lundi 8 mars 2010

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10 Cameroun- La Croissance Economique Passe par l’International

(cliquez sur l'image pour un meilleur aperçu)
La croissance économique au Cameroun est une question bien complexe, pourtant, son équation est bien simple : PIB=C+G+I+(X-M). La consommation des individus(C), les dépenses du Gouvernement (G), les investissements privés(I) et les exportations(X-M), sont les quatre agrégats majeurs qui déterminent la croissance économique d’un pays.

Sur la base de cette équation, une politique économique orientée vers l’international est la seule option qui puisse mener l’économie Camerounaise vers la croissance. Pour le comprendre, essayons de passer en revue chacun des agrégats ci-dessus.

Les Consommateurs
Pour consommer il faudrait avoir de quoi payer. Or, pour avoir de quoi payer, il faudrait disposer d’un revenu croissant et régulier. Seulement, avec 35% de la population au chômage, et de nombreux employés de l’Etat et du secteur privés ayant pour revenu le SMIG, le revenu par ménages est juste et très peu adéquat pour être une source croissance.

Le Gouvernement
Les dépenses faites par l’Etat sont généralement payées par l’argent collecté des taxes, par des emprunts, ou en imprimant de la monnaie. Cependant, 80% des transactions économiques au Cameroun se font dans l’informel, ça implique que si l’Etat empruntait pour investir, 80% de ces fonds disparaitrons dans l’informel : L’Etat serait incapable de collecter les taxes nécessaires pour repayer sa dette. Plus encore, sur une base empirique, l’Etat Camerounais n’est pas un bon investisseur, lui confier la charge d’un programme d’investissement serait une destruction certaine de richesses.

La possibilité d’une relance par l’Etat réside dans sa capacité à collecter effectivement les taxes. Or, ces récentes années, le revenu fiscal a représenté moins de un quart des budgets. La conclusion est donc évidente : l’Etat Camerounaise n’a pas les moyens de financer un programme de dépenses.

Les Investissement Privés
Les conditions d’une croissance tirée par le secteur privés sont bien loin d’être réunies : Le secteur bancaire reste très fragile et bien que des progrès sont à noter, il continu de jouer un rôle bien modeste dans le financement des projets ; les conditions d’accès aux crédits restes très rudes et suffisamment rigides pour décourager de nombreux entrepreneurs ; l’environnement fiscal et politique ne fournie aucune motivation aux entrepreneurs pour s’engager dans des dépenses d’investissements (achats de machines, construction d’usines, renouvellement des équipements…etc.).

Les investissements privés sont cloués, tant que certaines conditions ne seront pas mises en place, on ne pourra pas s’appuyer sur eux pour stimuler la croissance économique.

Les Exportation-Importations
Ce qu’on constate, c’est que la seule véritable option de croissance dont nous disposons est le commerce international. L’application de cette option consiste à trouver des moyens pour booster nos exportations et stimuler la consommation locale pour réduire les importations. Or, si on se réfère à la courbe ci-dessous, le Cameroun n’a eu qu’une seule fois une balance excédentaire après la crise de 86-87

Si on veut voir notre économie croitre, il faudra trouver des moyens de vendre plus et importer moins. Bien que cela semble évidement, rien dans la démarche du gouvernement ne laisse présager une orientation vers l’international. Tant que la balance de payement est en dessous de zéro, la croissance continuera d’être renvoyée aux calendres grecques.

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10 commentaires:

Flora M. a dit…

Excellent article, ça fait un bon bout que je vite ce site et j'apprécie beaucoup les analyses qui y sont faites. Seulement j'aurai aime qu’à la fin de cet article que tu nous proposes des solutions pour orienter l'économie camerounaise ver l'internationale.

Je conviens que la structure de notre économie ne laisse pas beaucoup d’option de développement en dehors de l’international, la question c’est comment le faire.

Flora M.

Michel a dit…

Mes Encouragements pour l'effort d'analyse. Mais la prochaine consisterait d'aller plus loin au fonds et éviter de se limiter à une analyse littérale de la formule. Par actuellement tous les gouvernements essayent de faire de la relance par la dépense gouvernementale. Or au Cameroun (et plus largement en Afrique) la dépense gouvernementale (investissements compris) profite davantage à la corruption et aux structure étrangère privant ainsi le pays de l'effet multiplicateur. En fait tout se passe comme si nous passons le temps à financer la croissance des autres. Le problème est donc dans la définition (et l'application) d'une véritable politique de développement qui implique une forte intensité en industrie locale car seule l'industrie (investissement) a cette capacité d'offrir des emplois (donc consommation) induisant en réalité une autre politique celle du développement des compétences (filières de formation) ce qui aboutit à l'exportation (ta solution).

En Conclusion, pour le Cameroun et l'Afrique en général, toutes les options restent ouvertes.

C'est une contribution destinée à t'amener à réfléchir sur l'ensemble des points.

Merci pour cet article.

