mardi 23 février 2010

11 Davy Nzekwa: La Force du Talent

Par Ingrid Alice Ngounou

«Je n’admets pas qu’on puisse tout abandonner en pensant que le plus dur est d’arriver à l’étranger»

En quelques mots qui est Davy-Pacôme Nzekwa?
Je suis un camerounais de 32 ans (en juin 2010), issu d’une famille de 4 enfants, dont le père est expert comptable et la mère (décédée en février 1997) était comptable. C’est dire si j’ai été éduqué dans les valeurs de travail, de rigueur, d’intégrité, mais aussi de solidarité, ma mère ayant été une femme exceptionnelle et toujours disponible pour les autres. Tout ceci a fait de moi une personne très ambitieuse, exigeante et ne sachant pas reculer devant les difficultés.

Vous êtes "Human Resources & Administrative Manager" chez Geovic. Ce poste représente-t-il la réalisation d’un rêve?
Je ne dirai pas un «rêve», car mon rêve à moi se résume à inspirer positivement les personnes qui me côtoient au quotidien. Par contre, un objectif qui est resté clair dans mon esprit depuis le bas âge, était d’accéder à la position de Directeur avant l’âge de 35 ans, et Directeur Général avant 40 ans. Je pense que je tenais à faire mieux que mon père, qui est mon premier modèle dans la vie. Alors je peux dire que j’ai atteint la première étape avec 4 ans d’avance puisque je suis à ce niveau de responsabilité depuis l’an dernier, je travaille donc actuellement pour atteindre le niveau 2 (Rires).

En quoi consiste votre travail, en tant que chargé des ressources humaines chez Geovic Cameroun?
La tâche première d’un «Human Ressources Manager» dans ce contexte, est de «planter le décor», en élaborant des procédures qui correspondront à un standard mondial, et surtout qui tiendront compte des réalités d’un secteur encore nouveau au Cameroun. Globalement il s’agit de définir la stratégie HR, de la faire valider par les personnes autorisées, et de l’implémenter sur le terrain. L’élaboration des politiques HR (recrutement, rémunération, discipline, etc.), la rédaction des job profiles, les plans de recrutement, de formation, de motivation, l’optimisation des coûts liés aux Ressources Humaines, constituent mon quotidien, en plus de la gestion des relations avec les partenaires (inspection du travail et autres) et les représentants des employés. Ca m’impose de passer très régulièrement de l’opérationnel à la stratégie, et vice versa, et ceci constitue la principale richesse de la fonction.

Au quotidien, éprouvez-vous des difficultés à gérer les personnes plus âgées que vous?
Pas du tout, car j’ai toujours été précoce: je me souviens qu’en 3è au Lycée Joss, je passais beaucoup plus de temps déjà avec les élèves de Terminale qu’avec mes égaux, qui me procuraient parfois un sentiment de monotonie. Dans la vie professionnelle, je ne souffre pas d’être souvent plus jeune que mes collègues dont j’ai en charge la gestion, car quel que soit l’âge des personnes que je côtoie, je mets une priorité à toujours rester professionnel, et à appliquer la méthode du questionnement. Je n’apprends donc rien à personne, mais je suis toujours curieux d’apprendre des autres, ce qui les valorise et au lieu de voir le jeune, mes collègues voient en fait une personne travailleuse et recherchant l’objectivité dans toutes les décisions à prendre.

Parlez nous de votre parcours, notamment académique?
Né à Douala, j’y ai passé toute ma scolarité primaire et secondaire : Primaire au Petit Joss, puis Secondaire au Lycée Joss et au Collège Chevreul. Rien d’exceptionnel si ce n’est que ces écoles m’ont permis de rencontrer dès mon enfance, des personnes de qualité, avec lesquelles j’ai gardé d’excellents rapports, malgré la distance et le temps. Après mon baccalauréat Scientifique, mes parents n’ayant pas les moyens de me faire partir en Allemagne comme c’était la mode à la fin des années 90, j’ai passé une année à la maison. Puis quelques amis m’ont convaincu de présenter le concours de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, concours auquel j’ai réussi sans peine. J’ai donc passé 4 années exceptionnelles à Yaoundé, sur le campus de Nkolbisson. Mon père m’avait suggéré de faire la Gestion, mais par esprit de challenge je me suis engagé dans les Sciences Sociales sans l’en informer, en me disant que je travaillerai dans une banque, sans avoir besoin d’être un gestionnaire pur (rires). Ces quatre années ont été décisives pour moi, car très pénibles. Je devais travailler très dur pour maintenir ma bourse d’excellence, mais je devais surtout éviter de me laisser distraire par la facilité ambiante, et inspirer mes cadets. A plusieurs reprises j’ai failli abandonner, mais à chaque fois je me disais que la difficulté était source de sagesse, et je me souvenais des paroles de ma défunte mère à une semaine de son décès: «si tu montres à un obstacle qu’il te mine, il finira par t’achever.» Pour une femme qui a combattu son cancer pendant 5 ans, elle savait de quoi elle parlait.

