mercredi 9 juin 2010

6 COBAC : Conflit d’Intérêt et Abus de Pouvoir

Africa
La semaine dernière, la Cobac à annoncé qu’elle retirait à la SFA (Société Financière Africaine) son agrément d’établissement de crédit. Pour cause, celle-ci aurait constaté un nombre importants de dérives et de manquements à la réglementation bancaire dont la SFA s’est rendue coupable. Cependant, de nombreuses personnes restent perplexes par rapport à cette décision.

Pour le comprendre, il convient de rappeler quelques uns des pouvoirs de la Cobac: le pouvoir réglementaire : La COBAC dispose de toutes les compétences pour définir le plan et les procédures comptables applicables aux établissements de crédit, et les normes prudentielles de gestion (ratios de solvabilité, de liquidité, de division des risques, de transformation, de couverture des immobilisations par les ressources permanentes, etc.) ; le pouvoir de contrôle : la COBAC veille à ce que la réglementation bancaire soit respectée par les établissements de crédit. [BEAC]

Il apparait clairement que les pouvoirs de la Cobac s’appliquent aux établissements de crédits. Les établissements de crédits, sont ceux-là qui collectent l’épargne et octroient des prêts. Mais, quand on sait que la SFA n’est pas un établissement de crédits mais plutôt une banque d’investissement, on se pose la question de savoir si la Cobac est habilitée à réguler l’activité des intermédiaires financiers et quels sont les conflits d’intérêts que ça suscite.

Ailleurs par exemple, la distinction entre banques commerciales et banques d'investissements est bien claire: Au USA, les banques commerciales sont régulées par le FDIC et les banques d'investissement par le SEC; En France, les banques sont régulées par l’autorité de contrôle prudentiel et les marchés financiers et les banques d'investissements sont régulées par l'Autorité des marches financiers.

Pourquoi cette distinction? Parce que les champs d'actions de ces organismes sont différents : Les banques commerciales collectent l'épargne et octroient des crédits; par contre les banques d'investissements permettent aux gouvernements et aux entreprises de lever les fonds nécessaires pour financer leurs activités.

Les autorités de régulation bancaire ont pour rôle principale de protéger les dépôts des épargnants et assurer le bon fonctionnement du système bancaire. Par contre, les autorités de marché ont pour rôle d’assurer l'intégrité et la transparence du marché financier, de protéger les investisseurs des abus et faire appliquer les nouvelles lois financières.

La situation actuelle pose un énorme conflit d’intérêt : le gouverneur de la BEAC est en charge de la politique monétaire, c’est également lui qui est la tête de la Cobac c’est-a-dire qui supervise les banques et le système bancaire. En plus de tous ces pouvoirs, il intervient également comme le gendarme du marché financier.

Le fait que le gouverneur de la BEAC à lui seul ait autant de pouvoir, lui confère la capacité d’influencer directement la tendance du marché financier. Cette situation rend le marché inefficient et décourage tout investisseur rationnel.

Sachant qu’un marché financier qui n’est pas intègre et indépendant ne peut séduire des investisseurs rationnels, il est donc impératif de mettre sur pieds une agence de régulation des marchés financiers qui sera indépendante des autorités monétaires et gouvernementales. Le but de cette agence sera de garantir l’intégrité et la transparence du marché, de protéger les investisseurs, d’appliquer les lois relatives aux marchés financiers et aux compagnies d’investissements.
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lundi 15 juin 2009

4 Mobilisation des ressources et financement de l’économie

Par Arsène Tatieu
Cet article s’inscrit comme suite à la question de l’incapacité du marché bancaire à satisfaire de la demande de crédit. Nous avons voulu proposer des produits financiers permettant de pallier aux handicaps du secteur bancaire, et donc, les entreprises camerounaises pourraient s’en servir pour lever efficacement des fonds et financer leurs activités.

Dans un premier temps, nous présenterons sans nous y attarder les principaux produits du marché financière et une brève description de ceux qui ont retenu notre attention. Et dans un second temps, nous justifierons notre choix et éluciderons les préalables nécessaires à une réaction positive des épargnants face à ces produits.

BREVE DESCRIPTION DE PRODUITS FIANCIERS CLASSIQUES
Les produits courants sur un marché financier classique sont les actions et les obligations. L’action est un titre de propriété qui confère à son détenteur un droit aux dividendes et un droit de vote, et l’obligation est un titre de créance qui donne droit un intérêt annuel et au remboursement de la créance à échéance.


La complexification du système financier a permis l’apparition de nombreux types d’actions et d’obligations nous les citerons sans nous y attarder de manière spécifique

Quelques types d’actions
1.
Les actions à dividendes prioritaires(ADP) : permettent à son détenteur de percevoir un dividende supérieur à celui des actions ordinaires tout en l’amputant de son droit de vote;

2.Les actions à bon de souscription d’action (ABSA) : permettent d’acheter les actions d’une société à cours prédéterminé à l’avance. Par exemple acheter dans un (1) an des actions SABC à un cours légèrement supérieur au cours du jour;

3.Les actions accumulantes ou dividendes titres-rémunérées en actions nouvelles

Quelques types d’obligations
1.Les obligations convertibles en actions: les détenteurs ont la possibilité de convertir ce type d’obligation en action au cours d’un intervalle de temps précis: 2 à 5 ans par exemple;

2.Les obligations à bon de souscription d’action ou d’obligations : permettent de souscrire à de nouvelles obligations ou actions à un cours prédéterminé;

3.Les obligations indexent.

