lundi 6 avril 2009

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5 FINANCEMENT DE PROJETS: ET SI ON SE PASSAIT DES BANQUES?

Par Armand Ngassa
Le constat est amer, mais pourtant très vrai: les banques africaines sont surliquides, mais ne prêtent pas. Manque de projets bancables, disent certains; manque de garanties et insécurité juridique et institutionnelle, disent d'autres.

Ces raisons, plus ou moins justifiées, ne changent rien à la réalité: les banques ne prêtent pas ou, quand elles le font, c'est avec des garanties en béton et à des taux prohibitifs.

Mais cela est-il suffisant pour justifier le faible dynamisme de l'entrepreneuriat au Cameroun? Devons-nous nous laisser conditionner par la frilosité des banques à s'investir dans le développement?
Le fait est que de nombreuses sources alternatives de financement existent, et les nouveaux outils de communication, notamment internet, nous mettent toutes ces sources alternatives de financement à portée de clic, où que l'on se trouve.

1. Les bourses-projets
De plus en plus répandus, il s'agit de concours organisés par des associations professionnelles afin de récompenser un ou plusieurs projets d'entreprises innovants axés vers le développement. Ces bourses-projets sont pour la plupart munies de prix très attractifs afin d'aider le promoteur à lancer son idée, mais très souvent aussi il lui est apporté un soutien ultérieur pour peaufiner son idée et son business-plan. Et last but not the least, les jurys sont en grande majorité constitués d'entrepreneurs, de business-angels ou de banquiers prêts à s'investir plus en profondeur pour un projet qui en vaut la peine.
Deux exemples de bourses-projets:
ABC Innovation (Organisé par l'African Business Club)
BEProject (Organisé et sponsorisé par l'entreprise de conseil BearingPoint).

2. Les business-angels
Les business-angels sont des personnes physiques disposées à investir de leur poche dans des projets innovants ou dont ils apprécient le potentiel. De nombreuses associations de business-angels existent de par le monde; et il y en a plusieurs constituées d'africains et/ou spécialisées sur l'Afrique.
De plus, les industriels et patrons de la place seraient prêts à investir dans des projets qui leur présenteront des perspectives de rentabilité et de croissance suffisantes. Les dimensions "culot", "audace" et "inventivité" de l'entrepreneur ne doivent donc pas uniquement se manifester dans son idée, mais aussi dans sa recherche de solutions à ses problèmes de financement.
Quelques associations de business-angels pour l'Afrique
AfricaSynergies

3. Les fonds d'investissement
Le think-tank CAPAfrique l'a bien compris, l'Afrique est le nouvel eldorado pour les fonds d'investissement; qui poussent comme des champignons sur ce continent où tout est à construire. Entre les fonds étatiques, comme celui du Canada, et les fonds d'investissement privés, la palette de choix est large; et contrairement à une idée reçue, ils ne rentrent pas seulement dans le capital d'entreprises de taille considérable, mais aident aussi à financer le développement d'entreprises de taille plus modeste.

4. Les fonds de capital-risque
A la différence des fonds d'investissement qui financent pour la plupart le développement d'entreprises déjà établies, les fonds de Capital-risque apportent du capital, ainsi que leurs réseaux et expériences à la création et aux premières phases de développement d'entreprises innovantes considérées comme à fort potentiel de développement et de retour sur investissement.

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5 commentaires:

Landry N a dit…

Armand,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article. Je conviens avec vous: le fait que les banques ne prêtent pas ne pourrait à lui seul justifier l'inertie des entrepreneurs ou même encore l'abandon de leurs projets d'entreprises.

Les fonds de placements sont une bonne alternative pour financer des projets jugés risqués mais à forte rentabilité potentiel. Le capital risque et le capital développement sont les produits les plus demandés.

Toutefois, pensez-vous que les fonds de placements privées, puissent être une solution permanente à la question de la surliquidité des banques au Cameroun et en zone CEMAC?