Quelles relations entre vos années d’étudiants et votre préoccupation professionnelle?
J’ai toujours eu une attraction pour la gestion des hommes, donc dès la première année, j’étais Délégué des étudiants auprès du Doyen, en License et Maîtrise je siégeais au Conseil du Recteur, en tant que Représentant des Etudiants de la Faculté de Sciences Sociales et Gestion. Je me suis aussi beaucoup investi dans les Associations, et j’ai été le premier étudiant de Sciences Sociales à présider la prestigieuse Commission d’Audit des Associations, sous l’autorité du Vice-Recteur. Sur le plan strictement académique, je me suis senti dans mon élément, et en 4 ans j’ai toujours validé mes matières en juin, pour être libre pendant les 3 mois de vacances et faire des jobs pour payer mes études l’année suivante. J’ai aussi été aidé au début par certains membres de ma famille qui ont payé une partie de ma scolarité, et le reste provenait de bourses diverses, la plus importante étant celle octroyée par l’Union Européenne, pour l’excellence académique. En Maîtrise, je me suis lancé un autre défi, celui de soutenir mon mémoire en juin (au lieu d’attendre une année supplémentaire comme la plupart des étudiants). J’ai donc soutenu le 29 juin 2003, et le 1er juillet je commençais au Crédit Lyonnais à Douala. Après trois ans dans cette banque où j’ai appris le basique de la fonction HR, j’ai été approché par Guinness qui a su me convaincre de venir relever un challenge, celui de motiver le personnel à un moment de récession interne. J’ai passé 18 mois passionnants à Guinness, occupant deux fonctions successives et découvrant le style de management anglo-saxon. Et ensuite Geovic m’a convaincu de changer de bord et de venir mettre en place un département HR, ce qui dans une carrière peut ne jamais se présenter. J’y suis depuis Novembre 2008, et je ne cesse de m’épanouir dans un environnement riche, entouré de personnes exceptionnelles, allant de challenges à challenges.

Davy-Pacôme Nzekwa Vous animez un blog personnel. Quand et comment est né chez vous le projet de créer ce blog?
Parmi mes passions, la lecture et l’écriture occupent des places de choix. Plus jeune j’écrivais même des romans d’espionnage et ça parvenait à me divertir. Au Collège et à la fac je rédigeais des articles pour le journal de l’école. C’est dire si j’ai toujours eu envie de partager mes opinions, et le choix d’un blog n’est que le choix d’un canal de communication moderne, pour faire profiter les lecteurs, d’un certain nombre de connaissances, ce dont je n’ai pas toujours bénéficié..

Selon des personnes qui vous sont proches, vous auriez pu être basketteur professionnel, est ce vrai?
(Rires) Basketteur professionnel ? C’est très généreux de la part des ces personnes qui me sont proches. J’ai beaucoup pratiqué le Basket effectivement, disons que mon lien avec le Basket est fort, et il s’agit en réalité d’une histoire de famille: ma mère allait être sélectionnée dans l’équipe nationale de Basket, au moment où elle a été enceinte de moi et a donc tout abandonné, pour se consacrer à son futur enfant. Je suppose qu’elle a fait un transfert sur moi, me motivant à pratiquer ce sport que je trouve très élégant, mais aussi prenant car il demande d’être toujours prêt à donner plus. Sur mes maillots je portais le numéro 22, de Clyde Drexler, un joueur de la NBA, réputé être l’un des meilleurs sauteurs de son époque.

