans, alors on peut investir l’excédent sur un terme de dix ans.

Sur la base de cet exemple certains peuvent se demander : que se passera-t-il si les retraits sont supérieurs aux dépôts ? La réponse à cette question peut se faire en deux volets :
1. Si les retraits sont TEMPORAIREMENT supérieurs aux dépôts, la banque à de nombreuses options pour pallier à cette situation (voir Schéma)
2. Si cette situation est PERMANENTE, alors la banque n’est pas viable, les autorités de surveillance doivent s’assurer en tout temps, que son passif permet de couvrir son actif (au moins en ce qui concerne les dépôts des clients).

Vu que nous sommes en situation de surliquidité permanente, aucun des deux volets ci-dessus n’est donc à craindre : les banques peuvent donc prêter l’excédent de liquidité aussi longtemps que cette situation de surliquidité durera.

On remarque une chose, tant que la situation où les dépôts sont supérieurs aux retraits dure, le non remboursement des prêts que la banque a octroyés, ne peut pas causer un risque d’illiquidité à court terme: puisqu’on sait que les dépôts permettent de couvrir les retraits. On remarque aussi que les dépôts sont une variable de Bernoulli, on peut donc estimer plus ou moins exactement le nombre de fois où les dépôts seront supérieurs aux retraits sur une période donnée, et constituer des stocks de sécurité optimum.

Le véritable challenge consistera : Pour les banques, a estimer avec précision le nombre de période que durera la surliquidité. Et pour les autorités de régulation, à créer un marché financier fluide et efficace, pour atténuer les chocs d’illiquidité temporaires.
Pour ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi les dépôts à vue ne sont pas la cause de la surliquidité des banques, je vous propose le schéma ci-après:


1. Situation actuelle : Les dépôts sont supérieurs aux retraits (Vert>Rouge)

 Tant que les dépôts à vue sont supérieurs aux retraits, la surliquidité va continuer de croître et le risque d’illiquidité à court-terme va tendre vers « zéro »: Dans ce contexte, les banques n’ont pas de problèmes de liquidités, elles peuvent investir l’excédent pour aussi longtemps que cette situation durera.


2. Situation souhaitée : les banques prêtent sur le long terme les fonds détenus en surliquidité. (Vert>Rouge)

 Jusqu'à ce niveau la banque n’a toujours pas de problèmes car comme on sait les dépôts à vue (en vert) sont suffisants pour faire face aux retraits (en rouge)


3. Situation indésirable 1 : Les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts (Vert+Blanc=Rouge)




 On voit que les dépôts ont diminué et les retraits ont augmenté, mais la banque s’est servie de son stock de sécurité pour faire face à cette situation.


4. Situation indésirable 2 : Les dépôts son supérieurs aux retraits et la banque à épuisées son stock de sécurité (Vert+Blanc=Rouge)



 Quand les dépôts sont supérieurs aux retraits, et que la banque a épuisé son stock de sécurité, elle peut toujours faire recours au marché interbancaire pour faire face à ce problème de liquidité temporaire.
5. Situation indésirable 3 : Les retraits sont supérieurs aux dépôts, le stock de sécurité est épuisé, le marché interbancaire est incapable de fournir la liquidité :


 Dans ce cas de figure, la banque peut faire recours à la BEAC (Vert+Blanc=Rouge)

6. Situation 4 : Les dépôts sont à nouveau supérieurs aux retraits



 La banque se sert des excédents pour rembourser les emprunts faits auprès de la BEAC ou sur le marché interbancaire. Ainsi de suite, le cycle continu.

A ce niveau, vous devez certainement vous poser la question magique : où est passée la case jaune que nous avions au départ ? La réponse c’est qu’elle est en train de développer notre économie à travers des prêts à long terme.

Que pouvons-nous conclure?
1.
Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, on peut utiliser les dépôts à vue pour faire des prêts à long terme.
2. Tant que les dépôts sont supérieurs aux retraits, le non remboursement des prêts, ne pose pas de risque d’illiquidité à court terme.
3. Si les retraits sont temporairement supérieurs aux dépôts, la banque peut faire successivement appel à trois ressources : son stock de sécurité, le marche interbancaire, la BEAC.
4. Une banque où les retraits sont permanemment supérieurs aux dépôts, est une banque qui n’existe pas, ou qui n’existera plus.

Au Cameroun, la surliquidité des banques dure depuis plus de dix ans. Malgré que les dépôts soient à vue, les banques depuis dix ans ont eu la capacité de financer notre économie. Ca n’a pas été le cas et nous avons manqué l’opportunité de la décennie 1998-2008. Au regard de l’avenir, je ne peux que me poser une question, allons nous manquer l’opportunité que nous offre la décennie à venir ?
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