jeudi 24 mai 2012

Carrière: Aux Etudiants et Jeunes diplômés

Par Paristocrate:
Le monde professionnel est rude, y survivre n’est pas toujours évident. Pour les étudiants qui le contemplent et les jeunes diplômés qui s’apprêtent à le rejoindre, c’est parfois le désarroi quand ce n’est pas le désespoir. Pour y avoir été pendant plus d’une décennie maintenant, je voudrais partager avec vous, ce que j’ai appris jusqu’ici.

Apprendre c’est l’affaire de toute une vie.
Apprendre ne se s’arrête pas après l’université, c’est une initiative qui commence peut être avec l’université, mais qui dure toute la vie. La connaissance fonctionne comme les intérêts composés: lorsqu’on l’accroit à un taux d’apprentissage constant et continue, elle devient exponentielle et par ricochet, repousse les limites de nos capacités vers l’infini.

L’intellect est votre arme, votre caractère votre propulseur.
Après votre diplôme, vous entrerez dans la jungle humaine. A la différence des animaux qui survivent par l’acuité de l’instinct, vous, vous survivrez par la puissance et la finesse de votre intellect. Mais si votre intellect assurera votre survie, c’est votre caractère qui, cependant, garantira votre progrès.

Demain est incertain.
Le chemin qui mène à la réussite est fait de nombreux échelons et jalonné d’insoupçonnables embûches. Vous ne pouvez en aucun cas, prédire de quoi demain sera fait. Pour pallier à cette limite, vous devez vous préparer à de nombreuses éventualités. Vos chances de succès se décupleront, si vous prenez plaisir dans ce que vous faites et, si vous prenez le temps de le faire.

Pressez-vous, mais surtout, ne vous précipitez pas.
Aucunes des merveilles que nous admirions dans ce monde, ne s’est fait en un laps de temps ; aucune des œuvres qui continuent de transcender les générations, n’est le produit de la précipitation ou de la vitesse. Si vous voulez être des artistes de votre discipline, il vous faudra énormément de savoir, beaucoup de pratique, et du temps.

Vos erreurs sont votre dette.
La vie à cette façon d’être juste: Toujours, elle nous confronte à nos erreurs passées. Et, plus d’erreurs nous commettons, plus nous passons notre temps à essayer de les corriger au lieu d’aller de l’avant. Détrompez-vous, le temps que vous passez à flâner et à surfer la vague de l’inutile, vous en payer le prix au moment où vous vous attendriez le moins.

Apprenez, Apprenez, Apprenez.
Ne vous arrêtez jamais, ne vous donnez jamais d’excuse pour arrêter. L’invention de l’écriture a permis à l’homme, au fil des temps, de causer et d’apprendre des meilleurs esprits qui aient jamais foulés cette planète. Si la pratique répété de votre métier vous permettra d’exceller, c’est cependant, la lecture et l’acquisition d’un savoir approfondie, qui vous permettra d’aller au-delà de l’excellence, d’imaginer, de créer. Et, lorsque vous seriez capable de combiner excellence et créativité, le résultat sera simplement explosif.

Observez, écoutez, questionnez.
Si la lecture est le meilleur raccourcie vers l’acquisition du savoir, l’observation vous apprendra de votre environnement tel qu’il est aujourd’hui. L’acuité de votre observation fera de vous un sujet alerte, capable de voir les moindres détails, d’anticiper le mouvement des commettants avant même qu’ils n’en prennent conscience. L’écoute vous permettra de vous infiltrer et d’apprendre de l’inconscient de ceux qui vous entourent, elle vous permettra d’écouter ceux qu’ils disent, ou, ce qu’ils disent sans le dire. Le questionnement vous libérera de votre ignorance, il vous ouvrira les portes du savoir et de la connaissance.

Exigez les faits avant d’émettre une opinion.
Refusez de vivre dans le monde imaginaire, refusez de vivre dans un monde d’illusion. Chaque jours, chaque heure, chaque minute, chaque instant de votre vie, la force gravitationnelle de ces mondes merveilleux essayera de vous aspirer. Pour y échapper, vous devez absolument vous accrocher à la réalité. Et pour le faire, vous devez rejeter systématiquement toute opinion qui ne soit pas supportée par des faits ; vous devez questionner l’évidence et challenger la trivialité. C’est vrai, vous n’aurez pas toujours tous les faits. Mais, lorsque ce sera le cas, laisser les faits à votre disposition guider votre décision, votre opinion. Dites non à toute opinion créée ex-nihilo, et, souvenez-vous toujours, que ce sont les faits qui font la réalité.