Ne serions nous pas en train de couvrir une plaie, si nous acceptions les fonds de placements privées comme élixir pour résoudre nos maux bancaires?

Apres qu'une entreprises est été crée ou financée par des fonds de placements, il n'en demeure pas mois qu'elle aura toujours des besoins bancaires. Comment seront-ils résolus si nos banques ne jouent pas leur rôle?

Les fonds de placements sont une bonne alternative, pour financer certains types de projets, mais à moyen terme, ils finiront par achopper aux problèmes des banques qui ne prêtent pas.

Armand Ngassa a dit…

Landry,

C'est vrai que les fonds de placement privés ne sont pas la panacée. Mais la question, du moins telle que je la perçois, est la suivante: devons-nous corriger ou contourner le problème des banques?

Le corriger demande beaucoup de temps, beaucoup d'énergie, et un pouvoir que l'entrepreneur lambda n'a pas. Seule une action forte et concertée, ou les pouvoirs publics, peuvent le faire. Or le développement aujourd'hui est un impératif. Les investisseurs africains peuvent-ils encore attendre? Le risque en attendant est que la place soit saturée par des groupes ou investisseurs étrangers ou plus puissants qui, eux, n'ont pas ces problèmes de financement.

La deuxième solution est de contourner le problème. Des deux, c'est la plus facile, la plus rapide et la plus à la portée de tous. C'est vrai, c'est pas une panacée, mais entre deux maux, on choisit le moindre.

Cela n'empêche pas, certes, de travailler à changer le comportement des banques...

Anonyme a dit…

tres bel article Armand
le capital risque fait deja ses petits pas chez nous avec des structures comme CENAINVEST qui accompagnent les porteurs de projets et c'est deja tres louable
ma preoccupation se situe au niveau des fonds de placements qui mobilisent des ressources importantes et ne s'interressant que tres peu aux petits projets (comme la creation d'une PME)
or ces petits projets sont les plus nombreux parmis les investissements neuf dans notre economie
Ensuite lorsque l'on se tourne deja vers ce genre de structure faut pouvoir leur garantir d'un climat des affaires serein ce qui n'est pas toujours le cas chez nous
Il y'a environs 3 ans un ami m'a fait part d'un projet sur lequel il participait, un projet immobilier dans une ville du cameroun. le projet semblait important a l'echelle du locale
lui et ses partenaires ont eu un contact Russe interresse par le projet mais qu'il trouvait insignifiant pour la masse qu'il etait pret a injecter. il fallait donc revoir le projet le projet au plan national, trouver une banque pouvant supporter les fonds et donner quelque chose a un fonctionaire qui avait le dossier dans son tirroir
avec ca il est clair que si l'investisseur n'est pas pret a faire ce dernier compromis le projet n'aboutira pas, il gardera une tres mauvaise image du pays et le deconseilerait a ses contacts

Arsene Tatieu

Landry N a dit…

Juste pour ajouter à ce qui à déjà été dit, les fonds prives en général ont un ratio élevé de dette dans leur structure du capital. La dette est une obligation et elle doit être repayée.

Ensuite, les fonds de placement en général n'investissent pas dans une entreprise pour la conserver, mais surtout parce qu’ils espèrent la revendre l'entreprise à un prix mirobolant.

Ca suppose donc deux choses: que nos entrepreneurs soient extrêmes compétent dans le montage des business plan (pour attirer les fonds) et dans la gestion d’entreprises (pour garantir que la dette sera repayée et aussi être prêt a reprendre l'entreprises quand les fonds privées "exiteront".

Il donc crucial que nous abordions de manière pratique, le débat sur le montage de projets, et la gestion d'entreprise lorsqu’elle a une structure du capital élevée en dette, et la formation des gestionnaires.

Anonyme a dit…

Landry juste savoir comment les entrepreneurs(qui n'ont genralement pas un kopeck en poche) repredront le business en cas d'hesitation des fonds privees quand les banques ne font pas credit

Arsene Tatieu

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