La privatisation en 1995 de l’exécution des travaux routiers, initialement réalisée par Matgenie et le génie militaire, a entraîné une floraison d’opérateurs privés de travaux publics. Aujourd’hui, le secteur compte une dizaine d’intervenants étrangers et une trentaine de nationaux relativement structurés qui répondent régulièrement aux appels d’offres nationaux et internationaux, bien que plus de 200 opérateurs soient enregistrés dans diverses associations professionnelles.Les entreprises étrangères, mieux organisées et mieux équipées, soumissionnent aux marchés les plus importants. La valeur minimale des marchés de travaux auxquels une entreprise internationale soumissionne est d’environ 20 M EUR si elle n’est pas encore installée, et d’environ 1,5 M EUR si elle dispose déjà d’une base au Cameroun. Le marché, traditionnellement dominé par les majors français (Sogea Satom, DTP Terrassement, Razel), a connu au cours de ces cinq dernières années une modification notable de sa structure, avec l’arrivée de nouveaux concurrents de Chine (CRBC, CWE, CGC), Grèce (Pantechniki SA) et Egypte (Arab Contractors) face à une offre locale qui se professionnalise.
On voit ainsi émerger une quinzaine d’entreprises locales dont l’expertise se confirme dans des travaux de construction neuve, de réhabilitation ou d’entretien de routes bitumées. Le trio de tête est mené par KETCH Sarl, créée dans les années 80. Elle est suivie de BUNS et de MAG qui ont connu une croissance accélérée ces dernières années, ayant entre autres su tirer partie des travaux de sous-traitance confiés par Razel et Sogea Satom et se doter de parcs d’équipements adéquats. Ces trois entreprises travaillent désormais essentiellement sur routes bitumées et peuvent réaliser des marchés de l’ordre de 10 à 20 Mds FCFA, avec des équipes essentiellement locales. Elles soumissionnent à des appels d’offres nationaux, et se constituent en groupement sur des appels d’offres internationaux.
Ce trio est suivi de CMC et d’une dizaine d’autres entreprises locales susceptibles de réaliser des travaux d’entretien de routes bitumées, qui nécessitent d’être équipé dans un premier temps au moins d’un camion-bouille, puis d’une épandeuse, et plus tard d’une centrale d'enrobage. Cette catégorie d’entreprises réalise des marchés d’une valeur unitaire de l’ordre de 400 M FCFA sur routes bitumées, et jusqu’à 800 M FCFA si elles sont en groupement, voire 1,5 Md FCFA pour des marchés triennaux d’aménagement de routes en terre. Il existe une autre population d’une dizaine de PME de taille significative, qui ne réalisent que des travaux sur routes en terre. C’est le cas par exemple de FOKOU FOBERD et de COMAR, qui développent par ailleurs d’importantes activités de construction de bâtiments.
En ce qui concerne les prestations d’ingénierie c’est-à-dire études techniques, contrôle et surveillance des travaux, les marchés les plus importants (de 300 M FCFA jusqu’à 3 Mds FCFA) sont confiés à des bureaux d’études techniques internationaux comme EGIS Cameroun (France), Louis Berger (France-USA), SNC Lavalin (Canada), AIC (Italie), Frisa Engineering (Suisse), Gauff (Allemagne), Tecsult (Canada), Scet Tunisie, qui interviennent souvent en association avec la dizaine de cabinets locaux (Beta Consult, Ecta BTP, Bec la Routière, Sadeg, Setec Ingénierie, Bambuiy Engineering, etc.) dont l’offre se professionnalise également.
Les entreprises locales restent en général limitées par des contraintes structurelles. Alors que les ressources humaines locales sont plutôt nombreuses et qualifiées, le principal frein au développement des PME du secteur est l’insuffisance d’équipements : il n’existe pas de structure d’appui aux PME et l’accès au crédit bancaire demeure très sélectif. L’exigence de constitution de cautions bancaires liées à la participation aux appels d’offres prive largement les entreprises d’une trésorerie déjà tendue en permanence du fait de l’irrégularité des paiements de l’Etat, principal client et donneur d’ordres du secteur. De plus, l’offre de matériels de travaux publics en location, plus coûteuse que l’achat, bien que pratique, couvre moins de la moitié des besoins.
Compte tenu des perspectives porteuses dans le secteur BTP, la plupart des PME du secteur recherchent activement des partenaires étrangers susceptibles de les soutenir financièrement (constitution de groupements dans le cadre d’appels d’offres) mais surtout techniquement (formation des équipes locales et assistance technique dans l’exécution des travaux sur les chantiers). Elles participent de plus en plus à des salons internationaux type BATIMAT ou INTERMAT où elles s’équipent en outillages et petits équipements, et cherchent à attirer des partenaires potentiels étrangers. Ces derniers se montrent en général circonspects en première approche et réticents à s’engager sur des marchés aussi lointains, et surtout jugés risqués au regard de l’intensité des capitaux à investir pour un environnement des affaires encore largement en chantier. Il leur faut chaque fois des gages à la fois sur le risque Cameroun, et sur la pérennité de l’entreprise locale.
Ainsi, la meilleure école qui assure un véritable transfert de technologies sur le long terme reste celle des filiales étrangères installées, dans le cadre de la réalisation des nombreux travaux qu’ils sous-traitent aux PME locales rigoureusement sélectionnées.
Compte tenu des perspectives porteuses dans le secteur BTP, la plupart des PME du secteur recherchent activement des partenaires étrangers susceptibles de les soutenir financièrement (constitution de groupements dans le cadre d’appels d’offres) mais surtout techniquement (formation des équipes locales et assistance technique dans l’exécution des travaux sur les chantiers). Elles participent de plus en plus à des salons internationaux type BATIMAT ou INTERMAT où elles s’équipent en outillages et petits équipements, et cherchent à attirer des partenaires potentiels étrangers. Ces derniers se montrent en général circonspects en première approche et réticents à s’engager sur des marchés aussi lointains, et surtout jugés risqués au regard de l’intensité des capitaux à investir pour un environnement des affaires encore largement en chantier. Il leur faut chaque fois des gages à la fois sur le risque Cameroun, et sur la pérennité de l’entreprise locale.
Ainsi, la meilleure école qui assure un véritable transfert de technologies sur le long terme reste celle des filiales étrangères installées, dans le cadre de la réalisation des nombreux travaux qu’ils sous-traitent aux PME locales rigoureusement sélectionnées.
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