Vous êtes une marque, construisez-la.
Qu’est-ce que vous représentez dans l’esprit des autres ? Quel est votre positionnement dans l’esprit de votre entourage ? Posez-vous constamment ces questions et engagez-vous à y répondre. Ne laissez pas les autres vous définir, définissez-vous pour eux, dites-leur à quoi renvoie votre marque : Excellence, Intégrité, loyauté, endurance, adaptabilité, intellect…etc. Définissez-vous par votre attitude, par vos actions, par vos combats. Votre marque sera l’un des outils le plus important de votre carrière professionnel et personnel. Et, lorsque la qualité correspondra aux attentes, elle enverra votre réputation vers l’exosphère.

Si vous tombez, digérez la douleur, mais relevez-vous vite.
S’il y’a une chose qui est certaine, c’est que personne n’y arrive sans passer par des échecs et des moments très difficiles. Une autre façon dont la vie est juste, c’est qu’elle nous récompense seulement lorsque nous bravons les obstacles et embûches qu’elle place continuellement entre nous et nos objectifs. Vous échouerez, mais la hauteur de l’échec sera la mesure du succès potentiel à venir. N’abandonnez jamais, ne laissez jamais l’échec vous paralyser. Utilisez l’échec comme un maître, un coach : Laissez-la vous enseigner comment réussir, laissez-la vous motiver et vous revigorer pour la conquérir.

Le monde est petit et demain est fait d’hier et d’aujourd’hui.
Les gens que vous doublez aujourd’hui, vous les croiserez probablement au prochain carrefour de la vie. Et quand ce moment viendra, ils seront peut-être plus grands, plus forts, plus doués. Ils seront peut-être dans une condition meilleure que celle dans laquelle vous les avez doublés et, votre survie dépendra peut-être d’eux. Traitez tout le monde avec respect et avec tout le monde, agissez avec intégrité.

Apprenez à dire non.
Chaque jour, votre caractère sera challengé. Chaque jour, vous devriez réaffirmer les principes qui gouvernent votre action. Ce ne sera pas facile, la tentation sera souvent très forte, mais vous devez apprendre à dire non. Ne prenez aucune décision qui puisse troubler votre conscience ; ne prenez aucune décision qui puisse compromettre votre intégrité, ternir votre marque et salir votre réputation. Si vous restez ferme dans vos principes, tout le monde ne vous aimera pas, mais tout le monde vous respectera. Souvenez-vous toujours qu’il faut du temps pour construire une réputation, mais juste un instant pour la défaire.

Apprenez à dire ce qui est.
Ne dites rien pour flatter la vanité des autres, si vous devez parler, ayez toujours le courage de vous exprimer librement, que ce soit en face de votre supérieur, de votre collègue ou d’un ami, dites toujours ce que vous pensez. Si vous n’avez pas le courage de parler librement, optez pour le silence ou alors, démissionnez. La fortune sourit aux audacieux : Ne laissez jamais la crainte de la réaction de l’autre, vous réduire à ce que vous n’êtes pas.

A propos du messager.
Maintenant, pour terminer, vous devez certainement vous demander qui est Paristocrate. Mais, comme je le dis très souvent, l’importance du message ne dépend pas du messager. Si ce que vous venez de lire vous a apporté quelque chose, alors la question de savoir qui je suis n’a pas de relevance.
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mardi 15 mai 2012

Comment faire de son CV une arme d'auto marketing efficace?

Par Davy-Pacôme Nzekwa: 
C'est en relisant les divers articles postés sur mon blog, et en tenant compte de certaines remarques faites récemment par des proches, que j'ai réalisé que j'avais abordé plusieurs sujets sur l'Emploi (astuces pour trouver un emploi, réussir son entretien d'embauche, réussir son induction en entreprise, etc) mais je n'ai jamais pris le temps de parler du point 0, qui est la rédaction d'un CV.

En effet, tout devrait partir de là...le CV, Curriculum Vitae...

Je vais donc m'atteler, dans les lignes qui suivent, de parler du Cv, en essayant de répondre à deux questions qui me semblent fondamentales: qu'est ce qu'il est, et qu'est ce qu'il n'est pas.