Michel Gwem

Michel a dit…

Mes Encouragements pour l'effort d'analyse. Mais la prochaine consisterait d'aller plus loin au fonds et éviter de se limiter à une analyse littérale de la formule. Par actuellement tous les gouvernements essayent de faire de la relance par la dépense gouvernementale. Or au Cameroun (et plus largement en Afrique) la dépense gouvernementale (investissements compris) profite davantage à la corruption et aux structure étrangère privant ainsi le pays de l'effet multiplicateur. En fait tout se passe comme si nous passons le temps à financer la croissance des autres. Le problème est donc dans la définition (et l'application) d'une véritable politique de développement qui implique une forte intensité en industrie locale car seule l'industrie (investissement) a cette capacité d'offrir des emplois (donc consommation) induisant en réalité une autre politique celle du développement des compétences (filières de formation) ce qui aboutit à l'exportation (ta solution).

En conclusion, toutes les options restent ouvertes pour le Cameroun en particulier et l'Afrique en général.

C'est une contribution destinée à t'amener à réfléchir sur l'ensemble des points.

Merci pour cet article.

Michel Gwem

Anonyme a dit…

Bon article Africa
Seulement pour augmenter les exportations et reduire les importations il faudra necessairement investir. Ainsi I est tres important pour pouvoir maximiser X et reduire M.
A titre d'exemple dans les annees 70 le camerounais produisait 75% du riz conome sur le territoire aujourd'hui il exporte 90% environs du riz consome. l'effot a faire consisterait a relancer la production avec des investissements adequat.En ce qui concerne les importations nous fournissons essentiellements des matieres premieres et meme a ce niveau la production est en baisse (cacao,cafe etc..). pour esperer obtenir des revenus additionels il faudra necessairement investir.
Si l'investissement prive est "cloue" (reste a demontrer, l'investissement public peut intervenir il suffit juste de discipline budgetaire. les sommes detournes chaque annee demontre a raison que l'etat a suffisament d'argent pour investir dans n'importe quel projet de son choix

Arsene Tatieu

Landry N. a dit…

Africa,

Le point que tu relèves est important. Contrairement a Michel, j'apprécie le fait que dans chacun de tes articles tu essayes de ramener les concepts a un niveau ou nous qui ne sommes pas des économistes pouvons comprendre.

Jusqu'a présent on a toujours eu l'impression que c'est le gouvernement qui allait créer la croissance au Cameroun, mais a te lire, on comprend que le gouvernement ne peut que stimuler et orienter la croissance.

Je pense également que l'international serait la meilleur axe de croissance, car sur le plan national, la demande est faible, et le revenu des ménages ne peut pas leur permettre d'augmenter leur consommation.

Alain S. a dit…

Michel je ne suis pas d'accord avec toi, je pense qu'il faut retourner aux fondamentaux et aux concepts, car apparemment nos dirigeants parlent toujours de la croissance comme quelque d'imaginaire qui n'a aucune base conceptuelle.

Je pense qu’une interprétation littérale est effectivement ce qu'il faut pour éduquer les citoyens et les membres du gouvernement.

Si sur la base de cet article on peut déjà s'accorde que la voie de la croissance se trouve a l'international, alors on pourra pousser l'analyse pour savoir comment l'atteindre.

Tant que nous divergeons sur nos options de croissance, nous ne pouvons pas nous accorder sur comment procéder.

Enfin, c'est vrai que certains gouvernement (ceux qui en ont les moyens) ont stimule leur économie pendant cette récession, mais des plans de relance gouvernementaux ne peuvent être un modèle de croissance a long-terme.

Anonyme a dit…

petit rectificatif
je voulais que le cameroun importe 90% du riz consomme sur le territoire
en passant cette equation n'est pas plutot cele du revenu d'equilibre?
Arsene Tatieu

Georges, Mani a dit…

Hello aux lecteurs,
Hello aux analystes,
Je dois dire d’entrée de jeux que c’est le débat d’actualité au Cameroun depuis quelques semaines. Depuis le discours du chef de l’Etat à la nation le 31 décembre 2009, 2010 apparait comme une année pendant laquelle les fondamentaux tant recherchés pour assurer une croissance économique continue seront en place. Je me permets de vous restituer une partie du discours du chef de l’Etat, annonçant les grands projets de 2010 : « Dans le domaine des infrastructures de base, nous allons lancer en 2010 les travaux de construction du barrage hydro-électrique de Lom-Pangar, du port en eau profonde de Kribi, du barrage de Memve’ele, de la centrale à gaz naturel de Kribi, de la minicentrale de Mekin sur le Dja, de réhabilitation et d’extension des adductions d’eau de Yaoundé, Douala et de plusieurs autres villes et localités à travers l’ensemble du territoire, de modernisation des voiries de la plupart de nos cités.
." Il convient également de signaler la pose de la première pierre à Olembe d’un programme de logements sociaux qui en comptera 10 000 à l’horizon 2013. Un chantier similaire devrait être prochainement lancé à Douala, dans les 8 autres chefs-lieux de régions ainsi que dans les villes universitaires. »

Pour certains, ce discours aurait allure de propagande électorale, mais il n’en demeure pas moins que certains projets annoncés dans ce discours connaissent déjà réalisation, notamment l’adduction d’eau dans les grandes métropoles, l’aménagement des voiries urbaines. Ces projets sont inscrits sur le budget d’investissement de l’Etat. Un fait, qui je crois remet en cause la démarche suggérée par Africa. L’enveloppe des investissements en 2010 a connu une augmentation sans précédent, de nature à penser que la bonne gouvernance est entrain de porter ses fruits.