Pourquoi avez-vous abandonné ce sport?
A force de m’entraîner pour avoir une détente hors pair, j’ai poussé et fini par me déchirer les ligaments au genou et aux chevilles, ce qui m’a forcé à suivre des soins pendant plusieurs années, et la conséquence est que j’étais sur le banc! Impossible de continuer ma passion

Vous arrive-t-il souvent encore de jouer au basket Ball?
Sincèrement, NON. J’ai une balle de Basket dans ma chambre, c’est le premier objet que j’emporte quand je déménage, mais je ne pourrai plus pratiquer ce sport, sauf peut-être comme vétéran (et je me trouve trop jeune pour intégrer ce type d’équipe tout de suite).

Après des études au Cameroun, vous y vivez et travaillez. Un message pour ceux qui croient au rêve occidental à tout prix?
Je pense sincèrement que l’effort paie, et cela ne dépend pas de là où on se trouve mais de sa faculté à s’imposer une certaine rigueur et même une rigueur certaine. Personnellement je pense qu’il n’y a pas de meilleur endroit que chez soi, mais cela ne signifie pas qu’on puisse se croiser les doigts, car c’est dur partout. Les jeunes devraient surtout cesser de penser que le gazon est plus vert chez le voisin, car ce n’est pas vrai. Autant je suis admiratif de mes deux cadets qui s’en sortent actuellement en France et en Italie, qui ont pu intégrer les meilleures écoles de ces systèmes assez sélectifs et même des entreprises à renommée mondiale, autant je n’admets pas qu’on puisse tout abandonner en pensant que le plus dur est d’arriver à l’étranger, ce n’est pas vrai sinon cela se saurait depuis fort longtemps. Je ne regrette pas de n’être pas parti en Occident, d’ailleurs après ma Maîtrise j’ai eu une proposition pour aller continuer à Paris, mais la vie est un ensemble de choix, et qui dit choisir dit aussi renoncer, qui dit renoncer suppose assumer. Je me suis engagé à réussir sur place et à ce jour tant ma qualité de vie que le fait d’être proche de ma famille, me confirment que je n’ai pas eu tort.

Que peut-on vous souhaiter pour 2010?
Après trois années pénibles sur le plan privé, je souhaite que 2010 soit une année d’apaisement et d’épanouissement sur tous les plans. Une sorte de nouvelle page dans ma vie.
Sur le plan personnel, je souhaite donc que ces douze mois m’apportent la paix du cœur, la joie au quotidien, et l’opportunité de faire encore plus plaisir aux personnes que j’aime et qui en valent la peine. Sur le plan professionnel, 2010 est l’année de lancement des travaux de construction de notre mine, cela suppose une pression encore plus grande, j’espère pouvoir continuer d’apprendre en m’épanouissant, et en ayant une santé de fer. [Le Journal du Cameroun]
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lundi 29 juin 2009

6 Au Nom De La Loi Et De La Religion

Par Africa:

Un intellectuel ce n’est pas seulement celui qui est capable de s’exprimer de manière factuel et logique sur un ensemble de sujets. C’est aussi celui qui est capable de se taire en face de son ignorance.

Si l’opinion de la majorité ou des plus forts était suffisante pour faire des lois, alors les noirs seraient toujours esclaves, les femmes n’auraient toujours pas le droit de vote, et les dictatures seraient des régimes politiques acceptables. C’est pourquoi en démocratie l’opinion de la majorité, ne devrait en aucun cas opprimer celle de la minorité.

Beaucoup de gens parlent de lois, mais combien se sont-ils posés la question de savoir qu’est-ce c’est qu’une loi, comment s’établit-elle et quand ? Au regard des différentes interventions sur la question par les membres de Ktoaction, on serait tenté de dire très peu.

Au commencement était l’homme, et l’homme était un nomade. Parce que l’homme était un nomade, il n’existait pas de sociétés et aucune morale, ni loi ne s’appliquait. Ensuite l’homme fatigué de se déplacer est devenu un sédentaire, et c’était le début de la formation des groupes.

La cohabitation engendrant la « cohabitension », il a fallu établir un certain nombre de principes de vie que l’on a appelé : la morale. Seulement, la morale n’était pas obligatoire, et ceux de la société qui s’en passaient ne recevaient aucun châtiment : il a donc fallu établir des lois.

La loi trouvait donc toute son essence dans la morale, et avait pour but de tracer la limite entre ce qui est admis et ce qui est interdit, comment les choses doivent se faire et comment elles ne doivent pas se faire ; et sanctionner tous ceux qui les outrepassaient. La loi allait donc émerger comme la borne des actions des individus dans la société.