Je ne dirai rien qui ne se trouve déjà sur internet ou dans les nombreux livres traitant du sujet, mais je vais insister sur des détails pratiques, sur des éléments qu'on pense savoir mais qu'on ignore parfois, ou encore, je vais essayer d'expliquer les choses de façon purement basique, afin que chacun se retrouve, et éprouve le besoin de modifier son Cv, ou la satisfaction de ne pas avoir besoin de le faire.

Je précise d'entrée de jeu qu'il n'ya aucun standard en terme de Cv, mais il ya toutefois des usages admis, que l'on peut contextualiser certes, mais que l'on gagnerait à connaître déjà.

Le Cv est une vitrine, la vitrine du magasin nommé "Candidat"...comme toute vitrine, l'agencement dépend d'abord du propriétaire...certes le commerçant peut tenir compte de la mode, mais au final c'est un travail d'art, qui est supposé refléter sa personnalité. C'est dire si l'agencement en question compte pour beaucoup, et détermine à 90% l'envie qu'aura le potentiel client (le recruteur), d'entrer. En partant de cette métaphore, le reste devrait être très simple à expliquer.

Un potentiel client dans la rue, traverse plusieurs magasins, avec son esprit habité par diverses pensées, les unes bousculant les autres...donc il ne consacre pas tout son temps, encore moins toute son attention, à la somme des vitrines qu'il traverse. Le recruteur qui parcourt des Cvs, passe en moyenne 30 secondes devant chaque document, pour se faire une première impression. Ce n'est que si la première impression est bonne, qu'il décide de mieux scruter le document.

Cette réalité signifie qu'il faut veiller à la forme, car comme disent les Marketistes, de facon basique, "c'est l'emballage qui attire le client". Une belle présentation donne donc un à priori positif concernant le fond, en tout cas elle attire déjà l'attention, et c'est une bonne chose. Alors si le Cv est une vitrine, comment doit-on l'agencer afin que le potentiel client (recruteur) éprouve l'envie d'y entrer, et d'en savoir plus?

- De nos jours, il n'est plus pertinent d'indiquer en haut de page, CURRICULUM VITAE...le lecteur saura reconnaître un Cv, pas la peine de perde de l'espace, du temps etc

- On devrait retrouver en haut de page, les informations simples présentant le candidat. Pas besoin de mettre 4 ou 5 numéros de téléphones en précisant que 2 sont ceux de l'épouse ou de la tante. Pas besoin de mettre une photo de vous qui ne soit pas à votre avantage...abstenez-vous d'effrayer le recruteur, avec une photo qui lui laisse un goût amer, et lui donne juste envie de passer au Cv suivant.


- Plus besoin de préciser son statut matrimonial, ou le nombre d'enfants, cette information qui pouvait avoir des avantages fiscaux lorsqu'il existait la surtaxe progressive, ressort à présent comme un appel à une discrimination positive/négative.


-Indiquez non pas votre âge, mais votre date de naissance, ca permet de situer votre âge même si on consulte votre Cv 5 ans apres sa rédaction.


- Choisir une police plaisante, une taille lisible, et au cas où l'on souhaite mettre certaines parties du Cv en couleur, il est conseillé de bien choisir la couleur qui ne choquera pas...sinon au lieu de 30 secondes sur votre Cv, le recruteur en passera 2, juste le temps de retrouver sa corbeille.

- On ne reinvente pas la roue, les rubriques classiques d'un Cv sont la Formation (académique, professionnelle), l'Expérience (emplois, stages), les Centres d'interêts (Cinéma, Sport, Lecture, etc), le chapitre Divers/Autres (Langues parlées si on en parle plusieurs bien sûr, Distinctions, Vie Associative, etc)...le but du Cv est de donner une première impression au recruteur, pas de lui étaler toute votre vie, l'entretien sera toujours une occasion d'en dire plus sur vous.


- Dans la continuité de mes propos récents, il est important de faire tenir son Cv sur une page, pour des candidats ne bénéficiant pas encore d'une longue et riche expérience. Un étudiant, ou un junior, qui présente un Cv de 2 ou 3 pages, est soit bavard, soit menteur.