Par ailleurs, l’économie camerounaise est informelle aussi parce qu’elle profite à ceux qui s’y trouvent. Ne pas pouvoir être taxé, ni déclarer ses revenus est une aubaine pour ces commerçants qui continuent de narguer l’Etat au détriment du contribuable formel, qui subit un niveau élevé de l’assiette fiscale. L’assainissement en cours de la gestion de la fortune publique tend à rappeler aux fonctionnaires l’impératif du respect de la procédure administrative. Elle n’autorise que l’attribution de marchés publics aux entreprises régulièrement constituées, reversant l’impôt à l’Etat. Ceux des gestionnaires qui n’auront pas respecté la procédure sont passibles de sanctions administratives et poursuites judiciaires. L’opération épervier en est un vibrant témoignage, et même si elle est en cours, les gestionnaires actuels sont astreints à plus de retenue dans leurs tentatives de détournements, surtout que le gouvernement se lance sur plusieurs projets à la fois.
Dans un récent article, j’ai fait un plébiscite de la stratégie du gouvernement camerounais, pour protéger les exportations de banane camerounaise vers la communauté européenne. La production locale va quadrupler d’ici 02 ans, avec l’entrée de la CDC avec sa marque « makossa banana ». Lors du récent sommet des chefs d’Etat de la zone CEMAC à Bangui, l’une des conclusions fortes est la décision de la signature d’un accord régional des APE. Ainsi, l’Etat camerounais va protéger ses filières productrices de revenus d’exportations (banane et coton à l’immédiat) et ainsi accroitre de manière substantielle les recettes d’exportations.

En somme, les conditions optimales pour nous permettre de développer une industrie locale forte pour baisser le niveau d’importations seront réunies, la stratégie pour protéger les filières productrices de revenus d’exportations est en œuvre. La contribution de chacun est de se mettre au travail, et saisir les formidables opportunités qu’offre la situation actuelle.

Michel a dit…

Je vous recommande la lecture du livre suivant (il y en a d'autres bien sûr) : L' Etat prédateur - James K. Galbraith; ainsi que suivre l'interview du prix Nobel d'économie STIGLITZ (www.jeuneafrique.com/Videos_82_stiglitz-l-afrique-doit-cesser-d-etre-seulement-un-fournisseur-de-matiere-premiere.html) vous comprendrez, peut-être, pourquoi les grands projets dits "structurants" n'auront pas un vrai impact sur le développement du pays, et accessoirement, pourquoi nos pays sont restés pauvres et le resteront tant que nous continuons sur nos choix économiques actuels (dont les APE ne sont qu’une partie visible de l’iceberg).

Georges, Mani a dit…

Michel,
j'ai pris note de ta recommandation de lecture. En revanche, j'ai eu le plaisir d'écouter le prix nobel STIGLITZ, de l'interview donné à jeune afrique au sujet du devenir économique de l'Afrique après la crise financière. l'interview date de février 2010. Ce qui est certain, c'est qu'il ne fustige pas la stratégie sur les matières premières, mais qu'il faut aller au- delà, en mobilisant l'epargne mondiale pour investir en Afrique. il a pris à ce sujet pour exemple l'Epargne de la chine, qui comme on le sait, se déploit assez convenablement sur le continent.
S'il ne remet pas en cause la stratégie sur les matières premières, en revanche, il nous appartient de développer ce maillon pour accroitre substanciellement nos recettes d'exportations. Un autre exemple de potentiel, c'est l'exportation sud-sud : la filière du plantains pour approvisionner le GABON. Savez vous que Ntui (région du centre cameroun) est le vivier le plus productif du plantains de qualité du cameroun? Cette région à l'heure actuelle est envahie par les acheteurs professionnels du Gabon, qui réserve toute la production en direction de leur marché, où le régime de plantain est vendu 15 euros, alors qu'il coûte en temps normal à peine 4 euros rendu au marché du Mfoundi (centrale de vivres frais de Yaoundé). L'une des solution possible, serait un encadrement de la filière pour l'exportation, un regroupement des planteurs en société. Tous les intervenants de la filière trouveraient ainsi leur compte : les planteurs un revenu et une assistance de l'Etat, pour l'Etat une recette fiscale suplémentaire et la satisfaction de l'éclosion d'une filière, à l'achéteur étranger des prix homologués et un processus d'achat clair. En terme d'investissement, pas grand chose, si ce n'est une véritable décision politique. Mais pour y arriver, il faudrait déjà que nous même, nous y croyons. J'y travaille, donc j'y crois.

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