ESSAIE DE JUSTIFICATION ET NECESSAIRE PREALABLE

De la justification du choix
Nous avons retenu l’action à dividende prioritaire et les différents types d’obligations. Notre choix se fonde principalement sur la mentalité de l’entrepreneur Camerounais. Nous avons, dans notre paysage économique, de nombreuses PME à caractère familial, réticentes à l’idée d’ouvrir leur capital à des “étrangers” qui, par le fait de détenir des droits de vote pourraient influencer la philosophie dominante.

L’action à dividende prioritaire permet donc de s’associer avec des individus qui ne siégeront pas au conseil d’administration sous réserve que le dividende à eux attribuer soit plus élève que celui des actions ordinaires, et en cas de liquidations ils sont prioritaire devant les détenteurs d’actions ordinaires. Certaines législations prévoient une ouverture maximum de 25% du capital en ADP, ce qui peut permettre une levée de fonds considérable.
L’ADP peut aussi être une porte ouverte vers l’actionnariat salarie qui pourrait permettre aux employés d’accompagner l’entreprise dans sa prise de risque. Cette méthode est notamment utilise par la famille Mulliez propriétaire de la chaine de magasin AUCHAN.

Les obligations étant des titres de créances, les entreprises qui ne veulent pas s’embarrasser d’actionnaires à “coûts élevés” peuvent y recourir sachant qu’elles ont en plus la possibilité de rembourser “in fine” i.e. payer le principal et les intérêts à l’échéance. Un différé de 5 ans par exemple, peut être une excellente source d’économie pour l’entreprise.

En émettant des obligations convertibles en actions, les entreprises s’entourent d’une marge de manœuvre supplémentaire en cas de défaillance à l’échéance. L’emprunteur peut se voir attribuer des actions qui peuvent être à dividende prioritaire, permettant ainsi à l’entrepreneur de garder le control de son entreprise

Du nécessaire préalable.
Nous venons de présenter brièvement quelques produits qui nous ont semble intéressant dans notre contexte économique. Cependant tout cela a un cout : La transparence et la confiance. Il faudrait que les épargnants qui souhaitent investir aient la certitude qu’ils ne se feront pas flouer.

La transparence exige que nos entreprises publient leurs comptes et que des mesures de control strictes soient mises sur pied.

Dans un environnent ou l’information financière est entourée du plus grand mythe dans les entreprises faudrait que l’Etat et les partenaires sensibilisent les agents à besoin de financement sur l’utilité et la nécessité de s’ouvrir pour le plus grand bien de notre économie et de leurs entreprises.
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lundi 6 avril 2009

6 FINANCEMENT DE PROJETS: ET SI ON SE PASSAIT DES BANQUES?

Par Armand Ngassa
Le constat est amer, mais pourtant très vrai: les banques africaines sont surliquides, mais ne prêtent pas. Manque de projets bancables, disent certains; manque de garanties et insécurité juridique et institutionnelle, disent d'autres.

Ces raisons, plus ou moins justifiées, ne changent rien à la réalité: les banques ne prêtent pas ou, quand elles le font, c'est avec des garanties en béton et à des taux prohibitifs.

Mais cela est-il suffisant pour justifier le faible dynamisme de l'entrepreneuriat au Cameroun? Devons-nous nous laisser conditionner par la frilosité des banques à s'investir dans le développement?
Le fait est que de nombreuses sources alternatives de financement existent, et les nouveaux outils de communication, notamment internet, nous mettent toutes ces sources alternatives de financement à portée de clic, où que l'on se trouve.

1. Les bourses-projets
De plus en plus répandus, il s'agit de concours organisés par des associations professionnelles afin de récompenser un ou plusieurs projets d'entreprises innovants axés vers le développement. Ces bourses-projets sont pour la plupart munies de prix très attractifs afin d'aider le promoteur à lancer son idée, mais très souvent aussi il lui est apporté un soutien ultérieur pour peaufiner son idée et son business-plan. Et last but not the least, les jurys sont en grande majorité constitués d'entrepreneurs, de business-angels ou de banquiers prêts à s'investir plus en profondeur pour un projet qui en vaut la peine.
Deux exemples de bourses-projets:
ABC Innovation (Organisé par l'African Business Club)
BEProject (Organisé et sponsorisé par l'entreprise de conseil BearingPoint).

2. Les business-angels
Les business-angels sont des personnes physiques disposées à investir de leur poche dans des projets innovants ou dont ils apprécient le potentiel. De nombreuses associations de business-angels existent de par le monde; et il y en a plusieurs constituées d'africains et/ou spécialisées sur l'Afrique.
De plus, les industriels et patrons de la place seraient prêts à investir dans des projets qui leur présenteront des perspectives de rentabilité et de croissance suffisantes. Les dimensions "culot", "audace" et "inventivité" de l'entrepreneur ne doivent donc pas uniquement se manifester dans son idée, mais aussi dans sa recherche de solutions à ses problèmes de financement.
Quelques associations de business-angels pour l'Afrique
AfricaSynergies

3. Les fonds d'investissement
Le think-tank CAPAfrique l'a bien compris, l'Afrique est le nouvel eldorado pour les fonds d'investissement; qui poussent comme des champignons sur ce continent où tout est à construire. Entre les fonds étatiques, comme celui du Canada, et les fonds d'investissement privés, la palette de choix est large; et contrairement à une idée reçue, ils ne rentrent pas seulement dans le capital d'entreprises de taille considérable, mais aident aussi à financer le développement d'entreprises de taille plus modeste.

4. Les fonds de capital-risque
A la différence des fonds d'investissement qui financent pour la plupart le développement d'entreprises déjà établies, les fonds de Capital-risque apportent du capital, ainsi que leurs réseaux et expériences à la création et aux premières phases de développement d'entreprises innovantes considérées comme à fort potentiel de développement et de retour sur investissement.
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