- En parlant du mensonge, éviter d'en rajouter...le Cv d'une personne qui ne dit pas la vérité, est facile à reconnaître. Embellissez les informations dont vous n'êtes pas très fier(e), mais ne les cachez pas si vous savez qu'elles ont une certaine importance, ou pire, une importance certaine. Le recruteur n'est pas là pour vous juger, mais pour vous connaître, donc pas la peine d'inventer des stages ou autres, car c'est aisé de recouper les informations.

- Tout ce que vous indiquez sur un Cv, doit porter une date précise, c'est comme un livre d'histoire...ce qui n'est pas daté, fait naître le doute. Indiquez donc clairement la date, le lieu, ce que vous avez fait, et si vous voulez, ce que ca vous a apporté.

- Comme pour une vitrine, le fait de tout dire sur un Cv, ne donne plus vraiment envie de rencontrer le candidat, car on peut se faire son impression devant un papier...et c'est généralement en défaveur du candidat, car il est toujours embêtant d'être jugé en votre absence.

- Le Cv n'est pas une lettre d'amour, abstenez-vous de mettre des couleurs partout, et parfois des couleurs qui sont même déplaisantes...rouge, rose, etc ce n'est pas le bon endroit! Parce que ce n'est pas une lettre à un(e) ami(e), et encore moins un sms, il faudrait faire l'effort de se relire, de corriger les fautes, de supprimer ce qui semble être innaproprié, de se mettre à la place du futur lecteur.

- Lorsque votre expérience professionnelle vous semble riche (la richesse n'est pas liée à la durée, mais au contenu des tâches, des responsabilités, etc), mettez-là avant de présenter votre formation académique, elle sera plus parlante.

Donc pour se résumer, un Cv est une vitrine, qui doit donner envie de vous connaître mieux. Ca implique que vous n'en disiez pas trop, mais juste assez pour susciter la curiosité. Parce que le Cv est une image de ce que vous prétendez être, veillez à le rendre précis, concis, et dénué de fautes.

Pour finir, pensez toujours à dire la vérité sur le Cv, et soyez prêt(e) à défendre les informations qu'il contient, au cas où le recruteur vous convoque pour un entretien d'embauche. Alors vous pourrez aisément lire mon article sur "Comment réussir son entretien d'embauche".

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mardi 23 février 2010

11 Davy Nzekwa: La Force du Talent

Par Ingrid Alice Ngounou

«Je n’admets pas qu’on puisse tout abandonner en pensant que le plus dur est d’arriver à l’étranger»

En quelques mots qui est Davy-Pacôme Nzekwa?
Je suis un camerounais de 32 ans (en juin 2010), issu d’une famille de 4 enfants, dont le père est expert comptable et la mère (décédée en février 1997) était comptable. C’est dire si j’ai été éduqué dans les valeurs de travail, de rigueur, d’intégrité, mais aussi de solidarité, ma mère ayant été une femme exceptionnelle et toujours disponible pour les autres. Tout ceci a fait de moi une personne très ambitieuse, exigeante et ne sachant pas reculer devant les difficultés.

Vous êtes "Human Resources & Administrative Manager" chez Geovic. Ce poste représente-t-il la réalisation d’un rêve?
Je ne dirai pas un «rêve», car mon rêve à moi se résume à inspirer positivement les personnes qui me côtoient au quotidien. Par contre, un objectif qui est resté clair dans mon esprit depuis le bas âge, était d’accéder à la position de Directeur avant l’âge de 35 ans, et Directeur Général avant 40 ans. Je pense que je tenais à faire mieux que mon père, qui est mon premier modèle dans la vie. Alors je peux dire que j’ai atteint la première étape avec 4 ans d’avance puisque je suis à ce niveau de responsabilité depuis l’an dernier, je travaille donc actuellement pour atteindre le niveau 2 (Rires).

En quoi consiste votre travail, en tant que chargé des ressources humaines chez Geovic Cameroun?
La tâche première d’un «Human Ressources Manager» dans ce contexte, est de «planter le décor», en élaborant des procédures qui correspondront à un standard mondial, et surtout qui tiendront compte des réalités d’un secteur encore nouveau au Cameroun. Globalement il s’agit de définir la stratégie HR, de la faire valider par les personnes autorisées, et de l’implémenter sur le terrain. L’élaboration des politiques HR (recrutement, rémunération, discipline, etc.), la rédaction des job profiles, les plans de recrutement, de formation, de motivation, l’optimisation des coûts liés aux Ressources Humaines, constituent mon quotidien, en plus de la gestion des relations avec les partenaires (inspection du travail et autres) et les représentants des employés. Ca m’impose de passer très régulièrement de l’opérationnel à la stratégie, et vice versa, et ceci constitue la principale richesse de la fonction.