L’homme étant faillible et la société en perpétuelle évolution, l’efficacité des lois d’hier s’est estompée, et leur capacité à régir la société d’aujourd’hui atténuée. Il a donc fallu que l’homme trouve un moyen d’ajuster ses lois. Tout ce tumulte, allait donc donner naissance à des mots tels que : Abolition grâce auquel les noirs sont devenus libre ; Amendement grâce auquel, les citoyens obtenaient le droit à la religion, la liberté de parler, de s’assembler, et le droit de presse.

La grandeur des hommes d’avant, c’est que malgré leur brillance intellectuel, ils avaient eu l’humilité de comprendre qu’ils étaient faillibles, et la sagesse d’avoir compris que la société est en perpétuelle évolution. Devant leur incapacité à comprendre entièrement les phénomènes et évolutions de la société, ils avaient permis aux athées d’emprunter leur voie dans la quête d’une meilleur vie, et aux religieux d’emprunter la leur.

A l’époque de l’esclavage, l’homme noir valait moins qu’un chien aux yeux de beaucoup de blancs ; la femme était soumise et valait moins que l’homme ; un père pouvait marier sa fille à un adulte avant que celle-ci ne soit née et contre son gré. Toutes ces actions étaient légales, et la société évoluait sous la frustration des noirs, des femmes et des jeunes filles.

Il a fallu des gens comme Abraham Lincoln pour abolir l’esclavage, Simone de Beauvoir pour révéler les souffrances endurer par les femmes. Au final, la question ce n’est pas est-ce que c’est légal ou non, la question c’est est-ce que c’est juste.

Imaginons que votre fille de 15 ans, se fasse violer par son grand père de 62 ans et tombe enceinte. Pensez-vous que ce serait juste parce qu’on est contre l’avortement, d’accepter qu’elle enfante ? Que votre fille devienne la mère de votre frère (sœur), la coépouse de votre mère, la mère de ses oncles, et la grand-mère de ses neveux ? Et même si vous pensez qu’elle doit donner naissance à cet enfant, ne croyez-vous pas que ce soit à elle de prendre cette décision ?

Naît-on homosexuel ou devient-on homosexuel ? Voila une question qui divise même les plus brillants philosophes et autres membres de la communauté scientifiques. Vous direz certainement peu importe, c’est interdit par ma religion et par la loi. Mais regardez bien la photo ci-dessous, sachez que cela s’est fait dans le cadre de loi et en tout respect de la religion du bourreau.
Si vous continuer de penser que les homosexuels doivent être punis et bannis de la société, vous n’êtes donc pas différent du bourreau de cet homme.

Au regard de tout ce qui a été dit, on comprend bien la position des personnes qui, bien que l’homosexualité les répugne, se retiennent d’en priver ou mener une guerre contre tout ceux qui la pratiquent. Mais on comprend difficilement la position de ceux qui veulent exterminer ce genre de la société. Au nom de la loi et de la religion, beaucoup d’atrocités ont été commises, nous devons donc nous en servir avec précaution pour éviter de répéter l’histoire.




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vendredi 6 mars 2009

6 DSK contredit



Lien vers ce tte video
Le consensus est clair pour tout le monde, sauf pour le gouvernement Camerounais. Pour preuve, j’ai écouté, le chef de l’Etat, lors de son discours à la jeunesse camerounaise, dire ceci de la crise financière : « Ainsi que j’ai eu l’occasion de l’indiquer récemment, même si nous ne sommes que modérément touchés, il est clair que nous ne serons pas totalement épargnés ».(1)

Et bien la réalité, elle, nous dit exactement le contraire : Nous sommes totalement touchés, et il est clair que nous seront modérément épargnés. Lire, les raisons ici.

Une autre personne qui est en désaccord avec le Chef de l’Etat, c’est Dominique Strauss-Kahn le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), Que vous avez écouter un extrait de l'interview réalisé par Camilla Andersen.

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Sources:(1) Presidence de la republique du Cameroun

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jeudi 4 janvier 2007

0 Présentation de la rubrique Interviews

Dans cette rubrique, vous retrouverez des entretiens portant sur des problématiques variées allant de la gestion du personnel en Afrique à l’influence du secteur informel sur les économies d’Afrique; du défi que pose la gestion des ressources humaines à l’avenir de la micro-finance et du secteur bancaire.

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