Au quotidien, éprouvez-vous des difficultés à gérer les personnes plus âgées que vous?
Pas du tout, car j’ai toujours été précoce: je me souviens qu’en 3è au Lycée Joss, je passais beaucoup plus de temps déjà avec les élèves de Terminale qu’avec mes égaux, qui me procuraient parfois un sentiment de monotonie. Dans la vie professionnelle, je ne souffre pas d’être souvent plus jeune que mes collègues dont j’ai en charge la gestion, car quel que soit l’âge des personnes que je côtoie, je mets une priorité à toujours rester professionnel, et à appliquer la méthode du questionnement. Je n’apprends donc rien à personne, mais je suis toujours curieux d’apprendre des autres, ce qui les valorise et au lieu de voir le jeune, mes collègues voient en fait une personne travailleuse et recherchant l’objectivité dans toutes les décisions à prendre.

Parlez nous de votre parcours, notamment académique?
Né à Douala, j’y ai passé toute ma scolarité primaire et secondaire : Primaire au Petit Joss, puis Secondaire au Lycée Joss et au Collège Chevreul. Rien d’exceptionnel si ce n’est que ces écoles m’ont permis de rencontrer dès mon enfance, des personnes de qualité, avec lesquelles j’ai gardé d’excellents rapports, malgré la distance et le temps. Après mon baccalauréat Scientifique, mes parents n’ayant pas les moyens de me faire partir en Allemagne comme c’était la mode à la fin des années 90, j’ai passé une année à la maison. Puis quelques amis m’ont convaincu de présenter le concours de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, concours auquel j’ai réussi sans peine. J’ai donc passé 4 années exceptionnelles à Yaoundé, sur le campus de Nkolbisson. Mon père m’avait suggéré de faire la Gestion, mais par esprit de challenge je me suis engagé dans les Sciences Sociales sans l’en informer, en me disant que je travaillerai dans une banque, sans avoir besoin d’être un gestionnaire pur (rires). Ces quatre années ont été décisives pour moi, car très pénibles. Je devais travailler très dur pour maintenir ma bourse d’excellence, mais je devais surtout éviter de me laisser distraire par la facilité ambiante, et inspirer mes cadets. A plusieurs reprises j’ai failli abandonner, mais à chaque fois je me disais que la difficulté était source de sagesse, et je me souvenais des paroles de ma défunte mère à une semaine de son décès: «si tu montres à un obstacle qu’il te mine, il finira par t’achever.» Pour une femme qui a combattu son cancer pendant 5 ans, elle savait de quoi elle parlait.

Quelles relations entre vos années d’étudiants et votre préoccupation professionnelle?
J’ai toujours eu une attraction pour la gestion des hommes, donc dès la première année, j’étais Délégué des étudiants auprès du Doyen, en License et Maîtrise je siégeais au Conseil du Recteur, en tant que Représentant des Etudiants de la Faculté de Sciences Sociales et Gestion. Je me suis aussi beaucoup investi dans les Associations, et j’ai été le premier étudiant de Sciences Sociales à présider la prestigieuse Commission d’Audit des Associations, sous l’autorité du Vice-Recteur. Sur le plan strictement académique, je me suis senti dans mon élément, et en 4 ans j’ai toujours validé mes matières en juin, pour être libre pendant les 3 mois de vacances et faire des jobs pour payer mes études l’année suivante. J’ai aussi été aidé au début par certains membres de ma famille qui ont payé une partie de ma scolarité, et le reste provenait de bourses diverses, la plus importante étant celle octroyée par l’Union Européenne, pour l’excellence académique. En Maîtrise, je me suis lancé un autre défi, celui de soutenir mon mémoire en juin (au lieu d’attendre une année supplémentaire comme la plupart des étudiants). J’ai donc soutenu le 29 juin 2003, et le 1er juillet je commençais au Crédit Lyonnais à Douala. Après trois ans dans cette banque où j’ai appris le basique de la fonction HR, j’ai été approché par Guinness qui a su me convaincre de venir relever un challenge, celui de motiver le personnel à un moment de récession interne. J’ai passé 18 mois passionnants à Guinness, occupant deux fonctions successives et découvrant le style de management anglo-saxon. Et ensuite Geovic m’a convaincu de changer de bord et de venir mettre en place un département HR, ce qui dans une carrière peut ne jamais se présenter. J’y suis depuis Novembre 2008, et je ne cesse de m’épanouir dans un environnement riche, entouré de personnes exceptionnelles, allant de challenges à challenges.

Davy-Pacôme Nzekwa Vous animez un blog personnel. Quand et comment est né chez vous le projet de créer ce blog?
Parmi mes passions, la lecture et l’écriture occupent des places de choix. Plus jeune j’écrivais même des romans d’espionnage et ça parvenait à me divertir. Au Collège et à la fac je rédigeais des articles pour le journal de l’école. C’est dire si j’ai toujours eu envie de partager mes opinions, et le choix d’un blog n’est que le choix d’un canal de communication moderne, pour faire profiter les lecteurs, d’un certain nombre de connaissances, ce dont je n’ai pas toujours bénéficié..

Selon des personnes qui vous sont proches, vous auriez pu être basketteur professionnel, est ce vrai?
(Rires) Basketteur professionnel ? C’est très généreux de la part des ces personnes qui me sont proches. J’ai beaucoup pratiqué le Basket effectivement, disons que mon lien avec le Basket est fort, et il s’agit en réalité d’une histoire de famille: ma mère allait être sélectionnée dans l’équipe nationale de Basket, au moment où elle a été enceinte de moi et a donc tout abandonné, pour se consacrer à son futur enfant. Je suppose qu’elle a fait un transfert sur moi, me motivant à pratiquer ce sport que je trouve très élégant, mais aussi prenant car il demande d’être toujours prêt à donner plus. Sur mes maillots je portais le numéro 22, de Clyde Drexler, un joueur de la NBA, réputé être l’un des meilleurs sauteurs de son époque.

Pourquoi avez-vous abandonné ce sport?
A force de m’entraîner pour avoir une détente hors pair, j’ai poussé et fini par me déchirer les ligaments au genou et aux chevilles, ce qui m’a forcé à suivre des soins pendant plusieurs années, et la conséquence est que j’étais sur le banc! Impossible de continuer ma passion

Vous arrive-t-il souvent encore de jouer au basket Ball?
Sincèrement, NON. J’ai une balle de Basket dans ma chambre, c’est le premier objet que j’emporte quand je déménage, mais je ne pourrai plus pratiquer ce sport, sauf peut-être comme vétéran (et je me trouve trop jeune pour intégrer ce type d’équipe tout de suite).

Après des études au Cameroun, vous y vivez et travaillez. Un message pour ceux qui croient au rêve occidental à tout prix?
Je pense sincèrement que l’effort paie, et cela ne dépend pas de là où on se trouve mais de sa faculté à s’imposer une certaine rigueur et même une rigueur certaine. Personnellement je pense qu’il n’y a pas de meilleur endroit que chez soi, mais cela ne signifie pas qu’on puisse se croiser les doigts, car c’est dur partout. Les jeunes devraient surtout cesser de penser que le gazon est plus vert chez le voisin, car ce n’est pas vrai. Autant je suis admiratif de mes deux cadets qui s’en sortent actuellement en France et en Italie, qui ont pu intégrer les meilleures écoles de ces systèmes assez sélectifs et même des entreprises à renommée mondiale, autant je n’admets pas qu’on puisse tout abandonner en pensant que le plus dur est d’arriver à l’étranger, ce n’est pas vrai sinon cela se saurait depuis fort longtemps. Je ne regrette pas de n’être pas parti en Occident, d’ailleurs après ma Maîtrise j’ai eu une proposition pour aller continuer à Paris, mais la vie est un ensemble de choix, et qui dit choisir dit aussi renoncer, qui dit renoncer suppose assumer. Je me suis engagé à réussir sur place et à ce jour tant ma qualité de vie que le fait d’être proche de ma famille, me confirment que je n’ai pas eu tort.

Que peut-on vous souhaiter pour 2010?
Après trois années pénibles sur le plan privé, je souhaite que 2010 soit une année d’apaisement et d’épanouissement sur tous les plans. Une sorte de nouvelle page dans ma vie.
Sur le plan personnel, je souhaite donc que ces douze mois m’apportent la paix du cœur, la joie au quotidien, et l’opportunité de faire encore plus plaisir aux personnes que j’aime et qui en valent la peine. Sur le plan professionnel, 2010 est l’année de lancement des travaux de construction de notre mine, cela suppose une pression encore plus grande, j’espère pouvoir continuer d’apprendre en m’épanouissant, et en ayant une santé de fer. [Le Journal du Cameroun]
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mercredi 9 septembre 2009

1 Manager Son Boss

Par Hervé Ngameleu:
Si les managers ont la possibilité de répercuter leur pression sur leurs collaborateurs, ces derniers n’ont guère d’alternative que d’encaisser sans mot dire jusqu’à la dépression : « Mon chef me demande d’améliorer mes résultats mais il ne m’en donne pas les moyens ! », « Mon supérieur ne m’écoute jamais », « Mon manager ne supporte pas qu’on fasse autrement que lui », … entend-t-on très souvent.

Mais ces salariés n’ont-ils réellement d’autres choix que de subir ? Quelles peuvent être les causes et les conséquences d’une mauvaise entente entre managers et collaborateurs et comment rectifier le tir ?

Manager son boss : une nécessité
De nombreuses études indiquent qu’une mauvaise relation avec un supérieur est l'une des principales causes de démission. Une enquête spécifique sur la population des cadres révèle que près de la moitié estime que la relation avec le supérieur est le facteur influençant le plus l'épanouissement au travail de leurs employés.

Si l’on en croit d’autres chercheurs, une relation pénible avec un supérieur hiérarchique favoriserait aussi les maladies cardiovasculaires et le stress. Une étude publiée en juin 2003 par des spécialistes de la médecine du travail en Grande Bretagne révèle ainsi que les employés qui perçoivent négativement leur patron ont une pression artérielle supérieure à la moyenne. La même étude précise aussi qu’une situation conflictuelle avec un patron et la perception que votre travail n'est pas reconnu font grimper d'environ 16 % les risques de maladies coronariennes et de 38 % de crises cardiaques.

Que l'attitude des patrons affecte autant ses collaborateurs ne doit guère vous surprendre. En effet, comme tout être humain, vous avez besoin d'être reconnu et récompensé. Hors votre patron a le pouvoir d'apprécier votre travail. Non seulement influence-t-il votre humeur, mais c'est aussi lui qui signe votre chèque de paie, évalue votre performance et infléchit la progression de votre carrière.

En fait, ce n'est pas tant le patron en lui-même qui est toxique pour ses employés que la relation qu'il entretient avec chacun d'entre eux. Par exemple, si vous êtes une personne qui aime l'autonomie, vous vivrez à coup sûr une relation toxique avec un patron autoritaire. Alors qu'une personne moins sûre d'elle peut apprécier qu'il vérifie constamment son travail.

La solution à l’énigme de nombreux collaborateurs résiderait donc dans la réponse à la question : « quelle attitude adoptée pour quel boss ? »

Quelle attitude pour quel boss
Les patrons ne se ressemblent pas toujours y compris dans la même entreprise. Dans les grands groupes, des formules sont construites et largement diffusées pour orienter l’action des managers et partant canaliser leur influence sur le bas de l’échelle. Mais l’effet de ces « leadership models » sont très souvent en deçà des résultats escomptés. La situation est plus dramatique dans les organisations de plus petites tailles ou des entreprises unipersonnelles.

Dans ce contexte, vous ne tirerez votre épingle du jeu qu’en maîtrisant les logiques propres à votre responsable hiérarchique. Apprendre à les connaître, à les décoder et à agir en conséquence vous évitera à coup sur la crise d’hystérie. cliquez sur l'image ci-dessous pour quelques schémas classiques :

Il peut arriver que ces mesures ne fonctionnent pas pour votre cas ou que malheureusement, que vous soyez l’exception qui confirme la règle. Il vous reste encore une dernière alternative : engager un dialogue franc avec votre manager avant de sombrer dans une dépression professionnelle.

La suite dans notre prochain article.



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lundi 13 juillet 2009

0 Se Connaître En Tant Que Recruteur

Le recrutement comme toute action managériale peut être biaisé. Un mauvais recrutement expose tout aussi bien l’entreprise que l’achat d’un équipement inadapté ou la réalisation d’un investissement à perte.
Bien se connaître permet de limiter les risques d’erreurs qui font des recruteurs des « victimes » plutôt que des manageurs.

Situer l’entretien dans son contexte
Pour commencer, vous devez situer l’entretien d’embauche dans son contexte. En effet, certains biais disparaitront spontanément dès lors que vous appréhenderiez l’entretien dans le sens approprié :

(cliquez sur l'imaga pour une meilleur aperçu)

Les erreurs classiques des recruteurs
Vous devez par la suite évitez 4 erreurs classiques qui échappent souvent aux interviewers :
- trop parler : c’est un moyen utilisé -parfois inconsciemment- et qui vous donne l’impression de contrôler la situation ou de dominer les candidats. Pour pallier ce risque, appliquez la loi des 80/20[1].
- poser des questions uniquement sur les domaines qui vous sont familiers : vous vous limitez aux sujets que vous maîtrisez le mieux (ce qui vous met en confiance) et vous avez tendance à négliger les autres, avec pour risque de passer à côté de l’essentiel.
- faire deviner la réponse : certains recruteurs ont tendance à faire deviner au candidat la réponse qui fera bonne impression. Le candidat astucieux saura facilement la réponse « correcte», celle qui vous fera plaisir. Posez plutôt des questions ouvertes.
- passer des faits à la conclusion : Une réponse ou une attitude du candidat devra être analysé avant tout jugement. N’allez pas vite en besogne. Respectez le schéma : Constat – Analyse – conclusion.

Les pièges des recruteurs
Certains biais à la réussite des entretiens sont plus subtils et se forgent dans la psychologie même des interviewers.

Les stéréotypes
Les stéréotypes font préjuger certaines caractéristiques du candidat en fonction de l’image que vous avez du groupe auquel il appartient. Par exemple :
- ce candidat est un polytechnicien donc brillant
- celui-ci est célibataire à son âge, donc « il a un problème »
- celui-là est expert comptable donc rigoureux et minutieux
- avec cette carrure d’athlète, ce candidat doit être très dynamique
- les femmes ne peuvent pas manager des hommes
- Etc.

Par analogie, les stéréotypes sont pour les recruteurs ce que serait un a priori pour un scientifique. Ils vous poussent à faire des choix irrationnels : pour éviter des erreurs graves de jugement, ne vous y fiez pas d’entrée de jeu !

L’effet de halo
La capacité d’un candidat à remplir une fonction s’apprécie sur plusieurs critères que vous devez à l’avance identifier et pondérer. Certains recruteur s’appuis sur un seul critère observé pour en faire un jugement global sur le candidat. Ils sont victimes de l’effet de halo.

Par exemple vous appréciez que vos collaborateurs aient de l’ambition. Conséquence, lors du recrutement vous avez tendance, à mieux juger les personnes ambitieuses ; même si par ailleurs, elles correspondent peu au profil du poste à pourvoir.

Les autres biais
- la sympathie : vous avez tendance à surévaluer les candidats que vous trouvez sympathiques.
- la similarité : vous favorisez les candidats qui ont des similarités avec vous (physique, études, carrières ou attitudes). Par exemple, il a fait la même école que moi donc « il peut faire l’affaire ».
- l’ordre des candidats : des études ont montré que le candidat vu en dernier a tendance à être surévalué, de même que les candidats vus à la suite de « mauvais » candidats.
Vous devez donc éviter de recevoir un trop grand nombre de candidats et prendre le temps de noter les informations sur un candidat reçu avant de prendre le suivant.
- l’information défavorable : certains recruteurs attachent plus d’importance aux informations négatives sur le candidat plutôt qu’à celles qui vont à son avantage. En clair, l’information défavorable compte plus et obscurcit outre mesure les informations favorables sur le même candidat.
- la première impression : les interviewers ont tendance à être plus sensibles à l’information reçue dans les premières minutes de l’entrevue et se forment d’entrée de jeu une opinion du candidat qui faussera leurs interprétations des informations obtenues par la suite.

Comme vous le constatez, les pièges auxquels vous êtes exposé en tant que recruteur sont tout aussi insidieux que ceux auxquels s’exposent les candidats en face de vous. Les risques pour les intervenants dans la démarche de recrutement sont donc partagés : pour le candidat de ne pas être retenu, et pour vous de retenir le mauvais candidat !
[1] Vous écoutez 80% et parlez seulement 20% du temps durant l’entretien avec le candidat.

_________________________________________________ [1] :Vous écoutez 80% et parlez seulement 20% du temps durant l’entretien avec le candidat.




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